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27 juin 2007

PS : vous avez dit rénovation ?

medium_ps.jpgDepuis le Conseil national du PS samedi dernier, j'hésite entre rage et désespoir.

Pour la troisième fois consécutive, mon parti vient de perdre l'élection présidentielle et que s'empresse-t-il de faire ? Réaffirmer sa confiance, à la quasi unanimité, à son premier secrétaire François Hollande et reconduire au poste qu'il occupe depuis 10 ans Jean-Marc Ayrault comme président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale (même si ce dernier n'a pas démérité et que son idée de "shadow cabinet" est plutôt une bonne chose).

Pourtant, au lendemain du 6 mai, tout le monde n'avait qu'un mot à la bouche : rénovation. Le soir même du second tour, Dominique Strauss Kahn n'avait pas de mot assez dur à l'encontre du premier secrétaire, accusé de porter une lourde responsabilité dans la défaite des socialistes.

Et à quoi assiste-t-on lors de ce conclave aux allures de sombre farce ? A une énième combinaison d'appareil comme le PS en est hélas coutumier où par des alliances aussi baroques que conjoncturelles tout ce petit monde se met d'accord pour ne surtout rien changer. La motion adoptée à la quasi unanimité par le Conseil national, pseudo Parlement du parti, est digne des pires temps de la SFIO. Dans un grand élan de prise de conscience collective, les dirigeants du parti ont en effet pris la courageuse décision de constituer une "commission de la rénovation" chargée de plancher sur la question d'ici le prochain Congrès maintenu à l'automne 2008. On reste coi devant une telle irresponsabilité et une telle cécité. Et dire que les partisans de DSK et de Fabius, hier ennemis intimes, n'ont pas hésité un instant à se coaliser pour maintenir à son poste un François Hollande tant honni par ceux là même !

Car en vérité tout est bon pour barrer la route à Ségolène Royal. C'est même devenu le seul objectif commun de cette coalition des éléphants et tant pis si le parti en sort une fois de plus exangue. 

On peut faire tous les reproches possibles à l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle. Elle a, à l'évidence, sa part de responsabilité dans l'échec du 6 mai et elle s'enorgueillerait de le reconnaître. Mais voir se transformer un conseil national en une séance de lynchage en règle de l'ex candidate est inacceptable. Surtout si cela permet d'évacuer du même coup la question de la responsabilité des leaders du parti dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils n'ont pas été d'une loyauté à toute épreuve pendant la campagne. Ségolène Royal a eu raison de ne pas assister à ce spectacle affligeant. Que François Hollande ait pu laisser faire en dit long sur son état d'esprit présent, passé et à venir.

Car, grâce à un de ces tours de passe passe dont il a le secret, notre "culbuto" national a encore berné son monde. C'est, à l'évidence, le champion des manoeuvres d'appareil. Il est clair que son annonce, il y a quelques semaines, selon laquelle il ne se représenterait pas à son poste de premier secrétaire avait tout du leurre. Usant et abusant des finesses du calendrier, il n'a qu'un objectif ; toujours le même depuis 10 ans : durer et s'imposer à l'usure, actionnant tant qu'il peut les ressorts de la prétendue préservation de l'unité du parti. Et dire que les strauss-kaniens ou les fabiusiens pensent encore pouvoir s'en débarrasser dès qu'il n'en auront plus besoin. Mais il faut être aveugle pour ne pas voir que c'est Hollande lui même qui les manipule et qu'il tirera, comme il l'a toujours fait, les marrons du feu !

Tout cela finalement arrange bien tous les potentats locaux qui constituent l'appareil du parti. Hollande leur convient très bien qui n'a jamais eu l'audace de venir sur leurs plate bandes. Après tout, le PS sort plutôt renforcé de ce cycle électoral dans les grandes agglomérations. Alors, gagner ou pas les élections nationales...

Voilà bien où nous en sommes après 10 ans de Hollandisme : un parti socialiste plus féodalisé que jamais, à la tête duquel surnage un chef sans charisme et sans pouvoir réel ; éternel plus petit commun dénominateur d'un parti dont la seule ambition semble la gestion pépère de son patrimoine électoral local.  

Oui, décidément, il n'y a plus guère de chose à attendre d'un appareil socialiste vieillissant et suicidaire. Une seule solution : tenter de noyer ce conglomérat inepte sous le flot de milliers de nouveaux adhérents pour prendre enfin les commandes du navire socialiste. La bataille s'annonce rude mais il n'y a pas d'alternative. A l'abordage !

