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30 septembre 2007

Revu et corrigé : zéro pointé !

medium_paulamar.jpgLa suppression par la direction de France 5 d'Arrêt sur images et son remplacement par une émission consacrée aux médias laissait craindre le pire.

Nos craintes sont hélas confirmées avec la nouvelle émission présentée par Paul Amar et intitulée "Revu et corrigé". Car on est bien loin de l'exigence critique qui présidait à la ligne éditoriale du magazine de Daniel Schneidermann.

Le nouvel opus de Paul Amar - l'homme aux gants de boxe viré en son temps du Jt de France 2 - accumule tous les travers des programmes faussement décalés et faussement impertinents dont nous abreuvent les chaines de télévision : zapping permanent, sujets rabachés, pseudo interactivité (webcam à l'appui !), éternels intervenants reyclés (Jean-Michel Apathie).  Sacrifiant à la branchitude du moment (ah cette inévitable rubrique "buzz" !), l'émission de Paul Amar atteint le niveau zéro sur le fond avec une absence d'analyse approfondie, des sujets qui tiennent plus de l'autopromotion journalistique que du vrai reportage, des chroniqueurs à la limite de l'insuffisance professionnelle, une bonne dose de mauvaise foi et une insupportable inclinaison à l'air du temps (ah ce sujet vu et revu sur les divisions socialistes).

Si vous voulez vous faire une impression, contentez vous de regarder sur le site de France 5 les cinq dernières minutes. Paul Amar dresse un incroyable pladoyer de sa propre émission, n'hésitant pas à user des plus grosses ficelles (oui, à travers le monde, des journalistes font leur travail au péril de leur vie ) pour justifier le bien fondé de son travail... tout simplement écoeurant !

Bref, une seule solution, courir s'abonner au nouveau site internet que viennent d'ouvrir Daniel Schneidermann et son équipe : http://arretsurimages.net/abonnement

www.baisses-impots.com

medium_alteréco.jpgAu moment où le débat bat son plein au sein même du gouvernement sur l'état de nos finances publiques (faillite or not faillite ?) et les moyens d'y remédier (rigueur or not rigueur ?), l'excellent mensuel Alternatives économiques a conçu un très intéressant site consacré aux récentes baisses d'impôt décidées par le gouvernement Sarkozy.

A partir d'un dispositif très simple et très pédagogique, chacun peut jouer le rôle d'apprenti ministre du budget et décider d'affecter tout ou partie des 15 milliards d'exonérations fiscales à la réduction du déficit ou à des dépenses sociales. Et on se rend compte qu'avec 15 milliards d'euros on peut en faire des choses : construire des logements sociaux, créer des places en crèche, développer les transports en commun et même, comble du luxe, réduire le déficit budgétaire de plusieurs milliards d'euros !

De quoi faire réfléchir, non seulement sur la grave faute économique qu'a constitué cette décision purement idéologique, mais aussi sur, quoi qu'on en dise, les véritables marges de manoeuvre dont disposent les politiques.

A découvrir sur : http://www.baisse-impots.com/

22 septembre 2007

Immigration : le scandale derrière le scandale

medium_hortefeux.jpgLe projet de loi sur l'immigration - le 4ème en 4 ans - adopté cette semaine par l'Assemblée nationale a fait couler beaucoup d'encre.

La possibilité de recourir à des tests ADN pour prouver la bonne foi des candidats au regroupement familial a légitimement concentré les critiques et suscité une vague d'ingignation jusque dans les rangs du gouvernement. Mais si, en se focalisant sur cette mesure en effet parfaitement scandaleuse, issue d'un amendement parlementaire, l'essentiel de ce projet de loi était passé inaperçu ?

La polémique née de l'amendement Mariani est évidemment justifiée. La faculté de recourir à des tests ADN pour prouver les liens de parenté des travailleurs immigrés sollicitant le regroupement familial,  outre qu'elle tend une fois de plus à désigner les immigrés comme des fraudeurs et des délinquants potentiels, crée surtout un dangereux précédent, en contradiction même avec la loi française de bioéthique. Dès lors que le recours à des tests ADN est autorisé pour ce type de procédure, plus rien n'interdira son extension progressive à tous les domaines de la vie. C'est la porte ouverte à tous les excès : assureurs s'inquiétant des riques génétiques de leurs clients, employeur vérifiant les aptitudes de son salarié etc...

Mais un scandale peut en cacher un autre. En l'occurence, le fond même de ce projet de loi qui vise, selon le fameux précepte scandé par Nicolas Sarkozy pendant toute la campagne présidentielle et mis en oeuvre par son fidèle Brice Hortefeux, à réduire "l'immigration subie" (c'est-à-dire issue du regroupement familial) pour promouvoir "l'immigration choisie" (c'est-à-dire une immigration du travail).

