Avertir le modérateur

20 janvier 2007

Du bon usage des sondages

medium_h_1_ill_845843_hulot.jpgSurprenant comme on peut tout faire dire aux chiffres. Le Parisien d'aujourd'hui publie un sondage sur le souhait des Français de voir Nicolas Hulot être candidat à l'élection présidentielle. Résultat : 59% des personnes interrogées ne souhaitent pas qu'il soit candidat et 40% sont d'un avis contraire. Etonnemment, Le Parisien fait sa une sur "40% desfrançais pour une candidature de Nicolas Hulot" ! Qui disait "les premiers seront les derniers" ?

Trou d'air or not trou d'air ?

medium_120px-Lufthansa_A340-600_D-AIHF.jpgMais puisqu'on vous le dit qu'il y a un trou d'air dans la campagne de Ségolène Royal ! Si Jean-Michel Apathie l'annonce, qu' Alain Duhamel le répète et que Serge July le bloggue, allez vous continuer à nier l'évidence (médiatique) ? De toutes façon, on vous avait prévenu... la bulle ségolène ne résisterait pas longtemps aux évidences de la réalité et son inaptitude à exercer les plus hautes fonctions ne tarderait pas à apparaître au grand jour ! Tout cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Oui, la campagne interne au parti socialiste pendant laquelle les rivaux de Ségolène n'ont cessé d'annoncer sa chute imminente avant d'être confrontés à une autre dure réalité, celle du vote des militants et ses 61% en faveur de la candidate Royal. Voilà qui devrait inciter à la prudence nos éminents commentateurs politiques. Mais ils rongent leur frein depuis de si longues semaines qu'on peut bien leur laisser quelques jours d'espoirs... avant que le vent médiatique n'ait soufflé dans une autre direction !

On notera avec intérêt que la notion de "trou d'air" est apparue sitôt le Congrès d'intronisation de Nicolas Sarkozy achevé. On pouvait ainsi entendre dès dimanche dernier en fin d'après-midi sur LCP un journaliste de Libération énoncer que la dynamique avait subitement changé de camp et que Ségolène Royal allait devoir rapidement réagir si elle ne voulait pas être durablement distancée. Sans doute notre commentateur avait-il été largement impressionné par la foule en délire présente au palais des expositions ce jour là. Combien étaient-ils déjà ces valeureux militants UMP ? 80 000, 100 000 comme l'indiquaient le soir même radios et télés ? Non, pas plus de 25 000 comme le révélait Le Canard enchaîné dans son édition de mercredi. Des chiffres qu'aucun journaliste n'avait visiblement pris la peine de vérifier et sur lesquels, bien sûr, personne n'est revenu. La fête était si belle et la dynamique (définitivement ?) installée !

Droit au logement opposable : une chimère ?

medium_164373.jpgLes bons sentiments font rarement les bonnes politiques. En voici un nouvel exemple en ce début d’année avec la question des sans abri et du droit au logement opposable.
La bonne volonté des "Enfants de Don quichotte" n’est evidemment pas en cause. Leur action est juste, nécessaire et utile. Les réponses apportées par nos dirigeants laissent toutefois songeur. Dire qu’il aura fallu attendre la douzième et sans doute dernière année de son mandat pour que Jacques Chirac découvre le problème et appelle son gouvernement à agir ! Malheureusement, le droit au logement opposable apparaît comme une fausse bonne idée. On ne sait à peu près rien des conditions dans lesquelles les citoyens pourront traduire en justice les autorités publiques qui ne leur auraient pas trouvé un logement mais il y a fort à parier que ce seront les collectivités locales qui devront assumer seules ce nouveau droit ; façon pour l’Etat de se défausser une nouvelle fois de ses responsabilités et de renforcer la dualité entre communes pauvres et communes riches.
Cette affaire illustre le double errement auquel nous sommes malheureusement habitués en France. Le premier selon lequel il suffirait de faire une nouvelle loi pour régler un problème. L’arsenal législatif existe pourtant : obligation de construire 20% de logements sociaux dans toutes les communes ; possibilité de réquisionner les logements vacants... encore faut-il avoir le courage de faire appliquer ces dispositions. Nicolas Sarkozy est paraît-il un fervent défenseur du droit au logement opposable... que ne le met-il pas en oeuvre dans sa bonne ville de Neuilly qui compte moins de 3% de logements sociaux !
Le deuxième errement c’est le mouvement de judiciarisation de la société et donc corrélativement l’effacement du politique. Là aussi on reste songeur car quel citoyen aura réellement les moyens d’ester en justice pour faire valoir son droit au logement ? comment l’institution judiciaire s’y prendra-t-elle pour faire appliquer ses décisions ? Autant de questions qui restent sans réponse...

Sarkozy champion des catégories populaires ?

medium_nicolas-face-avec-cravate.jpgAu lendemain de l’intronisation de Nicolas Sarkozy comme candidat à l’élection présidentielle, Libération annonçait en pleine une que, selon une étude de l’institut de sondage LH2, le champion de l’UMP arrivait désormais en tête pour défendre les intérêts des classes populaires. Etonnant quand on sait qu’un mois plus tôt le même journal désignait la candidate socialiste loin devant Nicolas Sarkozy comme représentant le mieux les catégories populaires. Mais en ouvrant le journal et en lisant plus en détail le sondage considéré, on comprenait d’où venait cette subite transformation. Pas seulement du silence supposé de Ségolène Royal sur la question des sans logis comme l’analysait Libération mais bien plutôt par un étrange et singulier changement dans le mode d’administration du sondage. En décembre, les personnes intérrogées n’étaient appelées à choisir qu’entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal pour désigner le candidat représentant le mieux les aspirations des catégories populaires. La candidate socialiste était alors sortie grande gagnante. Dans cette nouvelle édition du baromêtre de Libération, la plupart des candidats déclarés ont été testés. Résultat : si Nicolas Sarkozy arrive en tête c’est avec seulement 19% (de personnes qui considèrent qu’il défend le mieux les intérêts des catégories populaires), Ségolène Royal arrive en deuxième position avec 15% ; les autres candidats suivent dans un étiage sensiblement proche. Si l’on tient compte des marges d’erreur dans ce type d’enquête ( plus ou moins 2% ), les deux candidats apparaissent en réalité à égalité. Autant dire qu’il est bien difficile de tirer une quelconque conclusion sérieuse d’un tel sondage. Cela n’a pourtant pas empêché Libération - journal pourtant censé être de gauche - d’annoncer en une que Nicolas Sarkozy était désormais le champion des catégories populaires. Les journalites de Libé auront sans doute été impressionnés par la démonstration de force du ministre de l’intérieur lors du congrès de l’UMP. Un membre éminent de la rédaction n’indiquait-il pas d’ailleurs le soir même sur une chaîne du câble que Nicolas Sarkozy avait désormais rattrapé son supposé retard sur Ségolène Royal et que cette dernière allait devoir désormais répondre sans tarder si elle ne voulait pas être durablement distancée distancée  ? Une analyse d’ailleurs reprise dès le lendemain par Libé et la plupart des éditorialistes. Sur le fond en revanche, on regrettera que ces mêmes journalites n’aient guère décortiqué lesles propositions du candidat de l’UMP et surtout qu’ils ne les aient pas confrontés aux déclarations et aux actes souvent contradictoires du ministre de l’intérieur tout au long de ces 4 dernières années !

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu