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07 avril 2007

Mes 10 bonnes raisons de voter Ségolène le 22 avril

medium_imagesCA6LEF17.jpgIl paraît qu'à Pâques, ça discute politique dans les chaumières et que l'heure de la "cristallisation", comme disent les spécialistes, n'est pas loin. Alors, entre deux bouchées de chocolat, je vous livre mes 10 bonnes raisons de voter pour Ségolène Royal le 22 avril. Il y en a sans doute bien d'autres. N'hésitez pas à faire vos commentaires...

1. Elle veut faire de la politique autrement

Démocratie participative, mandat unique pour les parlementaires, réforme du Sénat, suppression de l'article 49-3, renforcement des pouvoirs du Parlement, introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale pour une meilleure représentation des Français dans leur diversité, référendum d'initiative populaire, véritable décentralisation dotée des moyens correspondants... Ségolène Royal est la seule à proposer l'avènement d'une véritable 6ème République.

2. Elle place l'éducation au coeur de son projet présidentiel

Création d'un service public de la petite enfance car c'est dès cet âge que se construisent les inégalités, restauration des moyens humains supprimés par la droite, augmentation des crédits consacrés à l'enseignement supérieur pour les porter à la moyenne des pays européens, soutien individuel gratuit pour tous les élèves qui en ont besoin, doublement en cinq ans du budget de la recherche.

3. Elle veut promouvoir une nouvelle politique sociale

Il faut donner aux salariés de nouveaux droits pour leur permettre de faire mieux face aux évolutions économiques de plus en plus rapides : c'est la sécurité sociale professionnelle qui apportera à la fois une souplesse aux entreprises et de nouvelles garanties pour les salariés privés d'emploi (90% de leur dernier salaire pendant 1 an ; formation et suivi individualisé). Les personnes licenciées pourront ainsi rebondir plus vite. Cela passe également par la promotion d'un meilleur dialogue social pour sortir notre pays de l'affrontement permanent. Une conférence sociale annuelle permettra ainsi de mettre sur la table toutes les grandes questions auxquelles nous avons à répondre : pouvoir d'achat, réforme des retraites, financement de la sécurité sociale....  Dans les entreprises, aucun accord ne pourra être ratifié s'il n'est pas approuvé par une majorité de salariés consultés par référendum.

4. Elle veut soutenir les entreprises qui investissent

Pour améliorer la croissance et créer des emplois, nous avons besoin d'entreprises qui investissent et qui se développent. Ségolène Royal est la seule qui propose de revenir sur les baisses de charges accordées sans condition aux entreprises et de moduler l'impôt sur les bénéfices selon que ceux ci sont réinvestis ou versés aux actionnaires.

5. C'est la candidate la plus crédible en matière d'environnement

Une agence indépendante a récemment évalué les programmes des candidats en matière d'environnement. En dehors de Dominique Voynet et de José Bové, c'est Ségolène Royal qui obtient la meilleure note, loin devant François Bayrou et Nicolas Sarkozy, bon dernier. Elle veut ainsi mettre en place une "taxe-carbone", rendre effectif le principe "pollueur-payeur", atteindre d'ici 5 ans 20% d'énergies renouvelables ou bien encore introduire de nouvelles normes écologiques pour les futures constructions.

6. Elle seule peut tenir un discours d'équilibre sur la sécurité

Cinq ans de politique Sarkozy signent l'échec d'une politique axée uniquement sur le tout répressif. On sait bien qu'il faut pour lutter efficacement et durablement contre l'insécurité agir sur les deux éléments : prévention et répression. Ségolène Royal ne peut en aucun cas être accusée de laxisme : contre une partie de son propre camp elle a imposé l'idée de centres fermés pour les mineurs récidivistes. Sa politique tient autour de 3 éléments clefs : restauration d'une police de quartier, seule à même de restaurer un climat de confiance entre la population et sa police ; sanction rapide et proportionnée à chaque acte de délinquance, dès le premier ; aide à la parentalité pour les parents dépassés.

7. Elle seule fait le lien entre le oui et le non au TCE

On ne relancera pas la construction européenne en méprisant le vote des Français, comme veut le faire Nicolas Sarkozy avec son projet de mini-traité qu'il ferait ratifier par le Parlement. On ne réconciliera pas les Français avec l'idée européenne si on ne tient pas compte du message émis lors du référendum : les Français veulent d'une Europe plus protectrice et mieux définie dans ses frontières et ses objectifs. Seule Ségolène Royal a sû intégrer cette dimension dans ses propositions : réforme des missions de la BCE pour qu'elle prenne enfin en compte l'emploi et la croissance dans sa politique monétaire ; révision des critères de stabilité pour en retirer les dépenses d'avenir (innovation, recherche, éducation...) ; rétablissement d'un tarif extérieur commun pour mieux protéger les entreprises européennes de la concurrence étrangère déloyale. En tout état de cause, un nouveau traité sera soumi à l'approbation des Français par référendum.

