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28 avril 2007

La nouvelle République est en marche !

medium_segobayrou.jpgQuelque chose est en train de changer dans le pays. Le débat organisé aujourd'hui entre Ségolène Royal et François Bayrou n'est pas seulement un événement dans l'histoire de la Vè République. Il fait surtout honneur à la démocratie. Preuve qu'en politique on peut s'affronter en se respectant, dialoguer sans se compromettre, partager des convergences sans se renier ou se rallier tout en assumant sereinement ses divergences. Preuve qu'on peut faire de la politique autrement.

Que retenir en effet principalement de ce débat ? Qu'il existe aujourd'hui en France une large partie de l'opinion qui aspire à un changement profond de notre système politique. On le pressentait déjà depuis plusieurs semaines, les choses sont aujourd'hui extrêmement claires. D'un côté, Ségolène Royal et François Bayrou sont tous deux favorables à l'avènement d'une 6ème République qui réconcilie les citoyens avec leur démocratie, qui redonne tout son pouvoir au Parlement, qui permette le respect du pluralisme, qui mette fin à un mode de pouvoir qui conjugue autisme et toute puissance, qui refonde la démocratie sociale. De l'autre, Nicolas Sarkozy reste fidèle à un système qui concentre l'ensemble des pouvoirs aux mains d'un homme seul et prétend imposer des réformes par la seule force de sa volonté.

Ce sont bien deux conceptions de la politique et de la façon de mener les réformes dont notre pays a besoin qui seront au centre du débat pour le second tour du 6 mai prochain.

Faut-il que Nicolas Sarkozy soit bien peu sûr de lui pour multiplier depuis deux jours les attaques aussi violentes à propos d'un dialogue qui devrait passer pour naturel dans une démocratie digne de ce nom et dont il ne devrait pas avoir peur de se saisir lui aussi.

Pour ma part, j'ai l'impression que, sous nos yeux, c'est un nouveau souffle démocratique qui est en train de prendre son élan et je trouve cela fordimablement enthousiasmant. Pas seulement parce que c'est la victoire de Ségolène Royal le 6 mai prochain qui est peut-être en train de se construire en ce moment. Mais aussi parce qu'on sent bien que cette victoire ouvrirait un nouveau chapitre de l'histoire politique de notre pays, celle voulue par des millions d'électeurs dès le premier tour pour une nouvelle République !

27 avril 2007

Sarko calimero

medium_calimero.jpgIl est incroyable Nicolas Sarkozy. Toute sa carrière, il a fait de l'affirmation des clivages politiques la pierre angulaire de son discours et de sa stratégie. Il fallait "décomplexer" la droite, faire "sauter" les tabous, en finir avec la "bien pensance" de gauche, rompre avec la "pensée molle" et engager une véritable "rupture" fut-elle tranquille.

Pour mener à bien sa stratégie, l'homme n'a jamais manqué de talent, ni de bagout. Et dieu sait s'il en fallait pour récupérer à l'âge de 28 ans la mairie de Neuilly au nez et à la barbe de Charles Pasqua. Dieu sait s'il en fallait pour revenir en cours auprès de Jacques Chirac après l'avoir trahi pour Balladur. Dieu sait s'il en fallait pour dérober à ce même Chirac le parti qu'il avait fondé 30 ans plus tôt et en faire une formidable machine de guerre présidentielle avec le succès que l'on sait. 

Tout ceci, Nicolas Sarkozy le doit à sa détermination, à son ambition démesurée, à son tempérament, à son goût affiché du combat politique et des épreuves de force. Et au moment où il arrive à la dernière marche de sa destinée, pour reprendre une de ses expressions, voilà qu'il entonne le refrain de la victimisation. Ses adversaires se rendraient coupables d'odieuses manoeuvres de diabolisation, il croulerait sous les discours de haine, sa pensée serait honteusement travestie et ses prises de position caricaturées à l'excès. Bref, lui qui n'a jamais figuré au rang des modérés ou des tendres dans son combat politique et qui revendiquait précisément cette façon de faire, crie aujourd'hui au procès en sorcellerie ! On en verserait presque une larme... de crocodile ! 

Soyons clairs : ceux qui veulent réduire cette campagne d'entre deux tours à une réthorique anti-sarkozy se fourvoient. Le TSS n'est pas seulement stupide ; il est surtout inopérant.  D'ailleurs, il n'est nul besoin d'user de la caricature pour dénoncer les dangers que l'élection de Nicolas Sarkozy ferait courir à notre pays. Il suffit d'observer les faits.

Ainsi, l'inquiétude qu'il suscite quant à la préservation du pluralisme et de l'indépendance des journalistes ne repose pas sur de vagues rumeurs mais sur des faits avérés : c'est Jean-Pierre Elkabach, directeur de la rédaction d'Europe1, qui le consulte pour choisir le journaliste qui aura la charge de le suivre pendant la campagne ; c'est le rédacteur en chef de Paris-Match qui est démi de ses fonctions à la suite d'une couverture montrant Cécilia et son amant ; c'est Nicolas Sarkozy lui même qui s'emporte devant la rédaction de France 3 et promet de virer la direction sitôt élu ; c'est enfin son amitié affichée pour des grands patrons de presse au premier rang desquels figure Arnaud Lagardère. Est-il infamant ou irrespectueux d'interroger un candidat à la présidentielle sur de telles questions, au moment où l'organe de régulation de l'audiovisuel qu'est le CSA est composé presqu'exclusivement de membres issus de l'actuelle majorité et que son président n'est autre que l'ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin ?

Même chose sur le respect du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs. C'est bien au moment où Nicolas Sarkozy officiait comme ministre de l'intérieur que le premier magistrat de France, Guy Canivet, pourtant pas réputé pour être un homme de gauche, ressenti le besoin, pour la première fois dans l'histoire de la Vè République, d'en appeler publiquement au président de la République afin qu'il se porte garant de l'indépendance du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir exécutif. Mais sans doute avons-nous rêvé ou accordé trop d'importance à un événement parfaitement anodin !

Lorsque le candidat UMP se prononce pour la détection des signes avant-coureurs de délinquance dès l'âge de 3 ans (!), sans expliquer d'ailleurs par qui et sur quelle base, qu'il incline à penser qu'on naît pédophile, que 1200 ou 1300 jeunes se suicident en France chaque année parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable et que la part de l'inné dans ces phénomènes est immense, est-ce faire preuve de mauvaise foi ou de bien pensance que de s'inquiéter sérieusement de la philosophie qui sous tend de tels discours ?

Enfin, l'attitude de Nicolas Sarkozy pendant cet entre-deux tours est, une fois de plus, caractéristique de sa conception pour le moins singulière de la démocratie. Libre à lui de refuser tout débat avec François Bayrou. Mais au nom de quoi prétend-il interdire à d'autres de le faire ? Au nom de quoi entend-il dénier toute légitimité à un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou alors que tout le monde sait parfaitement que ce sont les électeurs du candidat centriste qui détiennent la clef du second tour ? N'est-il pas démocratiquement sain que ceux là puissent faire leur choix en toute conscience, en toute connaissance de cause ? Cela ne retire en rien à la légitimité des deux seuls candidats encore en lice. On demeure, par ailleurs, stupéfait de l'annonce faite par Nicolas Sarkozy selon laquelle il "favorisera" la création d'un nouveau parti centriste UMP-compatible et même d'un "pôle de gauche" animé par ce pitoyable Eric Besson, lequel s'est adonné en plein meeting à une écoeurante séance publique de contrition digne des pires procès staliniens. C'est vrai que la vie serait plus simple s'il suffisait pour le président nouvellement élu de créer de toute pièce les organisations politiques appelées à participer au débat démocratique et d'en désigner les représentants !

Alors, caricaturaux les opposants de Sarkozy ? Malheureusement, en matière de caricature, le candidat de l'UMP n'a besoin de personne pour réaliser des prouesses. Alors qu'il arrête au moins de se poser en victime et qu'il assume enfin ses positions dans un débat authentiquement démocratique !   

