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25 février 2007

Odette Toulemonde : les clichés ont du bon...

medium_odettetoulemonde.jpgOdette Toulemonde c'est d'abord l'histoire d'une rencontre improbable entre une vendeuse de grand-magasin, rayon cosmétiques, et l'auteur à succès dont elle vénère chacun des ouvrages. Elle, ne rêve que d'une chose : rencontrer celui qui habite ses jours et ses nuits depuis la mort de son mari. Lui, en bute au mépris des critiques littéraires a un besoin urgent de se resourcer auprès de quelqu'un qui l'aime vraiment.

Eric-Emmanuel Schmitt dresse ainsi le tableau expressioniste de deux mondes que tout oppose mais qui vont pourtant finir par se rejoindre. Entre conte de fée et film musical à la Mary Poppins, le réalisateur use et abuse de tous les clichés en vogue : la misère culturelle des prolos du Nord ; le cynisme et la violence des intellos parisiens ; les scènes de bonheur en carton pâte, façon couchers de soleil ou clair de lune éblouissant. C'est souvent drôle, parfois excessif (les collègues de travail d'Odette qui la conspuent à l'heure du déjeuner) lorsque Schmitt s'essaie maladroitement à la critique sociale tendance lutte des classes.

Car sous des abords volontairement légers et qui font tout le charme du film, Odette Toulemonde peut également se lire comme une charge anti-élites bobo parisiennes dans laquelle notre héroïne - formidable Catherine Frot - aura la lourde charge de rappeler quelques vérités dictées par la seule intelligence qui compte : l'intelligence du coeur. Un message d'autant mieux amené qu'Eric-Emmanuel Schmitt ne s'enferme pas, au contraire du Fabuleux destin d'Amélie poulain, dans une imagerie et une réthorique plus ou moins réac.

Mais c'est peut-être ce message subliminal qui incommodera certains...

Odette Toulemonde, film français d'Eric-Emmanuel Scmitt avec Catherine Frot, Albert Dupontel et Jacques Weber. Sorti le 7 février 2007.

 

04 février 2007

Journalistes, au théâtre Tristan Bernard

medium_7472.jpgAprès son génial Moi aussi je suis Catherine Deneuve, Pierre Notte s'essaie à la satire sociale avec une comédie qui ne traite pas des journalistes, comme son titre pourrait le laisser penser, mais du microcosme que constitue le monde des critiques de théâtre.

Le texte est particulièrement réjouissant avec de belles trouvailles inspirées, à n'en pas douter, par son expérience d'un milieu aussi futile que détestable. Tous les personnages sont là : de l'auteur pédant, égocentrique et convaincu de son génie à l'attaché de presse qui pète les plombs en passant par le journaliste avide de reconnaissance mais incapable d'écrire une ligne. Excessif et caricatural ? Pas tant que ça.

Bref, c'est plaisant, bien écrit et souvent drôle mais la pièce finit par tourner un peu en rond et on reste sur sa faim. Peut-être à cause du jeu inégal des acteurs duquel surnagent très nettement Sophie Artur et Zazie Delem.

Journalistes, de Pierre Notte, mise en scène de Jean Claude Cotillard, avec Sophie Artur, Zazie Delem, Romain Apelbaum, Marc Duret et Hervé Claude Ilin. Au théâtre Tristan Bernard.

21 janvier 2007

Jusqu'à ce que la mort nous sépare, au théâtre du Rond-Point

medium_p30362_5.jpgAu départ, on craint le pire : une de ces caricatures de pièces vaines et prétentieuses que sait si souvent - hélàs - produire le théâtre subventionné avec cet insupportable jeu distancé que la plupart des metteurs en scène imposent aujourd'hui à leurs comédiens. Et puis, presque par miracle, le charme opère et l'humour s'installe. Noir, très noir. C'est bien écrit, souvent drôle, tellement c'est caricatural et représentatif des travers du théâtre contemporain. Le décor, délicieusement seventies, nous plonge dans l'univers des films de De Funès ou, pour les intellos, de ceux de Tati. On songe à l'extraodinaire intérieur du film "Oscar". L'auteur joue habilement avec les codes des différents registres théâtraux : vaudeville, boulevard, policier, mélo ; le tout soutenu par une bande son ingénieuse qui n'est pas pour rien dans l'atmosphère qu'a su créer le metteur en scène. On sort finalement convaincu et joyeusement surpris de s'être laissé prendre au jeu. Ce qui n'était visiblement pas le cas de l'immense majorité de la salle !

Jusqu'à ce que la mort nous sépare, de Rémi De Vos, mise en scène et décor d'Eric Vigner, avec Catherine Jacob, Micha Lescot et Claude Perron. Du 9 janvier au 18 février au théâtre du Rond-Point.

 
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