20 juin 2007

Il faut sauver Arrêt sur images !

medium_asi.2.jpgChaque année ou presque, des rumeurs évoquaient une possible suppression d'Arrêt sur images, l'émission produite et présentée par Daniel Schneidermann sur France 5. Chaque année, depuis douze ans, l'émission était finalement reconduite.

Cette fois ci c'est officiel : ces cinquantes minutes hebdomadaires d'analyse critique de la télévision et des médias ne reprendront pas à la rentrée. Bien qu'il vante un devoir de transparence vis-à-vis des téléspectateurs, le communiqué de France 5 est plutôt laconique, se contentant d'informer que 6 émissions sur 26 ne seront pas reconduites en septembre dans un souci de "renouvellement" de la grille des programmes et de concurrence exacerbée avec l'essor des nouvelles chaînes de la TNT. Une information que l'animateur-producteur avait annoncé il y a plusieurs jours sur son blog et qui se voit donc aujourd'hui confirmée.

Nul doute que cette annonce devrait susciter pas mal de polémique dans les jours à venir, tant la question d'une éventuelle mainmise des pouvoirs politique et économique sur la liberté d'informer est devenue criante dans notre pays.

Alors, sommes nous en face d'une décision légitime d'une chaîne de télévision dans le cadre de sa responsabilité éditoriale ou faut-il voir dans cette suppression les premiers signes d'une forme de censure ou d'autocensure ?

Soyons clairs : qu'une émission soit appelée, après 12 ans, à évoluer plus ou moins profondément n'a rien de choquant. Surtout si, comme l'indique la chaîne, son audience s'effrite régulièrement. Sauf qu'à ma connaissance aucune proposition d'évolution n'a été faite à Daniel Schneidermann. Un changment de format ou d'horaire de l'emission aurait pû être envisagé et discuté. Or, c'est une décision brutale de suppression pure et simple qui a été préférée par la direction de la chaîne.

Concrètement, si cette décision devait être confirmée - ce qu'il y a malheureusement tout lieu de craindre - il n'y aurait plus sur la télévision française une seule émission d'analyse et de critique des médias. Au moment où chacun s'accorde à reconnaître le poids de plus en plus important des images dans la construction et le fonctionnement de notre société ; où la maîtrise de ces images constitue un élément de plus en plus déterminant pour la conquête et l'exercice du pouvoir et où les citoyens croulent de plus en plus sous le flot d'images et d'informations aux sources les plus diverses et souvent confuses, l'existence d'une émission de décryptage des médias comme l'est Arrêt sur images est absolument indispensable. C'est même une question de salubrité publique et démocratique.

On peut ne pas être toujours en accord avec le contenu ou le traitement de l'émission, on peut contester certains choix ou certaines lectures, on peut même goûter avec modération la personnalité - controversée - et le côté un peu Saint Just de Daniel Schneidermann. Mais on ne peut nier que cette emission est un formidable espace de liberté, comme il en existe peu dans notre paysage médiatique. Comment ne pas constater, en effet, que l'augmentation quantitative de l'offre télévisuelle à laquelle on assiste depuis ces dernières années, notamment avec la TNT, s'accompagne malheureusement trop souvent d'une diminution de la qualité et de la diversité réelle des programmes, au nom de prétendus impératifs d'audience. N'est-ce pas précisément la mission première d'une chaîne de service public comme France 5, financée en grande partie sur des deniers publics c'est-à-dire par nous tous, de ne pas tout sacrifier à l'audience et de jouer ce rôle à la fois civique et pédagogique ? Et comment ne pas constater le divorce qui s'installe chaque jour un peu plus entre les citoyens et les journalistes faute de la part de ces derniers d'accepter une quelconque autocritique ou tout le moins un quelconque ragard introspectif sur leur travail et les conditions de production de l'information dont ils sont eux-même bien souvent prisonnier ?

Autant par sa brutalité que sur le fond, la décision de France 5 est donc inacceptable. Qu'on le veuille ou non, Arrêt sur images est devenu aujourd'hui le symbole des trop rares espaces de liberté, d'intelligence, de débat, de confrontation et d'anlayse critiques qui subsistent dans notre société médiatique. Sa suppression, quelques semaines seulement après l'entrée en fonction d'un nouveau président de la République sur lequel pèse - à tort ou à raison - de lourds soupçons de contrôle ou de connivence avec les médias, ne pourra qu'alimenter la défiance de plus en plus forte qui existe entre les citoyens français et leur appareil médiatique.

A la direction de France 5, je le dis simplement : il serait sage de renoncer. Mais si celle-ci devait perceverer, il faudrait tout mettre en oeuvre pour qu'Arrêt sur images renaisse rapidement de ses cendres. Et pourquoi pas en appeler à notre nouveau président de la République qui semble tout puissant et si enclin à l'ouverture ces derniers jours ?