23 avril 2007

Ouf, la Vème République est sauvée !

medium_Vèrépublique.jpgA entendre les commentateurs politiques, depuis hier, tout est rentré dans l'ordre dans notre beau pays.

Evanouie la crise de la représentation politique, la défiance des Français vis-à-vis de leur système politique ; lavé l'affront démocratique du 21 avril 2002. Nos compatriotes ont - enfin - retrouvé la raison. La participation bat des records, la bipolarisation triomphe, les extrèmes sont en perte de vitesse et la floppée de petits candidats - cet archaïsme national - renvoyée aux oubliettes.

Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes institutionnels. A l'occasion de ce scrutin historique, les Français n'ont-ils pas ainsi voulu exprimer leur attachement à la Vème République et renvoyer à leurs chères études les apprentis sorciers adeptes du passage à la 6ème ?

Comme vous allez vite en besogne messieurs-dames.

Certes, la peur du 21 avril a produit à plein son effet : pousser à une forte mobilisation et inciter au "vote utile" en faveur des deux principaux candidats. Il n'en reste pas moins que plus de 4 électeurs sur 10 ont fait un autre choix. Près de 7 millions (soit 18,5% des suffrages exprimés) se sont prononçés pour un candidat s'affichant clairement comme "hors système" et pronant une rupture avec les deux grands partis de gouvernement existants.

Le Front National, qu'on dit terrassé et dont certains annoncent déjà l'inéluctable déclin, a certes perdu 1 millions de voix par rapport au premier tour de 2002, mais il reste dans un étiage proche des présidentielles de 1988 et 1995 et sa contre-performance tient d'abord à la très forte participation.  Si celle-ci avait été du même niveau qu'en 2002, le score de Jean-Marie Le Pen aurait avoisiné les 13 % ce qui demeure loin d'être négligeable. Surtout, les électeurs frontistes n'ont pas disparu comme par magie. Rien ne prouve que ceux qui se sont laissé séduire par Nicolas Sarkozy lors de ce premier tour présidentiel lui resteront fidèle lors des prochains scrutins, notamment aux législatives (même si ces dernières sont généralement moins favorables au FN). Le leader frontiste peut en outre se réjouir, non sans raison, que ses idées aient été largement reprises par le candidat UMP. 

Il suffit, par ailleurs, de tendre l'oeille pour s'apercevoir que beaucoup d'électeurs, notamment à gauche, ont exprimé un vote de raison plus que de réelle adhésion. C'est souvent le cas me direz-vous. Certes mais cela relativise beaucoup les commentaires sur la supposée réconciliation des Français avec leur système politique. Il faudrait être naïf pour penser que les résultats extrêmement faibles d'une Dominique Voynet ou d'une Marie-George Buffet reflètent la réalité de l'état du paysage politique français (sans compter ceux qui ont été tout simplement empêché de concourir comme Nicolas Dupont Aignant, seul représentant des souverainistes d'inspiration gaulliste). Combien de temps leurs électeurs accepteront-ils de ne pouvoir faire entendre leur voix ni au premier tour de l'élection présidentielle, pour cause de "vote utile", ni aux élections législatives, en raison du mode de scrutin majoritaire ?

Enfin, la radicalisation du débat entre deux camps très antagonistes qui peinent de plus en plus à se comprendre -radicalisation entretenue par la personnalité et la stratégie de Nicolas Sarkozy - risque de ne pas faciliter la tâche du futur ou de la future président(e) pour entreprendre les réformes dont le pays a besoin (lire à ce sujet le très pertinent éditorial du journal suisse le Temps). S'il est élu, Nicolas Sarkozy ne pourra pas éternellement s'en tenir à ses discours bonapartistes mêlant volontarisme et autorité, sauf à bloquer complètement le pays. Si elle parvient à l'Elysée, Ségolène Royal ne pourra asseoir sa "nouvelle donne" économique et sociale que sur une réforme profonde de notre système de décision politique et de délibération sociale. Autant dire que, n'en déplaise aux thuriféraires de la Vème République, un changement profond de nos institutions demeure, à plus ou moins court terme, le passage obligé de tout véritable changement dans notre pays.

