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29 décembre 2007

La Biennale de Lyon jusqu'au 6 janvier

89e079b842ee3f736cc5807d255e94f6.jpgIl ne vous reste plus qu'une semaine pour découvir les oeuvres de la Biennale d'art contemporain de Lyon. Thème de cette année : "l'histoire d'une décennie qui n'est pas encore nommée". Il vous faudra toutefois beaucoup d'imagination pour parvenir à relier les différentes oeuvres entre elles autour de ce thème pour le moins flou et énigmatique.

Cette édition 2007, plutôt fraîchement accueillie par la critique, réserve néanmoins quelques bonnes surprises, même si on regrettera l'usage plus que de mesure du support vidéo aboutissant le plus souvent à des oeuvres qui n'en sont pas vraiment. 

Comme souvent, c'est à la Sucrière que vous découvrirez l'éventail d'installations le plus varié et le plus intéressant.

Parmi cette production, par définition toujours très inégale, on retiendra notamment au rez-de-chaussée l'oeuvre de Juan Pérez Agirregoika. Usant d'un graphisme haut en couleur et proche de la bande dessinée, cet artiste basque évoque, de façon faussement naïve, quelques uns des grands combats politiques du siècle passé et présent.

Egalement au rez-de-chaussée, l'allemand Thomas Bayrle s'inspire du pop art et fait apparaître, à partir de figures géométriques, d'étonnants objets du quotidien. 

Enfin, au premier étage, le mexicain Erick Beltran utilise le mobilier urbain pour dénoncer la puissance de l'affichage publicitaire utilisé ici au service de messages de haine et d'exclusion. Une idée fort intéressante mais qui, à mon sens, aurait gagné en intensité si au lieu d'un fond uniformément noir l'artiste avait convoqué les visuels sirupeux de la publicité en contraste avec la violence des messages.

25 décembre 2007

La Wii : révolution dans l’univers des jeux vidéos

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La Wii , la nouvelle console de jeux vidéos de Nintendo, restera sans conteste l’un des cadeaux phares de ce Noël 2007. Au point que de nombreux Français peu prévoyants ont été confrontés, ces jours derniers, à une rupture de stock affectant tout le pays.

Ce succès planétaire, avec déjà plus d’un million de consoles vendues en France, n’est pas le fruit du hasard. Car la Wii n’est pas qu’une console de plus dans l’univers très prolifique des jeux vidéos. C’est une véritable innovation qui révolutionne complètement un domaine longtemps réservé aux teenagers monomaniaques. Question de survie pour Nintendo largement devancée, ces dernières années, par ses concurrents.

 

On connaissait jusqu’ici le profil type du consommateur de jeux vidéos : majoritairement un homme, jeune, voire très jeune, scotché des heures durant à sa console, absorbé le plus souvent par des jeux de combat.

 

La force marketing de la Wii tient au fait qu’elle s’adresse à une cible complètement différente, beaucoup plus grand public, grâce à des jeux facilement accessibles et qui ne nécessitent pas des trésors de virtuosité acquis après de longues heures de pratiques. Tout le monde peut s’y adonner, de 7 à 77 ans.

 

Autre innovation majeure : le joueur ne s’excite plus sur ses manettes, prostré des heures devant son écran. Grâce à un dispositif de transmission sans fil et de reconnaissance des mouvements, le jeu devient une véritable activité physique ce qui réduira les risques d’obésité.

 

A l’opposé des consoles classiques visant principalement une pratique individuelle ou une pratique en réseau, les jeux de la Wii , le plus souvent collectifs, réinventent le concept des jeux de société partageables par toute la famille.

 

Résultat : la Wii permet de convertir des centaines de milliers de nouveaux pratiquants, un public plus adulte et plus féminin. Une aubaine pour un marché des jeux vidéos très concurrentiel et arrivant à saturation. Un atout également précieux pour l’image d’une industrie souvent accusée de décerveler notre progéniture et d’en faire des psychopathes asociaux en puissance.

 

Bref, à l’heure où la nouvelle génération passe plus de temps devant son écran d’ordinateur que devant la télévision, voici enfin une bonne nouvelle sur le front des nouvelles technologies !

 

24 décembre 2007

Institutions : vers une réforme au rabais

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La « République irréprochable » vantée, en son temps, par Nicolas Sarkozy peut bien attendre… si toutefois elle passe l’hiver !

François Fillon a en effet annoncé cette semaine dans Le Monde un nouveau report de l’examen par le Parlement du projet de révision de la constitution soumis à la concertation des partis politiques et qui est loin, à ce stade, de faire consensus.

Nicolas Sarkozy, on s’en souvient, avait convoqué en grandes pompes une commission présidée par Edouard Balladur et composée de membres éminents comme Jack Lang pour réfléchir à une réforme de notre constitution. Une réflexion toutefois clairement encadrée puisqu’il ne s’agissait, selon la lettre de commande de Nicolas Sarkozy, que de toiletter la Vème République et nullement d’avancer vers un changement de régime.

