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06 janvier 2008

Un pas de plus vers la présidentialisation du régime

5c59064fe4e82b68f5297fc73adba0f3.jpgOn parle depuis longtemps du prétendu "domaine réservé" pour désigner la mainmise du président de la République sur la politique étrangère de la France. J'utilise le mot "prétendu" car jusqu'à présent ce "domaine réservé" ne correspondait nullement à une notion juridiquement établie ou à un article de la constitution mais à une pratique politique assez constante sous la Vème République.

Malgré ses promesses de campagne, il ne fallait evidemment pas s'attendre à ce que le Superprésident Sarkozy engage dans ce domaine une quelconque rupture avec la pratique de ses prédécesseurs. Ses initialtives tonitruantes de ses premiers mois de mandat en sont une illustration flagrante.

Mais là où un De Gaulle, un Mitterrand ou un Chirac se contentaient d'user dans les faits de ce "domaine réservé", Nicolas Sarkozy entend l'inscrire dans le droit.

On a ainsi appris en ce début d'année la création d'un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale, directement rattaché à l'Elysée et destiné à remplacer les différents "conseils de défense" existants, fragmentés entre l'Elysée, Matignon, le ministère de l'intérieur, de la défense et celui des affaires étrangères.

Cet effort de rationalisation et le rapprochement entre les problématiques de défense et de sécurité intérieure peut sembler en soi une bonne chose. Mais, comme l'indique le journal Le Monde dans son édition du 5 janvier, cette instance, qui sera flanquée d'un "conseil consultatif" dont les membres seront choisis par le chef de l'Etat, va de facto accroître la présidentialisation du régime français en concentrant à l'Elysée le pouvoir de décision en matière de défense, de sécurité et de politique étrangère, au détriment du Gouvernement et du Parlement.

A l'heure où Nicolas Sarkozy prétend engager une réforme constitutionnelle pour renforcer le rôle et les pouvoirs du Parlement, voilà qui va parfaitement à l'encontre de cette volonté affichée.  Notons que cette décision n'aura, une fois de plus, fait l'objet d'aucun débat approfondi à l'Assemblée nationale ou au Sénat. Elle intervient avant même que ne soient rendues les conclusions du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale en cours d'élaboration.

La France devrait ainsi rester encore longtemps l'une des seules démocraties où le chef de l'Etat peut décider d'engager le pays dans une guerre sans même avoir à consulter la représentation nationale !

Commentaires

Sarkozy : un pas de plus vers la crétinisation générale.

Écrit par : Einstein | 07 janvier 2008

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