Avertir le modérateur

20 avril 2007

L'heure du choix

medium_présidentielle.2.jpg

Lues sur internet, ces quelques lignes rigolotes :

VOTEZ UTILE

Si vous pensiez voter Royal, votez plutôt Bayrou, elle n'a aucune chance contre Sarkozy.
Si vous pensiez voter Bayrou, mauvais choix. Il n'a aucune chance au premier tour. Votez plutôt Royal, le moyen le plus sûr d'écarter Sarkozy. Ou Sarkozy le meilleur moyen de battre Royal.
Si vous pensiez voter Sarkozy, mauvais choix. Votez plutôt Royal, le seul moyen d'empêcher Bayrou d'arriver au second tour (et donc de battre Sarkozy).
Si vous pensiez voter Le Pen, mauvais choix. Il ne sera jamais élu. Votez plutôt Sarkozy.

Bref, à l'heure du choix, ne vous laissez pas leurrer par les sondages.  Trop de stratégie tue la stratégie ! Le mieux est sans doute de voter en conscience et conformément à vos idéaux.

Vous pensez qu'il faut imposer une révolution conservatrice à la France ? Qu'il y aurait moins de chômeurs si on les aidait moins ? Qu'il faut laisser les riches s'enrichir tranquillement ? Qu'y en a marre de payer pour tous ces pauvres et ces assistés ? Qu'au fond on ne peut pas grand chose contre les inégalités, qu'elles sont naturelles et qu'il faut s'en accomoder et sont source de vitalité ? Qu'il faut, selon la méthode bien connue, terroriser les terroristes et donc tous les délinquants nés ou à naître pour protéger les bons citoyens ? Qu'il faut arrêter de croire en la voix de la France et s'aligner sur la seule grande puissance américaine ? Qu'il faut imposer un nouveau traité constitutionnel européen par la voie parlementaire parce que décidément le peuple n'est pas assez grand pour décider tout seul et que ces idiots risquent encore de dire non ? Qu'il faut une vraie et bonne droite, pas comme ces couilles molles de Giscard, Chirac et compagnie qu'on traine depuis trente ans ? Qu'il faut à la France un chef, un vrai, un mec qui en ait ? Alors votez sans scrupule pour Nicolas Sarkozy !

Vous pensez au contraire que plutôt que de jeter le bébé avec l'eau du bain et d'aligner notre pays sur le modèle anglo-saxon, il faut inventer un nouveau modèle social français qui sache évoluer tout en restant fidèle au principe de solidarité ? Vous pensez qu'il faut réconcilier justice sociale, efficacité économique et exigence environnementale ? Vous croyez en la force de l'éducation, de l'innovation, de la recherche pour donner sa chance à chacun, parce que tout n'est pas inscrit dans les gênes ? Vous pensez qu'à ne traiter que les effets de la délinquance et jamais vraiment les sources de ce mal, on se condamne à toujours plus de violence ? Vous pensez qu'il faut changer la façon de faire de la politique, que l'heure n'est plus à l'homme providentiel et qu'il faut redonner le pouvoir aux citoyens ? Vous pensez que dresser les catégories les unes contre les autres n'est pas le meilleur moyen de faire les réformes dont la France a besoin ? Vous pensez que porter, pour la première fois dans l'histoire de France, une femme à la tête de l'Etat serait un formidable signe de renouveau donné au monde entier ? Alors votez sans hésiter pour Ségolène Royal dès le premier tour.

Enfin, si vous êtes de droite, que vous êtes sensiblement d'accord avec le programme économique de Sarkozy (baisses de charges, assouplissement du droit du travail, réduction des dépenses de l'Etat...), que bon an mal an vous pensez qu'il faut poursuivre sur la voie engagée depuis cinq ans mais que vous trouvez ses méthodes trop brutales ou que les excès du personnage vous font peur, alors votez pour François Bayrou.

En revanche, si votre motivation première est de faire barrage à Sarkozy, qu'a fortiori votre coeur est plutôt à gauche et que vous voulez un vrai changement, soyez conséquents avec vous même et arrêtez de croire à la fumisterie de Bayrou. Arguer de sondages selon lesquels il battrait Sarkozy au 2ème tour quand pas un de ces sondages ne le voit parvenir au second tour, ça s'appelle prendre les électeurs pour des crétins et ça revient à amoindrir les chances de la gauche de l'emporter au soir du 6 mai.

Bref, l'issue du second tour se joue dès le premier ! Aucune voix ne sera inutile dimanche prochain. Mais à l'evidence, certaines pèseront plus que d'autres pour imposer le changement, le vrai !

18 avril 2007

Ce que vous devez savoir sur Sarkozy avant de voter

medium_Marianne-521.jpgSi vous ne l'avez pas encore lu, je reproduis ci-dessous en intégralité l'édifiant et très documenté dossier consacré par l'hebdomadaire Marianne à Nicolas Sarkozy. A lire attentivement avant d'aller voter et à mettre dans toutes les mains, surtout de celles qui seraient tentées par le côté "volontariste" et "courageux" du personnage...

Sarkozy-Marianne.doc

Pour ceux qui ne seraient pas encore totalement convaincus, un extrait de l'émission "On refait le monde" sur RTL où l'ancien directeur de la rédaction du Figaro explique pourquoi il a été démis de ses fonctions...

http://www.dailymotion.com/video/x1qj28_ex-directeur-figm...

Enfin, si vous avez encore le moindre doute, l'intégralité d'un ouvrage du magistrat Serge Portelli, vice-président au tribunal de Paris, qui s'est vu subitement refuser la publication de son essai par son éditeur. Du coup celui-ci est publié librement sur le net. Ouvrage très critique bien evidemment sur la politique menée par Nicolas Sarkozy en matière de justice et de sécurité.

La_rupture_-_Serge_Portelli.pdf

Bonne lecture !

15 avril 2007

Vers une révolution conservatrice à la française ?

medium_sarkoescalier_1.jpgFinis les simples clins d'oeil en direction de l'électorat frontiste. L'heure est désormais aux franches offres de service. Car c'est bien ainsi qu'il faut interpréter la sortie de Brice Hortefeux, fidèle des fidèles de Nicolas Sarkozy, sur l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives.  Le candidat UMP a beau multiplier depuis les dénégations évoquant les propos "personnels" du ministre délégué aux collectivités locales, personne n'est dupe. En effet, qui peut croire un instant que le bras droit de Sarkozy ait lancé une telle proposition sans en avoir discuté préalablement avec son champion ? Et pourquoi évoquer subitement cette idée, à une semaine du premier tour de la présidentielle, alors qu'elle n'a jamais figuré dans le projet du candidat, et qu'officiellement elle n'y figure toujours pas ?

Ni bévue, ni ballon d'essai, les propos de Brice Hortefeux s'inscrivent dans une stratégie parfaitement délibéree. Nicolas Sarkozy sait, en effet, qu'il ne peut espérer l'emporter le 6 mai prochain sans l'appui massif des électeurs de Jean-Marie Le Pen. Voilà la raison de la course folle qu'il a engagée pour s'affirmer toujours plus à droite, avec un objectif clair : rallier sur son nom, dès le 1er tour, une partie de l'électorat frontiste et s'assurer, au second tour, un excellent report de voix propre à le faire accéder à la présidence de la République.

Nicolas Sarkozy rêve en vérité de rééditer l'exploit de Georges W. Bush qui a su se maintenir au pouvoir grâce à une alliance inédite de l'électorat populaire et de la frange la plus favorisée de la société, le tout sur fond d'idéologie conservatrice très marquée à droite, mêlant valeurs morales et culte de la réussite individuelle. Une stratégie d'autant plus aisée à mettre en oeuvre pour le candidat UMP qu'elle correspond parfaitement à ses convictions profondes.

La cohérence et la profondeur idéologique, c'est sans doute ce qui caractérise le mieux Nicolas Sarkozy. Certes, ces dernières semaines, il n'a pas hésité à multiplier les discours contradictoires, au grand dam de certains de ses amis qui lui reprochent son flou doctrinal. Il ne faut y voir que de simples contorsions de campagne électorale. Après tout, l'élève Sarkozy ne renie pas complètement son ancien maître Chirac et une élection vaut bien quelques promesses non tenues. Le vrai Sarkozy, lui, ne change pas : libéral pur jus, atlantiste patenté et autocrate à peine bridé.

