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11 mai 2007

Réinventer la gauche, maintenant !

medium_soialistes.jpgA la veille du Conseil national du Parti socialiste où le pire serait que, comme souvent, il ne se passe rien, je reproduis ci-dessous un appel, rédigé avec quelques camarades, pour que notre parti engage - enfin ! - sa rénovation tant attendue et si longtemps différée. Rénovation idéologique, stratégique mais aussi rénovation de ses cadres.

Je n'ai, en effet, qu'une crainte : qu'au nom du nécessaire rassemblement pour les législatives, ce soit une fois de plus l'attentisme et l'immobilisme qui dominent notre vieux parti. Ce serait, à mon sens, une grave erreur car nos électeurs n'attendent qu'une chose : que nous annoncions, dès à présent, notre volonté d'engager une rénovation profonde du PS. S'ils n'ont pas cette perspective, je ne donne pas cher de leur mobilisation les 10 et 17 juin prochains. Alors, plus que jamais, non à la glaciation et oui à la rénovation !

 

Réinventer la gauche, maintenant !

Pour toutes celles et tous ceux qui sont épris des valeurs de justice sociale, de solidarité, de fraternité, de tolérance, d’humanisme et de respect du pluralisme, l’élection de Nicolas Sarkozy est une terrible déception.

En dépit des chausse-trappes et des scepticismes venus de tous bords, Ségolène Royal a su mener cette campagne avec beaucoup de courage et une formidable détermination. Elle a fait la démonstration  de ses capacités à entraîner et à rassembler des millions de nos concitoyens. Elle a ouvert la voie à une rénovation profonde de la vie politique et contribué à ce nouveau souffle démocratique dont notre pays avait tant besoin.

Mais à l’évidence, ce nouvel élan ne pouvait suffire, à lui seul, à garantir la victoire face à une droite rénovée, rassemblée et décomplexée, dotée d’une ligne claire et d’un leader incontesté.

Certes, des erreurs ont  été commises au cours de cette campagne mais chacune et chacun mesure aujourd’hui pleinement le temps qui a été perdu ces cinq dernières années et qui nous a sans doute coûté la victoire. Trop souvent nous n’avons pas pu faire entendre des choix clairs auprès de nos concitoyens, faute d’en avoir suffisamment débattu auparavant.

L’heure n’est plus aux atermoiements, aux demi-mesures ou aux synthèses molles. Il faut sans plus tarder engager la rénovation profonde du parti socialiste et de la gauche toute entière ; rénovation que nous appelons de nos vœux depuis longtemps et qui a été trop longtemps différée, au nom de simples calculs d’appareil.

L’urgence est bien évidemment de nous rassembler et de nous mobiliser pour que les 10 et 17 juin prochains, les élections législatives soient l’expression du nécessaire contrepoids au pouvoir d’un seul homme, d’un seul parti et d’un seul clan.

Mais sans attendre, parce que nos électeurs ont besoin d’un signe clair de notre volonté de rénovation, la direction du parti socialiste doit d’ores et déjà annoncer qu’elle engagera, dès le lendemain des élections,  un congrès extraordinaire suivi de grandes assises de la rénovation ouvertes à toute la gauche ainsi qu’à toutes celles et à tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le projet de société de Nicolas Sarkozy et veulent contribuer à l’élaboration d’une alternative crédible.

Pour notre part, nous croyons le moment venu de construire enfin un grand parti de gauche qui rassemble sous une même bannière socialistes, communistes, écologistes, alter-mondialistes, radicaux, citoyens et républicains de progrès. Chacune et chacun d’entre nous doit avoir conscience du défi qui s’ouvre à nous pour rendre à nouveau possible demain l’alternance. Nous lançons un appel à nos partenaires pour qu’ils nous rejoignent dans cette grande formation rénovatrice, progressiste et démocratique au sein de laquelle chaque sensibilité verra sa place dûment reconnue et pourra peser sur ses orientations. Nous le disons en toute humilité mais avec une profonde conviction : l’heure n’est plus au maintien d’appareils politiques sur le déclin dont le seul but semble devenu leur propre subsistance au risque de desservir les idéaux qu’ils prétendent défendre. Il n’est plus possible que le parti socialiste se prête à ces accords d’appareils devenus parfaitement artificiels et profondément éloignés des attentes de nos concitoyens.

Nous en avons la conviction, bâtir cette nouvelle formation est la condition nécessaire pour élaborer, avec l’ensemble du mouvement social et associatif, un nouveau projet progressiste pour la France mais aussi pour engager, sur des bases claires et solides, un dialogue constructif avec tous ceux qui, au-delà même de la gauche, refusent l’ultra-libéralisme, l’autoritarisme et le bonapartisme de Nicolas Sarkozy.

C’est ici et maintenant que nous devons engager ce mouvement. Pour redonner un sens au mot Espoir.