8. Elle prone un Etat moderne et économe

La candidate l'a réaffirmé à plusieurs reprises : l'ampleur des déficits publics nécessitera une attention de tous les instants à l'utilisation des deniers publics. Chaque euro dépensé doit être un euro utile. Pour ce faire, la nouvelle répartition des compétences entre les collectivités, et notamment en faveur des Régions, s'accompagnera d'une réduction des effectifs dans les administrations d'Etat. Le budget de l'Etat sera soumi au contrôle de la commission des finances de l'Assemblée nationale dont la présidence reviendra à l'opposition.

9. Choisir Bayrou serait un non sens

Il est contre tout le monde mais il veut gouverner avec tout le monde ; ses seuls soutiens viennent de la droite ; il fait de la réduction de la dette l'alpha et l'oméga de sa politique mais ne dit pas comment ; son idée de deux emplois sans charge créera des effets d'aubaine pour des milliers d'entreprises qui se portent bien ; il caresse les profs dans le sens du poil mais à soutenu les suppressions de moyens décidées par les gouvernements Raffarin et Villepin; ministre de l'éducation, il a voulu supprimer la loi Faloux pour donner plus d'argent public à l'école privée ; il a voté contre la loi sur l'interdiction des signes religieux ostensibles à l'école ; il prétend vouloir la 6ème république mais veut en vérité renforcer la 5ème  ; bref, Bayrou ce serait le contraire du changement.

10. Sarkozy me fait peur

Il a échoué sur la sécurité (+17% de violences aux personnes ces 5 dernières années) ; il a livré le Conseil représentatif du culte musulman aux obédiences les plus radicales en refusant tout vote démocratique ; il veut revenir sur la loi de 1905 et ne cache pas que pour lui les religions sont un facteur de pacification des quartiers difficiles ; il défend la valeur travail mais propose de supprimer tous les droits de succession et l'ISF c'est-à-dire de soutenir les rentiers ; il veut aligner la France sur le modèle ultra-libéral anglo-saxon ; il conspue à l'étranger la prétendue arrogance française parce que nous avons eu le courage de nous opposer à la guerre en Irak  ; il prétend que nous pourrons travailler plus pour gagner plus comme si les salariés pouvaient choisir la durée de leur temps de travail ; il veut renforcer les pouvoirs du président déjà exhorbitants ; il a exigé et obtenu de ses amis patrons de presse le limogeage du directeur de la rédaction de Paris Match ou la non parution d'un ouvrage consacré à sa relation avec Cécilia ; il n'hésite pas à insulter des journalistes de France 3 qu'il promet de virer une fois élu ; enfin je ne crois pas qu'il soit bon d'élire comme président un homme quasiment interdit de séjour dans certains quartiers en raison de ses excès.

Enfin, je rajouterai une 11ème et dernière bonne raison : je ne veux pas d'un 21 avril bis ! Vous avez observé le ton de la campagne ces derniers jours et l'air débonnaire de Jean-Marie Le Pen et de sa fille Marine ? Oseriez vous prétendre qu'il n'y a absolument aucun risque que le FN accède au second tour ? Je serais vous, je serais moins affirmatif...

Allez, bonne réflexion ! 

04 avril 2007

Oui il faut supprimer la carte scolaire

medium_cartescolaire.jpgLa question de la carte scolaire fait partie de ces débats récurrents qui reviennent régulièrement au premier plan dans la campagne. Libération, dans son édition du 3 avril, consacre ainsi une pleine page aux propositions des candidats en la matière. Où l'on apprend, pour faire court, que Nicolas Sarkozy veut la supprimer purement et simplement et laisser ainsi le libre choix aux familles ; que Ségolène Royal veut simplement la réformer avec des périmètres élargis pour que les familles puissent choisir entre 2 ou 3 établissements ; enfin que François Bayrou refuse d'y toucher, ne serait-ce que pour en respecter le symbole.  

A mon sens, aucune de ces approches n'est réellement satisfaisante. Celle de Nicolas Sarkozy ne ferait qu'accentuer la concurrence et donc les inégalités entre établissements. Celle de Ségolène Royal ne prend pas la juste mesure du problème et risque donc de ne pas répondre pleinement à l'enjeu de la préservation, voire de la restauration de la mixité sociale. Celle de François Bayrou enfin semble davantage dictée par des considérations de marketing politique : ne pas effaroucher le milieu enseignant et donc surtout ne toucher à rien, au risque de laisser la situation empirer.

Je reste, pour ma part, convaincu qu'il faut supprimer la carte scolaire. Née d'une belle idée, elle ne fait aujourd'hui qu'entériner les ghettos qui se sont constitués dans les différents quartiers de nos villes. Or, on sait que mettre à bas ces processus de ségrégation spatiale mettra de nombreuses années et nécessitera d'énormes efforts. Autant dire que pendant ce temps, la carte scolaire ne fait que renforcer ce phénomène d'apartheid et de reproduction sociale. D'où l'absolue nécessité d'en sortir rapidement.

Bien sûr, il ne suffit pas de réclamer la suppression de la carte scolaire. Il faut dire par quoi la remplacer (sinon c'est la loi de la libre concurrence appliquée au marché scolaire) pour promouvoir une véritable mixité sociale.

Le seul système qui me semble à la fois juste, efficace, pragmatique et aisément applicable, c'est le tirage au sort. Les périmètres d'affectation des collèges et surtout des lycées seraient considérablement élargis, y compris en mêlant établissements de centre ville et établissements situés en périphérie. A charge pour les collectivités locales de mettre en place les systèmes de transport scolaire idoines. Mais soulignons que là où le problème se pose avec le plus d'acuité, c'est-à-dire en région parisienne, il existe déjà un réseau de transports en commun très dense et donc largement accessible. Il va de soi que la mise en place de ce système (déjà expérimenté dans d'autres pays comme en Grande-Bretagne) irait de pair avec l'interdiction claire et nette de procéder à toute sélection d'entrée dans les lycées publics. La façon dont des établissements comme Henry IV ou Louis Le Grand choisissent littérralement leurs élèves est tout simplement inacceptable et par ailleurs contraire à la loi.

Une autre solution pour réinstaurer de la mixité sociale consisterait à doter les établissements aujourd'hui dévalorisés de filières d'excellence (options valorisées, classes prépa...). Cette solution, préconisée par plusieurs candidats, n'est évidemment pas à négliger. Sous réserve qu'elle corresponde à de vraies filières, répondant à des besoins spécifiques. En clair, qu'il ne s'agisse pas d'ouvrir, par exemple, des prépas de second rang tout en maintenant le même type de classe dans l'établissement voisin de centre-ville !

Bref, ici comme ailleurs, il faudra plus que de simples bonnes intentions et aussi beaucoup de courage politique pour engager les réformes efficaces dont nous avons besoin.

03 avril 2007

Ils feraient mieux de se taire !

medium_barroso.jpgLa Commission européenne n'apprécie pas la tonalité de la campagne présidentielle française et elle le dit !

Il faut lire cet hallucinant article paru dans le Monde d'hier soir. Voici un florilège des critiques adressées par nos éminents membres de la Commission européenne à l'encontre de notre campagne électorale :

"Parfois, j'entends des arguments qui ne tiennent pas compte de la réalité économique, qui ignorent ce qui est en train de se passer dans les économies européennes", explique le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires.

"La Banque centrale doit être indépendante. On ne peut pas lui donner des instructions précises parce que cela pourrait mettre en cause la crédibilité de l'euro."  rappelle de son côté le président de la Commission, José-Manuel Barroso.

Mme Kroes, la commisaire chargée de la concurrence, s'est dite de son côté "choquée" de lire que le candidat UMP souhaitait "davantage de champions nationaux et davantage de protectionnisme". Selon la commissaire, qui s'exprimait à Berlin dans une conférence de presse, "il est obsolète de parler de champions nationaux, il est obsolète de parler de protectionnisme".

On reste pantois devant tant d'arrogance et de cécité. Tenez-le vous donc pour dit : il n'est pas permis de critiquer la politique de la Banque Centrale Européenne ou l'obsesion de la libre concurrence sans se faire traiter au mieux de démagogue au pire de populiste par nos commissaires européens. Tant pis si ces derniers n'ont aucune légitimité politique, de celle que confère par exemple le suffrage universel, et si, ce faisant, ils s'autorisent une insupportable ingérence dans la politique intérieure d'un pays membre quand ils devraient s'astreindre, en simples serviteurs des instances européennes, à la plus élémentaire réserve.