Et puis, n'oublions pas qu'une hirondelle ne fait pas le printemps. On a connu des sursauts civiques aussi vite disparus qu'apparus. Par exemple lors des élections législatives de juin 2002 dont le niveau de participation fut très médiocre en dépit du souvenir encore frais du 21 avril. La participation record de ce 22 avril 2007 peut-elle se réduire à un feu de paille ? Ce n'est pas impossible et le passé devrait nous inciter à la prudence.

Sans doûte bien des commentateurs politiques croient-ils aujourd'hui la fièvre contestatrice des Français retombée. Mais le feu pourrait bien couver sous la cendre. Alors, gardons nous de toute conclusion hâtive...

 

21 avril 2007

La loi, rien que la loi !

A l'occasion du premier tour de l'éléction présidentielle, 20 Minutes ne publiera aucun sondage avant 20h dimanche

20 Minutes demande à ses blogueurs de s’abstenir de publier toute tendance, anticipation, rumeur sur les résultats du vote avant 20 heures.

En tant qu’éditeur, le directeur de publication est légalement responsable du contenu du site, qu’elle qu’en soit l’origine. Il est donc dans l’obligation de faire respecter la loi. A ce titre, il se réserve la possibilité de poursuivre individuellement tous les auteurs de blogs, ainsi que les auteurs de commentaires qui enfreindront la législation. Pour mémoire, celle-ci prévoit une peine de 75 000 euros d'amende pour tous ceux qui se rendent coupable d'infraction avec la loi.


En conséquence, étant juridiquement responsable du contenu de ce blog, tous les commentaires seront modérés à partir de ce vendredi 0h00 et jusqu'à dimanche 20h00. Merci de votre compréhension.


>> lire l'article

20 avril 2007

Internet c'est fou !

medium_google.jpgVoilà ce qui arrive quand, sans avoir rien demandé, on se trouve propulsé en tête de liste (ou dois-je dire de gondole ?) sur Google news : plus d'une centaine de commentaires, et sans doûte beaucoup plus de visiteurs, en moins de deux heures pour un modeste blog qui peine généralement à réunir ses 50 visiteurs journaliers !

Je devrais sans doûte être content : comme le prophétisait Andy Warhol, voici enfin arrivé mon quart d'heure de gloire et de célebrité grâce au net. Pourtant, tout cela m'inspire une grande perplexité.

Perplexité sur les critères de référencement de Google. Plusieurs d'entre vous se posent la question : qu'est-ce que le billet d'un simple blog comme le mien fait en tête de liste sur Google news, aux côtés d'informations censées être "sérieuses" produites par de "vrais" médias ou en tous cas de "vrais" journalistes ? Et bien franchement, j'en sais absolument rien et j'en suis aussi surpris que vous ! Je peux simplement vous affirmer que je n'ai aucune taupe chez Google ou chez 20minutes. Merveille de la technologie internet qui laisse ainsi sa chance à n'importe quel blogueur ou dangereuse dérive ouvrant la voie aux pires des confusions ainsi qu'à toutes les démagogies ? Le débat est ouvert. En tous cas il incite les lecteurs à la prudence et au regard critique (pour ça je vous fais confiance, vu la teneur de vos commentaires...) pour distinguer le vrai travail journalistique du simple mot d'humeur d'un citoyen engagé. A lire certains commentaires, y'a encore du boulot et ça aussi me laisse très perplexe.

Alors pour clore (provisoirement) le débat, quelques précisions à l'attention de ceux qui n'auraient pas bien compris :

- oui ceci est le blog d'un citoyen engagé et non l'article d'un journaliste professionnel

- oui je revendique une totale subjectivité et n'ai jamais prétendu à une quelconque objectivité ou neutralité (d'ailleurs ça n'existe pas, même de la part des "vrais" journalistes)

- oui je revendique l'humour, le second degré et même une certaine dose de caricature (encore que certains n'ont pas besoin de moi pour se caricaturer eux même !)

- oui j'accepte la contradiction, les avis contraires ou qu'on apprécie pas mon humour mais je déplore que les arguments de certains se réduisent à l'injure

- enfin... on garde son calme et VIVEMENT DIMANCHE !

 
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