 

06 mai 2007

Demain, la gauche...

medium_mitterrand.jpgPour la troisième fois consécutive, la gauche a donc perdu l'élection présidentielle.  Même si le bon score réalisé par Ségolène Royal le 22 avril dernier a permis d'éviter l'humiliation d'une nouvelle élimination de la gauche au second tour, cette défaite est sans doute encore plus grave que celle survenue en 2002. Parce qu'il y a cinq ans, l'échec de Lionel Jospin pouvait être mis sur le compte de la dispersion des voix ou d'un simple "accident électoral" et parce que Jacques Chirac avait rassemblé un peu moins de 20% des suffrages. Parce que ce nouvel échec survient alors que la droite a gouverné ces 5 dernières années et que la gauche aurait dû théoriquement en tirer parti.

Depuis l'avènement de la Vème République, il y a un peu moins de cinquante ans, seul François Mitterrand sera ainsi parvenu à hisser la gauche au pouvoir à l'issue d'une élection présidentielle. Preuve, s'il en était encore besoin, que les institutions construites par le général De Gaulle, et en particulier l'élection du président au suffrage universel direct, sont profondement conçues pour favoriser la droite, du fait de leur conception bonapartiste. Une leçon que les socialistes n'ont malheureusement jamais sû réellement apréhender, comme s'ils étaient hypnotisés par la logique présidentialiste de la Vè République. A cet égard, on ne redira jamais assez la grave erreur, pour ne pas dire la faute politique majeure, que constitua la décision par Lionel Jospin d'inverser le calendrier électoral en 2002 et de renforcer ainsi, quinquennat aidant, la dérive présidentialiste de notre système politique. Certes, en faisant de la réforme des institutions un des axes fort de son projet, Ségolène Royal a cherché à sortir de cette dérive mortelle pour les idéaux de gauche qui s'accordent si mal avec la personnalisation et la simplification des discours politique qu'elle engendre. Mais cette orientation fut sans doute trop tardive et trop partielle pour prendre sa pleine mesure face à un Nicolas Sarkozy excellant dans un tel système.

Ségolène Royal justement dont les amis ne manqueront pas, dès demain matin, de faire le procès. Pas assez à gauche pour certains. Pas assez au centre ou pas assez crédible pour d'autres. La vérité c'est que même si elle a pu commettre des erreurs au cours de cette campagne, le défi qu'a tenté, avec une formidable détermination, de relever Ségolène Royal s'assimilait , à bien des égards , à une mission impossible. Comment, en effet, parvenir à prendre les rennes d'un parti dont l'appareil lui était largement résistant et mener la rénovation du PS en quelques mois seulement quand son adversaire Nicolas Sarkozy a mis à profit ces cinq dernières années pour s'emparer de l'ex parti chiraquien et rénover son corpus idéologique ?

Force est de pointer les graves insuffisances de l'actuelle direction du PS. Plutôt que d'engager, aux lendemains de la défaite de 2002, une véritable réflexion sur le positionnement idéologique et stratégique du parti, elle a préféré s'enfermer dans des manoeuvres d'appareil - manoeuvres dans lesquelles François Hollande excelle - propres à assurer son maintien à la tête du PS et quitte à empêcher l'émergence de toute idée nouvelle. Une stratégie dans laquelle la direction s'est sentie confortée après le prétendu succès des régionales de 2004 ; lequel n'avait constitué en vérité qu'une sorte de 21 avril à l'envers. Las, ce n'était que reculer pour mieux sauter. Il faudra bien, cette fois, que la rénovation tant différée ait lieue. Que tout soit mis sur la table. Et que l'on réponde enfin à quelques questions taboues comme celles là : allons nous encore longtemps maintenir en vie artificielle des "partenaires" (PC, MDC, Verts...) qui souvent ne représentent plus qu'eux mêmes ? l'heure n'est-elle pas venue de constituer une grande formation de gauche dans laquelle chacune de ces sensibilités serait dûment représentée ? J'ai en effet la conviction que les verts ou les communistes authentiquement attachés à leurs valeurs auraient bien plus intérêt à rejoindre un grand parti de gauche pour peser sur ses orientations plutôt que de maintenir, de façon purement artificielle, des appareils dont le seul but est leur propre survie et qui sont néanmoins promis à un inéluctable déclin. Enfin, l'heure n'est-elle pas venue d'engager un vrai dialogue avec toutes les forces républicaines modérées qui ne se reconnaissent pas dans Nicolas Sarkozy et sans lesquelles il n'y aura pas de reconquête ?

Oui, pour la gauche, pour les démocrates, pour toutes celles et tous ceux qui croient encore et toujours aux valeurs de justice sociale, de solidarité et d'humanité, l'heure doit être au courage et à la lucidité pour reconstruire demain l'espoir.

 
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