Une méthode dont j’avais dit ici même toutes les réticences qu’elles m’inspiraient.

Il faut pourtant être honnête avec la commission Balladur dont les conclusions, sans être globalement satisfaisantes, ne furent pas exemptes de bonnes surprises, par exemple en matière de limitation stricte des mandats.

Malheureusement, le projet de réforme que le Gouvernement s’apprête à soumettre à l’avis du Conseil d’Etat va en deçà même des timides avancées prônées par la commission Balladur.

Reconnaissons une bonne nouvelle : Nicolas Sarkozy a renoncé, sous la pression de la Gauche , à entériner dans la constitution la primauté présidentielle en modifiant la rédaction des articles 5 et 20 sur les rôles respectifs du président de la République et du Gouvernement.  Mais l’actuel président est toujours bien décidé à s’exprimer devant la représentation nationale, ce qui lui est aujourd’hui interdit. Un acte qui, pour symbolique qu’il soit, marquerait un peu plus la domination de l’Exécutif sur le Législatif, d’autant qu’il ne s’accompagnerait d’aucun vote !

Le projet de révision constitutionnelle comprend bien quelques avancées en ce qui concerne les pouvoirs du Parlement avec la limitation de l’usage du 49-3, la maîtrise partagée de l’ordre du jour ou le droit de regard sur certaines nominations. Autant d’éléments, certes utiles, mais qui ne sont pas de nature remettre fondamentalement en cause l’actuelle soumission du Parlement tant que l’équilibre des pouvoirs n’est pas révisé profondément. Dans un système marqué durablement par la domination de l’élection présidentielle et par le fait majoritaire aux élections législatives, même une avancée formelle comme le partage de la maîtrise de l’ordre du jour entre Parlement et Gouvernement risque de n’être qu’un faux semblant : combien de propositions de loi, c’est-à-dire d’initiative parlementaire, ne sont déjà, en réalité, que des projets de loi rédigés dans le secret des cabinets ministériels ?

Or, à ce stade, rien de ce qui serait susceptible de rééquilibrer réellement nos institutions n’a été retenu par le Gouvernement. Rien, évidemment, sur une restriction des pouvoirs du président. Rien sur une limitation stricte du cumul des mandats, seule mesure qui permettrait un véritable renouvellement du personnel politique. Rien sur l’instauration d’une dose de proportionnelle, seule mesure qui garantirait une représentation des différents courants de pensée de la société française. Sur ces deux questions clefs, le Gouvernement a beau jeu de renvoyer à d’hypothétiques lois organiques après la révision constitutionnelle. La vérité est plus prosaïque : la majorité UMP ne veut ni de l’une, ni de l’autre tandis que l’opposition socialiste plaide mollement pour l’introduction d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée et fait semblant de soutenir une limitation du cumul des mandats dont la plupart de ses membres ne veut pas.

Dans ces conditions, le mal démocratique français, mélange de toute puissance présidentielle, d’irresponsabilité politique et de crise de la représentation, a de beaux jours devant lui. Tôt ou tard, dès que les effets euphorisants et anesthésiants de l’activisme sarkozyste se seront dissipés, ses conséquences néfastes se révéleront à nouveau au grand jour, laissant libre cours à toutes les dérives, à tous les excès, à toutes les aventures possibles. On se rendra alors compte, plus que jamais, de la nécessité absolue d’engager une réforme profonde de nos institutions. Or, à rebours de la pensée actuelle commune, on pourrait faire le constat plus vite qu’on ne l’imagine de l’inadéquation fondamentale d’un régime pseudo présidentiel aux nécessités de réforme de notre pays. Peut-être qu’alors s’imposera enfin l’idée de sortir d’une inutile exception française et d’instaurer, à l’image de la plupart des pays de l’Union européenne, un régime primo ministériel.

En attendant, il faudra sans doute se résoudre à une révision constitutionnelle qui, sans aggraver les déséquilibres de la Vème République , n’en réduira aucun des excès.

17 décembre 2007

Carla et lui...

ffd004dfa2335779c5b455395048a59d.jpgEt pendant ce temps là on ne parle pas :

- de la baisse du pouvoir d'achat

- de la visite de Khadafi et des vrais-faux contrats avec la Lybie

- des franchises médicales en vigueur au 1er janvier

- du salaire du président qui cumule depuis 6 mois son traitement de ministre de l'intérieur et de chef de l'Etat

- de l'adoption en catimini du traité européen

- de la réforme au rabais des institutions

- des négociations sur la suppression du régime de retraite des cheminots qui vont coûter aussi cher que les économies prétendument réalisées

- du diktat d'Arnaud Lagardère sur la délocalisation de la production d'EADS

- de l'ouverture aux banques privées de la collecte du livret A qui va remettre en cause le financement du logement social

- des violences qui se poursuivent chaque semaine dans les quartiers malgré 5 ans de gestion du superflic Sarkozy

- des soirées people de Rachida Dati et de sa réforme de la carte judiciaire

- du déficit du commerce extérieur de la France qui se creuse

- etc...

