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23 février 2007

Et si on supprimait les journalistes politiques ?

medium_sarkoetlesjournalistes.jpgJe vous rassure tout de suite, je ne veux rien faire de répréhensible pénalement.

Seulement l'idée m'est venue comme une évidence en regardant il y a quinze jours l'emission "Arrêt sur images" consacrée aux liens entre Nicolas Sarkozy et les journalistes. Et franchement il y avait de quoi frémir.

Non pas tellement de l'attitude de Nicolas Sarkozy qui sait si bien s'y prendre pour jouer de la connivence avec les journalistes, dans un subtil mélange de sympathie et de tension melées. Après tout c'est son job. Non, ce qu'il y avait d'atterrant c'est l'attitude pour le moins désinvolte et détachée des journalistes "accrédités" qui suivent à longueur de temps le ministre-candidat.

Celui-ci monte de toute pièce des voyages de presse pour mettre en scène sa réconciliation avec Cécilia. Ben oui mais bon on y va quand même et donc faut bien en parler. Il refuse de répondre à des questions génantes sur son patrimoine ? Ben on peut pas y faire grand chose, on va quand même pas le harceler. Il tutoie chacun ? Que voulez vous y faire ? Le must du cynisme assumé, c'est encore cette parole lachée par le journaliste du Monde Philippe Ridet : "le fond, je m'en fous" ! C'est vrai qu'on est trop occupé à relater les "états d'âme" plus ou moins spontanés du président de l'UMP ou à quémander aux conseillers en commuication un entretien en "off", histoire de pouvoir distiller dns ses papiers quelques confidences.

Est-ce parce qu'il a compris l'effet délétère de son attitude sur ses lecteurs que le même Philippe Ridet a tenté de se rattraper dans un long papier paru le 20 février et intitulé "Ma vie avec Sarko" ? Article qui s'apparente à un laborieux et peu convaincant plaidoyer sur le difficile métier de journaliste accrédité ou "embarqué" comme on dit pour les journalistes couvrant la guerre en Irak.

Oui, je me doute que ça doit pas être facile tous les jours le métier de journaliste accrédité auprès de Nicolas Sarkozy ou auprès de n'importe quel homme politique d'envergure d'ailleurs (encore que notre Sarkozy national soit un maître en la matière). Pas facile de résister à la machine bien huilée du marketing électoral et de la communication politique. Pas facile de s'extraire de ce microcosme si près du pouvoir et pourtant si loin du réel. Pas facile, si ce n'est impossible, de prendre du recul pour analyser, disséquer, "décrypyter" comme on dit dans le milieu médiatique, les déclarations de celui qu'on suit au jour le jour et dont on partage finalement un peu de la vie (à cet égard, le titre du papier de Philippe Ridet n'est pas innocent).

Alors, comme à l'impossible nul n'est tenu et que pour être journaliste on n'en est pas moins homme, je propose tout simplement que l'on supprime ces fameux "journalistes accrédités" dont on se demande parfois s'ils ne sont pas devenus de simples faire-valoir de nos hommes et femmes politiques. Il ne manque pas de journalistes talentueux, chacun dans leur domaine de compétence respective, pour couvrir l'actualité et les déplacements de tel ou tel candidat. Sarkozy fait un voyage dans le Nord pour parler emploi ? Qu'on y envoie le ou la journaliste chargé de ces questions. Au moins, il ou elle connaîtra (un peu) le sujet et sera davantage capable de relever telle ou telle incohérence dans le discours du candidat. En changeant ainsi régulièrement les journalistes au contact de nos hauts responsables politiques, on réduira du même coup les risques de connivence. Et puis, il sera plus difficile pour Jean-Pierre Elkabach de demander l'avis de Nicolas Sarkozy sur le journaliste appelé à le suivre !

Commentaires

A LA COUR DES CHIENS ( parodie d’une fable de la Fontaine)

Sa majesté, pour l’an neuf voulu connaître
De quelles nations le ciel , l’avait fait naître
Il manda donc par députés
Et lèches bottes de toutes natures
De quérir les journalistes capables de lui conter
L’état de la misère intellecte dans laquelle il était né
Cour plénière dont l’ouverture
Devait être un grand gâchis
De champagnes et d’akouskis
Le prince à ses sujets étala sa puissance
En son Elysée, il les invita
Quel Elysée ! un vrai charnier, dont l’odeur sauta
D’abord au nez des gens, penchés sur les toastes
le ministre budgétaire se boucha la narine
il se fut bien passé de faire cette mine
déjà les caisses criaient famine
Sa grimace déplut. Le monarque irrité
L’envoya quai de Jemmapes faire le dégoûté
Le singe de presse écrite approuva la sévérité
Et flatteur excessif il loua la colère
Du monarque et du Premier Ministre
L’odeur pestilentielle n’empêcha pas un cuistre
De poser sa question : si nous parlions de religions ?
Le monarque dit : il n’en n’est pas question
Un autre qui flairait quelque embrouilles
A son tour lança :n’est-ce pas du sexe cette odeur de c
Une odeur de cadavre, n’est pas une odeur d’ail
Sa sotte flatterie, fut un mauvais succès, au canal
Il fut aussi conduit, quai de Jemmapes on lui fournit un lit!
Ce Monseigneur, excédé par les chiens les congédia
Il fut, dit-on, parent d’un certain Caligula
A un renard, opposant d’habitude, il posa cette question
Que sens-tu ? dis le moi , parle sans déguiser
L’autre aussitôt de se courber, de s’excuser
Alléguant une grippe aviaire, il ne pouvait que dire.
Sans odorat , le Canigou fleure bon, bref il s’en tire
Ceci vous sert d’enseignement :
Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire
Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère
Et tâchez quelquefois de répondre en normand
Voilà pourquoi le monarque jamais ne promulgua
Sur la liberté d’expression, nulle loi

Écrit par : mecano | 26 février 2007

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