Les propos de Sarkozy sur le caractère "génétique" de la pédophilie ou du suicide n'ont rien du dérapage. Ils reflètent le fond de sa pensée et cadrent parfaitement avec l'idéologie libérale à laquelle il souscrit. Qu'est-ce qu'être libéral, si ce n'est croire en l'existence d'un "ordre naturel" qu'il ne serait ni possible, ni souhaitable de dépasser ? Si on naît pédophile, suicidaire ou hétérosexuel, on naît donc aussi doté de telle ou telle aptitude, winner ou looser ; ce qui permet de faire passer au second plan les questions d'inégalité dans la répartition des richesses ou de conflits entre les catégories sociales. L'ordre et la dénonciation de l'assistanat pour les classes populaires. Le laisser s'enrichir tranquille pour les rares privilégiés qui tirent leur épingle du jeu de l'économie mondialisée. Voici la formule magique de Sarkozy.

Cette "droitisation" du candidat UMP, particulièrement exacerbée en cette fin de campagne mais qui s'inscrit dans la droite ligne de la politique menée par l'ex ministre de l'intérieur depuis 2002, n'est d'ailleurs pas sans rapport avec la montée en puissance de François Bayrou. Celui-ci engrange les soutiens de la droite modérée, rétive à cette dérive droitière de l'UMP, entamée il est vrai du temps du RPR mais aboutie avec l'accession de Sarkozy à sa présidence. Et s'il devient plus difficile de prendre des voix au centre, alors il faut bien regarder du côté de l'extrême droite !

Surtout si tout cela s'inscrit dans une stratégie à moyen et  long terme de réintégration du FN dans le jeu politique, sur le modèle éprouvé avec succès par Berlusconi en Italie, pour maintenir durablement la droite au pouvoir. Dés lors, la nomination, dans un avenir pas si lointain, de ministres frontistes - pour peu que le parti ait donné d'ici là quelques gages de respectabilité - est plus qu'une simple hypothèse. Avec Sarkozy, la droite aurait ainsi achevée sa mue néo-conservatrice. C'est peu dire que l'avenir de la France en serait profondément bouleversé.

Ce scénario se réalisera-t-il les 22 avril et 6 mai prochains ? Ce n'est pas impossible, même si je continue à penser qu'il existe dans notre pays une majorité - certes disparate, rassemblant communistes, socialistes, gaullistes authentiques, radicaux ou chrétiens démocrates - pour refuser une telle évolution. Tout dépendra donc de la mobilisation dès le 1er tour pour faire échec à cette stratégie et empêcher, au soir du second, que la France ne s'engage dans cette funèste direction, aussi contraire à ses valeurs qu'à son histoire.

 

 

12 avril 2007

De l'égalité des temps de parole

medium_csa.jpgDepuis lundi dernier, date d'ouverture de la campagne officielle, une nouvelle polémique fait rage et agite le petit monde politico-médiatique. Il ne s'agit ni de la situation au Darfour, ni de la réalité des chiffres du chômage ou de la délinquance, ni même des propos récents de Nicolas Sarkozy sur le caractère génétique de la pédophilie, autant de sujets aussi vite zappés qu'abordés, mais de la grave question de l'égalité des temps de parole des douze candidats au premier tour de l'élection présidentielle.

En simple citoyen, vous vous dîtes qu'imposer, pendant les quinze derniers jours de la campagne, une stricte égalité de traitement entre les différents candidats en présence apparaît comme une évidence démocratique pleine de bon sens, surtout après des mois de matraquage autour des seuls deux ou trois "grands" candidats autodésignés. Sauf que vous n'êtes qu'un pauvre simple citoyen auquel échappent bien des subtilités. En vérité ce principe n'est, au mieux, qu'une triste mascarde, au pire, un grave danger pour notre démocratie. Vous êtes sceptique ? C'est pourtant ce qu'affirment cette semaine plusieurs de nos éminents commentateurs qui ont pris leur baton de pelerin pour dénoncer cette grave et déplorable situation. 

Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'Express n'hésite pas une seconde sur son blog : pour lui, "rare sont les dispositions législatives plus idiotes que la règle instaurant l'égalité absolue de temps de parole et de temps d'antenne entre les candidats à la présidentielle". Et de qualifier cette période de "temps mort" dûe à une "méthode stupide".

Profitant d'une de ses multiples chroniques, Alain Duhamel fustige également dans Libération "l'absurde réglementation du CSA" accusée selon lui de contribuer au triomphe de la "démocratie d'opinion" dénoncée avec constance par notre politologue depuis le début de cette campagne.