16 décembre 2007

Ségolène le retour

e6a1ef73e6e0b0b288a43d0490b9983f.jpgA l'occasion de la sortie de son ouvrage "Ma plus belle histoire c'est vous", Ségolène Royal a fait, ces dernières semaines, un retour autant orchestré que remarqué à la une des magazines, sur les plateaux de télévision et même sur la scène du théâtre du Rond-Point pour un débat organisé par le journal Le Monde.

Comme sans doute la plupart d'entre vous (et des journalistes ?), je n'ai pas lu le livre de Ségolène Royal dans son intégralité; j'ai pris seulement connaissance des larges extraits publiés dans la presse.

Même si le mélange entretenu par l'ancienne candidate socialiste entre analyse politique et confessions intimes (encore que celles ci soient très limitées) peut irriter, la démarche de Ségolène Royal était à la fois légitime et nécessaire. Légitime qu'après l'intense production litterraire le plus souvent à charge, l'ex candidate puisse faire directement entendre son point de vue. Nécessaire aussi pour essayer de tirer les leçons de cette nouvelle défaite.

A cet égard, Ségolène Royal fait ici preuve d'un certain courage et d'une certaine lucidité. Courage et lucidité qui ont, faut-il le rappeler ?, singulièrement manqué à un Lionel Jospin, toujours incapable à ce jour de faire une analyse juste des raisons de son échec.

On pourrait évidemment juger que l'ex candidate ne va pas assez loin dans l'analyse et la reconnaissance de ses propres erreurs ou insuffisances. Mais il serait tout aussi faux de considérer cet ouvrage comme un simple plaidoyer prodomo - ce qu'il n'est pas - ou une simple mise en accusation des éléphants du ps - ce qu'il n'est pas seulement. Certes, les passages sur les causes du succès du "système Sarkozy" sont sans doute plus convaincantes que celles sur les raisons de la défaite de la candidate socialiste. Mais l'autocritique est suffisamment rare en politique pour être appréciée à sa juste valeur.

Quoi qu'il en soit, l'ouvrage aura visiblement rempli l'essentiel de sa mission : replacer Ségolène Royal au coeur du débat politique à gauche. Une nécessité pour celle qui en restant fidèle à sa promesse de non cumul des mandats, s'est privée d'une utile tribune à l'Assemblée.

Reste, pour l'avenir, à trancher encore de nombreuses questions. La première est celle de son implication dans la vie interne du parti socialiste. Ségolène Royal veut-elle et doit-elle ou non en prendre la tête ? A ce stade, aucune réponse n'apparaît d'évidence. Y aller, c'est prendre le risque d'engager de façon prématurée le duel Royal / Delanoë  que les médias nous annoncent déjà comme inévitable. Un duel qui pourtant n'a pas grand sens puisqu'il ne reflète guère les clivages idéologiques existant au sein du parti socialiste et conduirait à des positionnements purement tactiques. Pari d'autant plus risqué qu'une majorité est loin d'être acquise à Ségolène Royal au sein du PS. Mais ne pas y aller c'est également prendre le risque d'être durablement marginalisée et, au final, écartée du leadership socialiste. A moins d'imaginer, comme le suggère notamment Arnaud Montebourg, une direction du PS clairement déconnectée de la candidature à la prochaine présidentielle, laquelle ferait l'objet d'une investiture sous la forme de "primaires" largement ouvertes aux militants et sympathisants de la gauche toute entière. Une hypothèse séduisante mais qui comporte un danger : celui de donner le sentiment d'un parti décidément incapable de trancher.

L'incapacité à trancher c'est bien ce qui paralyse le PS depuis de nombreuses années. C'est sans doute ce qui a privé Ségolène Royal d'une possible victoire. Car la candidate elle même a souvent semblé hésiter tout au long de la campagne entre donner des gages au parti et s'en affranchir complètement. Ceci au détriment de la clarté de son discours.

J'ai déjà dit ici qu'il était prématuré de refermer la "parenthèse Royal" comme la qualifient certains. A bien des égards, les premiers pas du président Sarkozy on validé les préventions émises par la candidate socialiste sur les risques de blocage que la méthode Sarkozy fait courir à terme à la société française. Sur la nécessité d'une véritable refondation de la démocratie sociale, sur la priorité à donner à l'éducation et à la recherche, sur l'exigence d'un Etat impartial et d'un ordre juste, sur la défense du pluralisme, les propositions avancées par l' ex candidate sont toujours d'une criante actualité. Encore faut-il qu'au delà des slogans et des intuitions justes, Ségolène Royal se montre capable, dans les mois à venir, de leur donner corps et crédibilité. On en est loin...

 
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