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07 juillet 2008

Extraordinaire Sagan !

1637431253.jpgDans un paysage cinématographique français plutôt morne ces dernières semaines, un film sort incontestablement du lot : Sagan, de Diane Kurys.

Si vous ne l'avez pas encore vu, courrez-y vite avant qu'il ne disparaisse des écrans afin d'admirer l'extraordinaire composition de Sylvie Testud dans le rôle titre.

On savait Sylvie Testud capable de nous émouvoir avec son jeu sans ostentation, à l'émotion toujours contenue. On la découvre dans un exercice dont on ne soupçonnait pas qu'elle puisse si bien s'en tirer : celui d'une composition physique digne du meilleur de l'Actor Studio.

Dès les premières images, on est submergé par l'émotion lorsqu'on découvre une Sagan au soir de sa vie, physiquement et psychologiquement ruinée par l'alcool, la drogue et la solitude, épuisée par une longue vie d'abus, de folies et d'insouciance.

A rebours de la pure hagiographie, Sylvie Testud campe une Sagan tour à tour enfantine, joyeuse, délurée, passionnée et talentueuse mais aussi une Sagan torturée, en proie permanente au doute, irresponsable, égocentrique et parfois brutale avec tous ceux qui ont le malheur de la rappeler à la dure réalité.

En un peu moins de deux heures, c'est toute une vie qui défile sous nos yeux, témoin d'une époque révolue. Superbe !

29 décembre 2007

La Biennale de Lyon jusqu'au 6 janvier

89e079b842ee3f736cc5807d255e94f6.jpgIl ne vous reste plus qu'une semaine pour découvir les oeuvres de la Biennale d'art contemporain de Lyon. Thème de cette année : "l'histoire d'une décennie qui n'est pas encore nommée". Il vous faudra toutefois beaucoup d'imagination pour parvenir à relier les différentes oeuvres entre elles autour de ce thème pour le moins flou et énigmatique.

Cette édition 2007, plutôt fraîchement accueillie par la critique, réserve néanmoins quelques bonnes surprises, même si on regrettera l'usage plus que de mesure du support vidéo aboutissant le plus souvent à des oeuvres qui n'en sont pas vraiment. 

Comme souvent, c'est à la Sucrière que vous découvrirez l'éventail d'installations le plus varié et le plus intéressant.

Parmi cette production, par définition toujours très inégale, on retiendra notamment au rez-de-chaussée l'oeuvre de Juan Pérez Agirregoika. Usant d'un graphisme haut en couleur et proche de la bande dessinée, cet artiste basque évoque, de façon faussement naïve, quelques uns des grands combats politiques du siècle passé et présent.

Egalement au rez-de-chaussée, l'allemand Thomas Bayrle s'inspire du pop art et fait apparaître, à partir de figures géométriques, d'étonnants objets du quotidien. 

Enfin, au premier étage, le mexicain Erick Beltran utilise le mobilier urbain pour dénoncer la puissance de l'affichage publicitaire utilisé ici au service de messages de haine et d'exclusion. Une idée fort intéressante mais qui, à mon sens, aurait gagné en intensité si au lieu d'un fond uniformément noir l'artiste avait convoqué les visuels sirupeux de la publicité en contraste avec la violence des messages.

25 novembre 2007

L'Univers de Catherine L

d25ccaa89f676fd2187f41d6baffbae1.jpgUne fois n'est pas coutume, voici une petite page promotionnelle pour un site ami.

Rassurez-vous, Catherine L. n'a pas grand chose à voir avec la célèbre et prolixe Catherine M. à part que ce sont toutes deux des femmes ! La Catherine dont il s'agit est un petit bout de femme hyper énergique que j'ai eu le bonheur de rencontrer il y a presque 10 ans sur le Val Maubuée, avec qui j'ai eu la chance de travailler et qui est restée une amie.

Sur les conseils de sa fille, elle vient d'ouvrir un blog où elle expose ses photos. Allez-y vite, vous serez, j'en suis sûr, bleuffé non seulement par leur qualité mais aussi par le message empreint de drôlerie et d'humanité qui s'en dégage... à l'image de notre si appréciée Catherine L. !

A noter que Catherine a déjà eu les faveurs, à deux reprises, du site internet de Libération.

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06 octobre 2007

99 francs : une réussite

medium_99F.jpgAdapter au cinéma le roman de Frédéric Beigbeder n'avait rien d'une sinécure.  Jan Kounen s'en sort brillament avec ce film très stylisé, en tous points fidèle à l'esprit Beigbeder. 

Le réalisateur nous plonge ainsi dans  l'univers mi contemporain, mi futuriste d'une grande boite de pub. Ici tout est futilité, cynisme et décadence. Jean Dujardin - presque méconnaissable - campe avec brio un créatif tout à la fois blasé et sûr de lui, génial et lamentable. 

Tout le film, qui use - et parfois abuse un peu - des effets visuels, joue avec les codes de la pub, sur un ton qui va de la bouffonerie assumée à la tragédie hollywodienne. L'apparition du vrai Beigbeder n'est pas seulement un sympathique clin d'oeil de l'auteur au rélisateur. C'est aussi une habile façon de montrer que le cinéaste ne se prend pas (trop) au sérieux !

09 septembre 2007

Aux deux colombes

medium_auxdeuxcolombes.jpgCe qu'il y a de bien avec les pièces de Sacha Guitry, c'est qu'elles se suffisent à elle même. Nul besoin de les emballer d'un halo pseudo intellectuel sur leur sens profond ou leur message caché. On aime ou on aime pas mais difficile de ne pas reconnaître à l'auteur un talent indéniable dans le sens des formules et dans l'humour noir, même si Guitry n'atteint pas, à mon sens, le niveau d'un Feydeau ou d'un Labiche.

Et lorsque c'est le grand Jean-Laurent Cochet qui joue et met en scène ces "deux colombes", on peut dire qu'on atteint un grand moment de théâtre. Fidèle à lui même, Cochet excelle dans son rôle d'avocat égocentrique, mysogine et manipuleur, le tout avec une remarquable économie de moyen. Quelle leçon de comédie ! Cochet semble presque improviser et redécouvrir à chaque instant son texte, au lieu de le débiter en surjouant comme le font trop de comédiens. Un vrai régal qui permet de donner tout son sel aux dialogues et aux situations imaginées par Guitry. A ses côtés, les quatre comédiennes sont tout aussi épatantes.

La mise en scène est à cette image : sobre et sans effet superflu. Le décor lui même semble là pour assumer tranquillement  le côté "boulevard" de la pièce. 

Bref, un vrai moment de plaisir qui serait dommage de ne pas apprécier à sa juste mesure.

"Aux deux colombes" de Sacha Guitry, mise en scène de Jean-Laurent Cochet au théâtre de la Pépinière Opéra 7, rue Louis Legrand à Paris 2ème. réservations : 01 42 61 44 16

 
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