D'ailleurs, souligne le quotidien dans son édition du 9 avril, cette réglementation très stricte figure une fois de plus au rang des "exceptions françaises" observée avec amusement et ironie par les journalistes étrangers. Or qui dit "exception" dit généralement "insupportable ringardise à abandonner d'urgence" dans le vocable journalistique de la pensée unique. Et Renaud Dely de fustiger également le "système absurde" mis en place par le CSA dans son éditorial.

Il y a même des blogueurs pour dénoncer sur agoravox une "démagogie égalitaire". Surprenant qu'on ne nous ait pas gratifié du terme "populiste" si souvent utilisé, à tort et à travers, ces dernières années pour disqualifier tout ce qui dévie un tant soit peu de la pensée légitime... mais en cherchant un peu, sait-on jamais.

Je reste pour ma part stupéfait devant cet amoncellement de critiques, largement unanimes, de la part du corps journalistique face à ce que je considère comme une règle fondamentale et nécessaire à tout débat démocratique, digne de ce nom. Qu'un tel principe soit ainsi mis en cause traduit bien, à mon sens, le terrible déni démocratique dans lequel s'est installée toute une partie de ce qu'on appelle les "leaders d'opinion". Est-il aussi insupportable à ces bien-pensants que pendant 15 petits jours nous puissions entendre des propos aussi différents que ceux d'Arlette Laguillier, de Philippe De Villiers, d'Olivier Besancenot ou de Frédéric Nihous ? Ces propos, parfois baroques, souvent radicaux, menaçent-ils à ce point notre démocratie qu'ils ne devraient pas avoir voix au chapitre ne serait-ce que tous les 5 ans ?

Ou alors, qu'on aille jusqu'au bout de la logique que sous-tend ce type de réactions, qu'on dise clairement qu'on veut empêcher l'expression de ces courants d'opinion que sont le troskisme ou le souverainsime et que l'on supprime le 1er tour de l'élection présidentielle ! On en arrivera alors à ce que bien des observateurs appelent de leurs voeux en vérité : le bipartisme. Mais ce serait, je crois, au prix d'un nouveau et profond rejet de la politique de la part de plus en plus de citoyens. Quel mépris de la diversité et du pluralisme qui devraient pourtant animer ces honorables plumes, lesquelles n'ont par ailleurs de cesse de crier à la défense de la liberté de la presse. Mais de quelle liberté s'agit-il au fond ? De celle des journalistes eux-mêmes ou de quelques censeurs seuls habilités à faire le tri entre bons et mauvais, petits et grands candidats ? Liberté au nom de laquelle Arlette Chabot impose d'inviter Nicolas Sarkozy au journal de 20 heures de France 2  juste avant cette période d'égalité parfaite ou qu'elle lui déroule le tapis rouge pendant 3 heures dans "A vous de juger", là aussi juste avant que ne s'ouvre une période de contrôle par le CSA des temps de parole ?

Je ne crois pas qu'en cette période de concentration inédite de la presse nationale et régionale aux mains de quelques grands groupes industriels, la liberté et le pluralisme soient des valeurs si bien ancrées que nous puissions nous dispenser de ces 15  jours d'égalité absolue. Je suis même sûr du contraire. N'en déplaise à ceux qui nous expliquent que , ce faisant, la démocratie est en danger !

10 avril 2007

Pourquoi Ségolène peut (encore) gagner

medium_ségo.jpgA moins de deux semaines du premier tour de l'élection présidentielle, n'en déplaise à ceux qui pensent que les jeux sont faits, je persiste et signe : la victoire de Ségolène Royal est non seulement possible ; elle est même probable.

Voici pourquoi.

1. Elle tient bon.

J'ai déjà eu l'occasion de dire ici que la stratégie de dénigrement systématique initiée par Nicolas Sarkozy et ses partisans à l'encontre de la candidate socialiste pouvait paradoxalement la renforcer dans l'image d'une femme forte et courageuse. Bravant les embuches de toute sorte et les pronostics plus sombres les uns que les autres des analystes politiques, Ségolène Royal , malgré les critiques et les fluctuations, a su, tout au long de cette longue campagne, se maintenir à flot et surtout maintenir un certain nombre de ses positions, contre l'avis même de certains ténors socialistes.