14 juin 2007

Il faut sauver Arnaud Montebourg !

medium_arnoetségo.jpgLes résultats du 1er tour des législatives se sont révélés à la hauteur des espérances des uns et des craintes des autres. Et il n'est pas sûr, compte tenu de l'actualité récente et des bisbilles incessantes du couple Hollande-Royal, que le second tour n'accentue pas la tendance observée dimanche dernier.

Ce qui frappe d'abord dans ce premier tour c'est bien sûr le record d'abstention qui a atteint son niveau le plus élevé pour des élections législatives sous la Vème République. Au lendemain du premier tour de la présidentielle, j'avais dit ici même que le prétendu retour de flamme démocratique des Français pour leur système politique risquait bien de n'être qu'un feu de paille sans lendemain. Mes doutes se voient malheureusement confirmés. On aura beau m'objecter que cette abstention massive est due pour beaucoup au sentiment des électeurs que les jeux étaient faits, il n'en demeure pas moins que si l'on observe les déterminants socio-démographiques de l'abstention qui concerne en priorité les moins de 25 ans et les électeurs issus des catégories populaires, démonstration est faîte que  les facteurs structurants du désintérêt croissant d'une grande partie de la population vis-à-vis du processus électoral ont bel et bien survécu à la séquence présidentielle. N'en déplaise à tous les beaux esprits ou aux naïfs qui nous annonçaient fièrement que la page de la "crise politique française" se refermait enfin avec l'élection, pour ne pas dire le sacre, de Nicolas Sarkozy.

Au soir du premier tour, tous les ténors du parti socialiste ont entonné en choeur le même refrain pour fustiger les effets délétères du quinquennat et de l'inversion du calendrier électoral privant les législatives de tout enjeu réel et les réduisant à un simple vote de confirmation d'après présidentielle. Mais qui fit adopter ces changements, dont on mesure aujourd'hui la dimension stratégique, si ce n'est Lionel Jospin, suivi comme un seul homme par la quasi majorité des élus socialistes ?

Quelques jours plus tôt, nos éléphants socialistes - et en particulier Dominique Strauss Kahn - n'avaient pas de mots assez durs pour critiquer le consensus mou régnant au PS et la stratégie délibérée du Premier secrétaire François Hollande d'empêcher tout réel débat idéologique pour mieux imposer son pouvoir. Mais qui fut, tout au long de ces 5 dernières années, les acteurs et les complices de cette stratégie mortifère pour le PS de synthèse à tout prix si ce n'est ces mêmes barons socialistes ?

Un seul homme osa se lever contre ces pratiques en refusant la synthèse au Congrès du Mans, plaidant pour une authentique rénovation du PS. Il le fit au prix de son isolement par l'actuelle direction du parti.

Un seul homme s'insurgea à l'époque contre l'inversion du calendrier électoral mettant en garde contre les dangers du présidentialisme et plaidant sans relache pour une 6ème République. Il fut traité par le mépris.

Un seul homme refusa, en son temps, le calamiteux traité de Nice, lutta contre l'irresponsabilité pénale du chef de l'Etat, dénonça le scandale des tribunaux de commerce ou enquêta sur les paradis fiscaux.

Cet homme, c'est Arnaud Montebourg, dont la réelection dimanche prochain est menacée.

Il serait particulièrement injuste qu'un des seuls hommes politique en France qui a mis en application le principe du mandat unique ne puisse plus faire entendre ses idées à l'Assemblée. Il serait particulièrement dommageable qu'un des plus brillants éléments de sa génération, qui n'a eu de cesse depuis 10 ans d'oeuvrer à la rénovation de son parti, ne puisse plus jouer son rôle à un moment crucial pour l'avenir du PS et de la gauche toute entière.

Je vois bien qu'une défaite d'Arnaud Montebourg ne ferait pas que des déçus, y compris dans son propre camp. Là est bien l'enjeu. Voulons-nous n'envoyer à l'Assemblée que d'inamovibles députés, confortablement assis sur leurs rentes de situation et qui feront tout pour que rien ne bouge vraiment demain au PS ? Ou voulons-nous que nos futurs représentants socialistes à l'Assemblée, forts de leur mandat, puissent imposer enfin la nécessaire rénovation d'un PS à bout de souffle ? Il faut que les électeurs de la 6ème circonscription de Saône-et-Loire y réfléchissent. Dimanche soir, il sera peut-être trop tard !

12 juin 2007

Le blog de François Mitterrand doit revivre !

medium_mitterrand.2.jpgLa fermeture du vrai-faux blog de François Mitterrand passionne la blogosphère si j'en crois l'affolement des statistiques de consultation de mon blog qui a enregistré plus de 1500 visites dans la seule journée d'hier. Voila de quoi longuement philosopher sur la bulle internet... bulle que je contribue, bien sûr, à alimenter moi même !

Ce qui est incroyable c'est que le journal Le Monde lui même ait consacré tout un article à ce sujet dans son édition de lundi soir, reprenant à son compte - sans les vérifier - les informations de Nicolas Voisin, blogueur devant l'éternel, qui prétend avoir identifié les auteurs du blog incriminé en la personne de Bruno Roger-Petit (journaliste, ex présentateur du journal du soir sur France 2) et d'Arnaud Montebourg. Lesquels viennent de démentir formellement ces allegations.

En attendant, ces affres font les affaires d'un autre blog posthume de François Mitterrand, concurrent nettement moins talentueux du premier et aux penchants sarkozystes affirmés, dont la fréquentation semble atteindre des sommets.

Au nom du pluralisme, décidément fort menacé ces temps ci, il est donc urgent que nous revienne notre authent.i.c (!) tonton. Je n'hésite donc pas à lancer officiellement un grand appel public pour que notre défunt président veuille bien réapparaître et nous livrer à nouveau ses précieux conseils qui seront autant de lumières dans les cieux si tourmentés de l'après 6 mai. Oui nous avons besoin de Toi. Ne nous laisse pas seuls comme des enfants égarés au milieu des disputes de François et Ségolène. Toi qui fut le seul à conduire la gauche au pouvoir à l'issue d'une présidentielle, reviens vite !

Si vous aussi, vous souhaitez que François Mitterrand revienne, laissez un commentaire. Je suis sûr que là où il est, il les lira, y sera sensible et peut-être même les entendra !

10 juin 2007

La seconde mort de François Mitterrand

medium_fm.jpgDepuis plusieurs semaines, par la grâce du Net, notre défunt président était revenu parmi les vivants pour commenter l'actualité de la campagne électorale, faire part de son analyse sur la situation politique et distiller quelques bons mots comme lui seul en avait le secret.

Pur produit de la blogosphère, le blog posthume de François Mitterrand avait fini par faire largement parler de lui dans les médias "traditionnels". Au point que ces derniers jours la polémique faisait rage dans le landernau politico-médiatique. Mais qui se cachait donc derrière ces lignes au style si bien immité ? Régulièrement pris à partie par notre Tonton virtuel, le célèbre journaliste Jean-Michel Apathie sommait même l'auteur de se départir de ce détestable anonymat.

Les hypothèses les plus diverses ont ainsi circulé sur l'identité de l'auteur jusqu'à ce que des blogueurs sans doute mieux informés ou plus transparents que d'autres livrent - enfin - le nom tant attendu. En quelques heures, on assiste alors à un de ces mouvements de houle comme seul le net peut en connaître.

Et l'on découvre ce matin avec effroi que notre François Mitterrand 2007 a décidé de s'en retourner parmi les morts, écoeuré sans doute par tant d'agitation ou tout simplement marri d'avoir été démasqué. Tempête dans un verre d'eau et polémique parfaitement futile assurément. Mais c'est précisément l'intérêt de la chose. Car ce nouvel épisode de la vie de la toile est caractéristique des nouveaux us et coutumes du net et de l'emballement, parfaitement vain, qu'il engendre régulièrement. Que des journalistes aussi reconnus que Jean-Michel Apathie ou Daniel Schneidermann accordent une telle importance à ces faits en dit long sur la bulle médiatique dans laquelle ils ont tendance à s'enfermer. C'est d'autant plus facile qu'il suffit de quelques clics, assis confortablement dans son bureau ou dans son canapé (si on est équipé en wifi) pour avoir le sentiment de partager d'indicibles secrets d'Etat (comme celui-ci : Nicolas Sarkozy était-il bourré ou essoufflé au G8 ?).

C'est sans doute à la fois la magie et la futilité d'un net placé de plus en plus au coeur même du système de production de l'information et qui a donc de bien beaux jours devant lui.

Et puis, si ce blog a rencontré à un tel succès c'est paut-être aussi le signe du désarroi qui règne à gauche et singulièrement au parti socialiste. Un PS qui semble n'avoir jamais réellement fait son deuil du seul homme qui le mena à la victoire à une présidentielle.

Mais que ceux qui affectionnent les conversations avec les morts se rassurent; un autre de nos grands héros a fait son retour récemment sur la toile : Pierre Bourdieu. Souhaitons lui longue vie et espérons qu'il n'aura pas à subir lui aussi les foudres de la bien pensance du net.

 
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