Comme tous les slogans de campagne de Nicolas Sarkozy, celui-ci a le mérite de la simplicité. Présentée ainsi, la situation paraît pleine de bon sens. Le clin d'oeil à l'électorat frontiste, soucieux de restreindre l'immigration en France, est évident.  Mais derrière le slogan, existe une réalité plus prosaïque qui paradoxalement ne devrait guère satisfaire ceux qui militent pour une restriction de l'immigration.

On a largement détaillé la première partie du projet de loi qui vise à poser des conditions plus strictes au regroupement familial : maîtrise de la langue française, conditions d'hébergement, niveau de revenu etc... Mais on a beaucoup moins évoqué le second volet de ce projet : la création d'un nouveau titre de séjour intitulé "compétence et talents" qui permettra d'autoriser la venue chaque année d'un certain nombre de travailleurs étrangers dans les secteurs d'activité en mal de main d'oeuvre; secteurs définis en fonction des besoins des branches professionnelles, c'est-à-dire du patronat.

En clair, trente trois ans après sa suppression officielle par Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy réinstitue l'immigration du travail en France, alors même que notre pays compte encore plus de deux millions de chômeurs. On nous explique qu'il s'agit de répondre aux besoins de toute une série de secteurs d'activité (restauration, bâtiment...) où l'on peine à recruter, sans s'interroger sur les véritables raisons de ces difficultés de recrutement et les moyens d'y répondre (amélioration des conditions de travail et des rémunérations, effort de formation...). Fidèle à la fameuse théorie de l'armée de réserve du capitalisme, le gouvernement va ainsi au devant des désirs du patronat, contredisant ainsi lui même dans les faits son discours de fermeté sur le sujet.

Fausse bonne idée, "l'immigration choisie", qui n'est rien d'autre qu'une politique des quotas, va donc réussir l'exploit tout à la fois de piller les cerveaux et les compétences des pays sous développés qui seraient plus utiles dans leur propre pays et d'empêcher toute amélioration des conditions de travail en France dans les secteurs d'activité les plus difficiles.

En y regardant de plus près, cet énième projet de loi ne répondra donc ni au droit légitime pour un pays de maîtriser son immigration, ni au souci d'améliorer la situation économique et sociale des travailleurs français !

15 septembre 2007

Bertrand Delanoë : le sauveur du PS ?

medium_bertranddelanoe.jpgAvec, dans une moindre mesure, Manuel Valls, Bertrand Delanoë est, sans conteste, la révélation socialiste de l'après présidentielle. Surfant sur le lancement tambour battant de Velib et sur sa prestation remarquée à l'université d'été du PS à la Rochelle, le maire de Paris, candidat à sa propre succession, ne cache plus sa volonté de peser dans l'avenir de sa formation politique. Il réunira d'ailleurs ses troupes demain pour une journée de réflexion dont il assurera la conclusion.

Consécration suprème : on apprenait cette semaine qu'il figure désormais en tête des sondages de popularité parmi tous les hommes politiques français, devant Bernard Kouchner ou Jean-Louis Borloo et loin devant Ségolène Royal.

Alors, le parti socialiste aurait-il enfin trouvé ce leader qui lui fait si cruellement défaut pour partir à la reconquête des électeurs ? Il est evidemment encore trop tôt pour le dire. D'autant que la subite montée en puissance de Bertrand Delanoë n'est pas sans susciter un certain nombre d'interrogations.

A l'évidence, l'homme a de grandes qualités. Ignoré, voire méprisé par les siens il a su arrarcher la capitale à la droite en 2001 et a toute les chances de se faire réélire en mars prochain. C'est un bourreau de travail, toujours présent sur le terrain, ne laissant jamais rien au hasard, doté d'un sens aigü de la communication, à la fois habile et tenace, doté en outre d'un solide carnet d'adresse, ce qui peut toujours servir. Son style fait de modestie affichée, d'écoute, de modernité et de volontarisme en fait un alliage d'une vraie efficacité. Toutes ces qualités développées dans l'exercice de son mandat municipal en font-il pour autant un bon leader pour le PS ?

Soyons clair : Bertrand Delanoë jouera, à l'évidence, un rôle essentiel dans la reconstruction du parti socialiste. Le PS serait d'ailleurs stupide de se priver de l'apport d'un des rares éléphants dont l'image ne soit pas ternie aux yeux de l'opinion. Toutefois, comme l'a dit récemment Arnaud Montebourg, "Paris n'est pas la France". Le potentiel que représente Bertrand Delanoë ne doit en effet pas cacher les écueils que pourrait représenter la montée en première ligne du maire de Paris.