La Commission voudrait ruiner définitivement l'idéal européen aux yeux des Français qu'elle ne s'y prendrait pas autrement. Abstenez-vous de grâce, mesdames et messieurs de la commission ! N'avez-vous donc rien compris ni rien appris des non français et néerlandais ? Tenez-vous donc à bloquer définitivement la construction européenne par votre mépris à l'égard de la démocratie et de toute idée qui sorte un peu de vos dogmes libéraux ? Alors oui, taisez-vous sinon je crains que la colère des peuples, et pas seulement français, ne se fasse entendre avec davantage de force et de rage. L'Union européenne n'y survivrait pas et vous en seriez directement responsables !

01 avril 2007

A quoi sert le Sénat ?


medium_sénat.gifSégolène Royal a réaffirmé que si elle était élue à l'Elysée, le Sénat serait «réformé» et «démocratisé». Avant d’ajouter qu'à titre personnel, «cela ne l'aurait pas gênée de supprimer le Sénat».

Au même moment, on pouvait découvrir sur le site du Sénat l'importante information qui suit :

 



Le Sénat et le Comité Saint Germain des Prés
invitent les enfants à une grande chasse à l'oeuf
au Jardin du Luxembourg

 

Cette année encore, le quartier Saint Germain des Prés saluera joyeusement Pâques en partenariat avec le Sénat et la Mairie

du VIe arrondissement. Le mercredi 4 avril 2007, de 14 h à 16 h 30, une grande chasse à l'oeuf sera ouverte dans le Jardin du Luxembourg.

1500 oeufs de Pâques en chocolat seront distribués aux enfants préalablement inscrits en échange des indices cachés dans le Jardin du Luxembourg.

Au terme de cette recherche, un tirage au sort permettra à un petit chasseur de recevoir un gros oeuf "gourmand" de Pâques.

Notre invité, Casimir, remettra les cadeaux aux gagnants en présence de M. François Zocchetto, Sénateur de la Mayenne , représentant M. le Président du Sénat et de M. le Maire du VIè arrondissement, Jean-Pierre Lecoq.

Chasse à l'oeuf dans le Jardin du Luxembourg :
Pour plus d'informations ou pour les inscriptions : tél. 01 45 49 08 38
www.junior.senat.fr

CQFD !

25 mars 2007

Oui à la 6ème République... mais laquelle ?

medium_6èrépublique.jpgEn se prononçant clairement, dimanche dernier, pour l'avènement d'une 6ème République, Ségolène Royal a marqué, à l'évidence, un tournant dans la campagne électorale. L'évolution - fut-elle purement sémantique - mérite d'être soulignée s'agissant de la candidate d'un parti qui s'était toujours refusé à afficher une telle ambition en matière de réforme institutionnelle. Quelle belle revanche, en tous cas, pour Arnaud Montebourg et ses partisans un an et demi après le funeste Congrès du Mans qui avait vu l'unité du PS se faire contre l'idée de 6ème République.

En utilisant cette expression, Ségolène Royal a surtout l'immense mérite de replacer la question institutionnelle au centre du débat électoral et d'obliger chaque candidat à se prononcer clairement sur le sujet.

Sans surprise, Nicolas Sarkozy a moqué cette volonté de changer de République, estimant que là n'était pas la vraie préoccupation des Français et qu'il préférait parler emploi, pouvoir d'achat, sécurité ou immigration. Il est vrai que tout à sa tradition bonapartiste, le candidat UMP se coulera sans déplaisir dans les institutions de la Vème dont il propose même de renforcer le caractère présidentiel.

 A ce propos, clarifions le débat. Il est clair que le passage à une 6ème République, que nous sommes aujourd'hui nombreux à appeler de nos voeux, ne peut constituer l'alpha et l'oméga de toute politique, ni contribuer à régler tous nos problèmes. Ce qui est tout aussi clair c'est que l'état de délabrement atteint aujourd'hui pas les institutions de la Vème République - lequel se manifeste depuis 20 ans dans la montée inexorable de l'abstention ou des votes extrêmes qui sont autant d'expressions d'une défiance des citoyens français à l'encontre de leur système politique - contribue grandement à déteriorer la situation de notre pays dans la mesure où il ne permet plus de faire émerger des solutions élaborées démocratiquement et approuvées majoritairement.

On présente souvent la Vème République comme un modèle de stabilité politique. Mais ce n'est plus vrai depuis longtemps. Pas une majorité parlementaire n'a été reconduite en 25 ans. Nous avons usé 11 Premier-ministres depuis 1981. Chacun a gouverné en moyenne 2 ans et 4 mois. Vous avez dit stabilité ?  On voit bien que la Vème République, parce qu'elle concentre les pouvoirs dans les mains d'un président irresponsable politiquement, qu'elle réduit le Parlement à une simple chambre d'enregistrement sans réel pouvoir d'élaboration de la loi et de contrôle de l'exécutif ou qu'elle ne permet pas une bonne représentation de la société française dans toute sa diversité (opinions, catégories sociales, origines, âge...), provoque un rejet de la part d'une partie grandissante des citoyens et donc un blocage de la société. Les résultats des deux dernières élections présidentielles, pourtant présentées comme la clef de voute de nos institutions, en témoignent. Quelle légitimité peut bien avoir un président élu avec moins d'un suffrage exprimé sur cinq au premier tour ? Quasiment aucune. Pas étonnant dès lors que toute vélléité de réforme soit aussitôt contestée dans la rue.

Dès lors, l'avènement d'une 6ème République apparaît bien comme une condition nécessaire, même si elle n'est pas suffisante, pour permettre de véritables changements économiques et sociaux dans notre pays. Redonner aux citoyens français confiance en leur système de représentation est un préalable absolument indispensable pour élaborer les nouveaux compromis sociaux sans lesquels nous ne pourrons jamais réussir des réformes aussi indispensables que celles des retraites, de l'éducation ou de notre système de protection sociale.

Mais encore faut-il s'entendre sur le contenu de cette "6ème République". Or, s'il en revendique également le terme, la 6ème République de François Bayrou est très différente de celle proposée par Ségolène Royal et a fortiori de celle que défendent les communistes ou les verts. Certes, le candidat de l'UDF propose un renforcement des pouvoirs du Parlement... cela ne mange pas de pain et ses propositions en la matière demeurent plutôt timorées (pas de suppression par exemple du 49-3). Mais la réforme proposée par Bayrou consiste, pour l'essentiel, en un effacement de la fonction du Premier-ministre et en un renforcement du rôle du Président. Bref, le candidat de l'UDF propose d'accentuer  la dérive présidentialiste de nos institutions qui constitue pourtant sa plaie la plus mortelle pour la démocratie dans notre pays. Si au moins François Bayrou allait jusqu'au bout de sa logique en proposant une sorte de régime présidentiel à l'américaine (régime qui au demeurant n'existe dans aucun pays européen). Mais cela impliquerait notamment qu'il supprime le droit de dissolution du président de la République, ce dont il se garde bien. La tribune du député européen UDF Jean-Louis Bourlanges parue récemment dans le Monde est parfaitement éclairante sur la vision et la stratégie de Bayrou : c'est une véritable ôde à la Vème République. Pour la bonne et simple raison que seule la Vème République finissante et son élection présidentielle défouloir peut permettre à un candidat comme François Bayrou d'accéder à la plus haute fonction sans l'appui d'une grande formation politique et tout en avoisinant les 20% des suffrages exprimés au 1er tour.

Ségolène Royal est donc la seule à proposer une authentique 6ème République d'inspiration parlementaire et les attributs qui l'accompagnent : mandat unique pour les parlementaires, renforcement des pouvoirs du Parlement, suppression de la possibilité de recourir à l'article 49-3 (vote bloqué) pour les lois ordinaires, obligation pour le Premier-ministre de solliciter la confiance de l'Assemblée nationale, augmentation du nombre de commissions pour améliorer le travail parlementaire, reconnaissance d'un véritable statut de l'opposition qui présidera la commission des finances, développement des possibilités de créer des commissions d'enquête pour mieux contrôler l'action du gouvernement, réforme du mode d'élection des sénateurs, introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale, suppression du droit de veto du Sénat en matière de réforme constitutionnelle... Le tout devant figurer dans un proposition de révision constitutionnelle qui sera soumise à référendum dans les 6 mois après l'élection présidentielle.

Est-ce suffisant ? Une telle transormation serait du jamais vu depuis 1958, comparée aux nombreuses modifications qu'a déjà connu notre Constitution. Elle entrainerait des changements profonds dans le mode de fonctionnement de notre système politique qui deviendrait ainsi plus démocratique et plus représentatif de la diversité des opinions et du peuple français. Demeure à proprement parler la question de la répartition des pouvoirs entre président de la République et Premier-ministre. Réduire ceux du premier - notamment en matière de nominations aux postes de responsabilité dans la haute fonction publique - et renforcer ceux du second rapprocherait nos institutions d'un véritable régime parlementaire tel que le connaissent avec succès la plupart des pays européens. Ce sera là l'un des enjeux de la future campagne référendaire. Si toutefois Ségolène Royal est élue présidente bien sûr !

Sur toutes ces questions, je vous invite à consulter l'excellent site de la Convention pour la sixième République, dont je fais partie et qui milité depuis plusieurs années pour l'avènement d'une véritable 6ème république primo-ministeriel.

 
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