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09 mars 2007

Des inégalités hommes/femmes

medium_journéedelafemme.jpgA l'occasion de la Journée internationale de la Femme, beaucoup a été dit cette semaine sur le maintien, voire le renforcement, des inégalités homme/femme en France et dans le monde.

Le dernier rapport de la délégation de l'Assemblée nationale aux droits des femmes souligne ainsi que sous l'effet du développement du "précariat" (CDD, intérim, temps partiel subi...) qui touche très majoritairement les femmes, la pauvreté tend aujourd'hui à évoluer et prend un visage de plus en plus spécifiquement féminin.

C'est ce qui me fait dire que la question des inégalités homme/femme est d'abord et avant tout un problème d'inégalité sociale. Si l'on se réfère à la question du partage des tâches domestiques entre les sexes - question ô combien forte et symbolique - on constate que plus on s'élève dans la hiérarchie des salaires, plus l'écart entre les hommes et les femmes par rapport au temps consacré aux tâches domestiques diminue. Est-ce à dire que, plus on évolue dans l'échelle sociale, plus les mentalités évoluent dans un sens paritaire ? Je n'en suis pas certain. Ce qui est sûr c'est que les couples et notamment les femmes aisées ont les moyens de se payer les services d'une femme de ménage ou d'une nounou qui permettront de réduire d'autant le temps consacré par ces dernières aux tâches domestiques.  De fait, au delà du maintien d'une inégalité homme/femme, se développe de plus en plus une inégalité entre les femmes elles mêmes.

On a également mis en évidence le fait que les femmes sont le plus souvent cantonnées à certains secteurs d'activités moins valorisés socialement (éducation, santé, enfance...). Cette inégale répartition démontre à l'évidence une forme de ségrégation mais elle témoigne aussi et avant tout de la hiérarchie des valeurs qui ont cours dans notre société. car après tout pourquoi des domaines aussi essentiel pour l'avenir de notre société que sont l'éducation, la santé, l'aide aux personnes âgées, la petite enfance ou la solidarité devraient être moins bien considérées que la banque ou la finance ? C'est donc bien à un autre regard sur ces "valeurs dominantes" que nous invite également la Journée de la femme.

Enfin, on a largement évoqué ces dernières semaines la question des violences faites aux femmes. Vrai et lourd problème de société qui touche toutes les catégories sociales. Il me semble qu'en la matière on ne souligne pas assez le rôle essentiel des mères dans l'éducation de leurs enfants, et principalement des garçons. C'est particulièrement frappant dans certains quartiers populaires : la question des violences faites aux femmes, et notamment aux jeunes femmes, est intimement liée à la conception singulière qu'on a trop souvent de la masculinité. Pour trop de garçons, affirmer son identité masculine passe encore par l'expression brute de sa force physique. Or, les parents et singulièrement les mères, ont un rôle essentiel à jouer dans la construction de cette identité. C'est, me semble-t-il, la seule solution pour éradiquer à la racine les violences faites aux femmes qui naissent souvent très jeune et perdurent ensuite à l'âge adulte. 

 

Commentaires

Si dans l'ensemble je suis d'accrd avec l'analyse très pertinente nottament sur le partage des taches ménagères et sur l'image des métiers majortairement reservées aux femmes. je me permets d'emettre un bémol sur la dernière partie de ton aalyse, en effet l'éducation n'ai pas réservé aux mères. D'ailleurs je pense que c'est l'absence de pére dans l'éducation qui engendre une recrudescence dans les violences faites aux femmes. En effet les enfants ont besoin de répéres et d'images pour se construire

Écrit par : Sophie Cerqueira | 10 mars 2007

Je suis d'accord à une chose près ! Ma propre expérience, notamment, me fait dire que le rôle du père est essentiel dans l'éducation des fils et le regard qu'ils porteront sur les femmes plus tard. Le regard que le père porte sur la mère de ses enfants et les notions de respect et d'égalité entre les sexes qu'il contribue fortement à faire passer est déterminant. Quand il n'y a pas de père ce peut être une autre figure masculine mais le principe est le même. Le père, son attitude vis à vis de la mère et les mots qu'il utilisera sont loin d'être neutres et seront, de façon générale, reproduits. Je pense que l'impact qu'aura l'éducation d'une mère sur son fils sera affaibli si le père ne va pas dans le même sens même insidieusement. On sent bien parfois les tentatives de certains garçons à adopter un comportement traduisant un manque de respect vis à vis de leur mère, comportement qu'ils n'oseraient pas avoir avec leur père. Il faut absolument à ce moment là que le père intervienne, en appui de la mère. Et que les dires du père soient cohérents avec sa propre attitude vis à vis de la mère. Bref, on compte sur la mission éducative des deux parents et leur veille et analyse critique sur leur propre organisation familiale pour améliorer l'égalité de droit et de fait entre les sexes !

Ce sera long et progressif...

Écrit par : papeterie | 11 septembre 2007

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