Qu'on le veuille ou non, l'homme est associé à la "boboisation" du parti. Or le défi pour le parti socialiste est d'abord de regagner la confiance des milieux populaires, des ouvriers, des employés, de tous ceux qui vivent loin des grandes agglomérations et des centres villes. Electorat que Ségolène Royal a contribué à ramener à gauche en mai dernier, dans des proportions malheureusement insuffisantes. Bertrand Delanoë lui même est conscient du danger de se laisser enfermer dans cette image de représentant des bobos, lui qui n'a de cesse de rappeler les efforts substanciels accomplis par sa majorité municipale en matière de logement social, de lutte contre l'habitat insalubre ou d'accueil pour la petite enfance. Rien ne serait pire pour lui que de devenir un nouveau Jack Lang dont seules "Paris plage" ou la "Nuit blanche" seraient mises à son crédit.

Quant à la subite popularité dont il dispose, chacun mesure bien ce qu'elle a d'en partie artificielle, se contentant de faire écho au ramdam médiatique de ces dernières semaines et au succès de Velib. Et puis une excellente cote de popularité n'a jamais garanti le succès électoral. Simone Veil, Bernard Kouchner ou Edouard Balladur en savent quelque chose. Après l'épisode Ségolène Royal, les socialistes devraient par ailleurs savoir qu'il est périlleux de se fier aux sondages pour construire des stratégies politiques !

S'il veut affirmer sa place au sein du PS, Bertrand Delanoë devra en outre démontrer sa capacité à élargir son camp bien au delà des fidèles jospinistes. Dans un parti balkanisé, les clefs de la direction iront à celui ou à celle qui saura reconstituer une véritable majorité apte à gouverner le PS. Malgré l'apport des partisans de Martine Aubry et d'une partie des Strauss-Kahniens, la tache est loin d'être acquise. Pour y parvenir, Bertrand Delanoë devra démontrer qu'il est capable d'offir non seulement aux militants mais surtout aux électeurs de gauche un discours structuré qui soit à la fois en prise avec le réel et capable de renouveler l'idéal socialiste. Or, pour le moment, on a guère entendu dans sa bouche d'élément réellement nouveau et mobilisateur. Le soutien affiché de Lionel Jospin à son égard aurait d'ailleurs plutôt tendance à inquiéter. Le risque existe de privilégier une fois de plus le "sociétal" sur le social ou de s'enfermer dans un discours abstrait sur les valeurs qui aurait toute les chances de faire les beaux jours du Sarkozysme. Le fait que Nicolas Sarkozy semble vouloir faire de Bertand Delanoë son principal opposant devrait d'ailleurs nous interroger.

Enfin, si Bertrand Delanoë devait prendre la tête du PS à l'issue du prochain congrès de l'automne prochain, en deviendrait-il automatiquement le candidat naturel du parti à l'élection présidentielle ? Si c'est le cas, une question ne manquera pas d'être posée, même si elle peut apparaître politiquement non correcte : les Français sont-ils prêts à élire un homo comme président de la République ? Quand on voit les propos injurieux et les coups bas dont fut l'objet Ségolène Royal au simple motif que c'était une femme, on peut hélàs sérieusement en douter !

09 septembre 2007

Aux deux colombes

medium_auxdeuxcolombes.jpgCe qu'il y a de bien avec les pièces de Sacha Guitry, c'est qu'elles se suffisent à elle même. Nul besoin de les emballer d'un halo pseudo intellectuel sur leur sens profond ou leur message caché. On aime ou on aime pas mais difficile de ne pas reconnaître à l'auteur un talent indéniable dans le sens des formules et dans l'humour noir, même si Guitry n'atteint pas, à mon sens, le niveau d'un Feydeau ou d'un Labiche.

Et lorsque c'est le grand Jean-Laurent Cochet qui joue et met en scène ces "deux colombes", on peut dire qu'on atteint un grand moment de théâtre. Fidèle à lui même, Cochet excelle dans son rôle d'avocat égocentrique, mysogine et manipuleur, le tout avec une remarquable économie de moyen. Quelle leçon de comédie ! Cochet semble presque improviser et redécouvrir à chaque instant son texte, au lieu de le débiter en surjouant comme le font trop de comédiens. Un vrai régal qui permet de donner tout son sel aux dialogues et aux situations imaginées par Guitry. A ses côtés, les quatre comédiennes sont tout aussi épatantes.

La mise en scène est à cette image : sobre et sans effet superflu. Le décor lui même semble là pour assumer tranquillement  le côté "boulevard" de la pièce. 

Bref, un vrai moment de plaisir qui serait dommage de ne pas apprécier à sa juste mesure.

"Aux deux colombes" de Sacha Guitry, mise en scène de Jean-Laurent Cochet au théâtre de la Pépinière Opéra 7, rue Louis Legrand à Paris 2ème. réservations : 01 42 61 44 16

 
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