2. La peur d'un 21 avril bis va jouer en sa faveur

Nul doute qu'une grande partie des électeurs de gauche ne prendra pas à nouveau le risque d'une qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour. Or, rien aujourd'hui ne permet d'affirmer avec certitude l'absence d'un tel risque. Ségolène Royal devrait donc largement profiter de ce réflexe du "vote utile"; lequel sera martelé jusqu'aux dernières heures de la campagne par le PS et certains médias.

3. Nicolas Sarkozy est surestimé

Je suis prêt à prendre tous les paris : Nicolas Sarkozy sera, au soir du 22 avril, plus proche des 20% que des 30%. D'abord parce que s'il a su rassembler son camp, le candidat UMP suscite beaucoup de réserves y compris auprès des électeurs traditionnels de droite ; lesquels viennent alimenter le vote Bayrou. Ensuite parce que nombre de sondés qui annoncent vouloir voter pour Sarkozy s'apprêtent en réalité à voter Le Pen. En ce sens, la stratégie de virage à droite initiée ces dernières semaines par le candidat UMP après ses appels du pied à la gauche, est une erreur. Elle vient renforcer les inquiétudes qu'il suscite auprès de l'électorat modéré et conforte les électeurs frontistes dans leur choix, selon le vieil adage que les électeurs préfèrent toujours l'original à la copie. Par ailleurs, tout à l'activisme de l'ex ministre de l'interieur, on en oublierai presque les piteux résultats électoraux réalisés ces dernières années par Nicolas Sarkozy : il mena à la déroute la liste RPR aux européennes de 1999, n'empêcha nullement le "21 avril à l'envers" des régionales de 2004, tandis que sa contribution à la campagne référendaire en mai 2005 ne fit pas gagner une voix au oui. Alors, prudence...

4. Jean-Marie Le Pen est sous-estimé

Là aussi, je suis prêt à prendre tous les paris : Le Pen fera le 22 avril au moins autant de voix qu'en 2002. Tout simplement parce qu'aucune des causes de son accession au second tour il y a cinq ans n'ont disparues ; la situation a même eu tendance à s'aggraver. Les électeurs du FN sont parmi les plus sûrs de leur choix et ils revendiquent de plus en plus ouvertement leur vote. Le score en pourcentage du FN dépendra donc du niveau de mobilisation et de celui des autres candidats.

5. Il demeure 18 millions d'indécis

Autant dire que cela relativise complètement les chiffres des sondages qui nous annoncent à longueur de journée la future et inéluctable victoire de Nicolas Sarkozy. En vérité, la clef du scrutin réside principalement dans la capacité des candidats à mobiliser leur camp. Le déplacement de quelques centaines de milliers de voix peut donc changer complètement l'issue du scrutin et en particulier la physionomie du second tour, puisque la qualification se jouera entre 20 et 25 %.

6. La peur de Sarkozy

Rarement un candidat sérieux à l'élection présidentielle n'aura suscité autant de craintes, de réprobations, voire de haine de la part de toute une partie des citoyens. Une image dont Nicolas Sarkozy, malgré ces efforts, ne parvient pas à se défaire. Dès lors, dans une configuration où il accéderait au second tour, l'appel à un "tout sauf sarkozy" pourrait se révéler redoutablement efficace. Là encore, n'en déplaise aux sondages, je suis convaincu que Ségolène Royal peut battre Nicolas Sarkozy au second tour parce qu'elle incarne beaucoup plus le rassemblement et la confiance que le candidat UMP. En fonction des résultats au soir du 22 avril, c'est une tout autre campagne qui va s'engager pendant les quinze jours de l'entre deux tours. Autant dire que les sondages sur le second tour n'ont aucun sens tant qu'on ne connaît pas les résultats du premier. Ségolène Royal première au premier tour et enclanchant ainsi une nouvelle dynamique de second tour ? Rien d'invraisemblable... Lionel Jospin arriva bien en tête lors du 1er tour en 1995 alors que la gauche n'était même pas sûre d'être présente au second tour. Ségolène pourrait en tous cas bénéficier du report de voix de certains électeurs de François Bayrou, effet là encore du "tous sauf sarko".

Bref, tous ceux qui pensent que l'élection est pliée feraient mieux de se méfier... et de voter, car jamais l'expression "chaque voix comptera" n'aura été si exacte.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu