27 janvier 2010
Some explicit polaroids, au vingtième théâtre
Imaginez un militant d'extrême gauche anglais qui passe plusieurs années en prison pour séquestration et violence et recouvre la liberté au début des années 2000 redécouvrant un Royaume Uni profondément transformé par la révolution thatcherienne. Y a-t-il encore une place pour l'engagement collectif et la conscience politique à l'heure de la société de consommation à tout crin, du culte de l'apparence et du triomphe du cynisme ?
Tel est le thème de cette création adaptée d'une pièce du dramaturge anglais Mark Ravenhill. Dans la veine du cinéma social et engagé à la manière d'un Ken Loach, Some explicit polaraoids dépeint l'errance de 6 personnages revenus de toute certitude et qui essaient tant bien que mal - et plutôt mal que bien - de s'accommoder d'une époque où le bonheur et l'épanouissement individuels semblent devenus des impératifs d'autant plus inaccessibles qu'il se heurtent à la perte de tout projet collectif et à une société profondément anomique.
Les dialogues et les situations sont tantôt crus, tantôt violents mais toujours justes et profonds; sans complaisance inutile. La mise en scène est particulièrement inventive et il émane du jeu des acteurs - remarquable - une authentique et émouvante humanité.
A voir jusqu'au 28 février au Vingtième théâtre.
08:26 Publié dans ciné, théâtre, musique, expos... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre, some explicit polaroids, vingtième théâtre, mark ravenhill











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