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22 septembre 2007

Immigration : le scandale derrière le scandale

medium_hortefeux.jpgLe projet de loi sur l'immigration - le 4ème en 4 ans - adopté cette semaine par l'Assemblée nationale a fait couler beaucoup d'encre.

La possibilité de recourir à des tests ADN pour prouver la bonne foi des candidats au regroupement familial a légitimement concentré les critiques et suscité une vague d'ingignation jusque dans les rangs du gouvernement. Mais si, en se focalisant sur cette mesure en effet parfaitement scandaleuse, issue d'un amendement parlementaire, l'essentiel de ce projet de loi était passé inaperçu ?

La polémique née de l'amendement Mariani est évidemment justifiée. La faculté de recourir à des tests ADN pour prouver les liens de parenté des travailleurs immigrés sollicitant le regroupement familial,  outre qu'elle tend une fois de plus à désigner les immigrés comme des fraudeurs et des délinquants potentiels, crée surtout un dangereux précédent, en contradiction même avec la loi française de bioéthique. Dès lors que le recours à des tests ADN est autorisé pour ce type de procédure, plus rien n'interdira son extension progressive à tous les domaines de la vie. C'est la porte ouverte à tous les excès : assureurs s'inquiétant des riques génétiques de leurs clients, employeur vérifiant les aptitudes de son salarié etc...

Mais un scandale peut en cacher un autre. En l'occurence, le fond même de ce projet de loi qui vise, selon le fameux précepte scandé par Nicolas Sarkozy pendant toute la campagne présidentielle et mis en oeuvre par son fidèle Brice Hortefeux, à réduire "l'immigration subie" (c'est-à-dire issue du regroupement familial) pour promouvoir "l'immigration choisie" (c'est-à-dire une immigration du travail).

Comme tous les slogans de campagne de Nicolas Sarkozy, celui-ci a le mérite de la simplicité. Présentée ainsi, la situation paraît pleine de bon sens. Le clin d'oeil à l'électorat frontiste, soucieux de restreindre l'immigration en France, est évident.  Mais derrière le slogan, existe une réalité plus prosaïque qui paradoxalement ne devrait guère satisfaire ceux qui militent pour une restriction de l'immigration.

On a largement détaillé la première partie du projet de loi qui vise à poser des conditions plus strictes au regroupement familial : maîtrise de la langue française, conditions d'hébergement, niveau de revenu etc... Mais on a beaucoup moins évoqué le second volet de ce projet : la création d'un nouveau titre de séjour intitulé "compétence et talents" qui permettra d'autoriser la venue chaque année d'un certain nombre de travailleurs étrangers dans les secteurs d'activité en mal de main d'oeuvre; secteurs définis en fonction des besoins des branches professionnelles, c'est-à-dire du patronat.

En clair, trente trois ans après sa suppression officielle par Valéry Giscard d'Estaing, Nicolas Sarkozy réinstitue l'immigration du travail en France, alors même que notre pays compte encore plus de deux millions de chômeurs. On nous explique qu'il s'agit de répondre aux besoins de toute une série de secteurs d'activité (restauration, bâtiment...) où l'on peine à recruter, sans s'interroger sur les véritables raisons de ces difficultés de recrutement et les moyens d'y répondre (amélioration des conditions de travail et des rémunérations, effort de formation...). Fidèle à la fameuse théorie de l'armée de réserve du capitalisme, le gouvernement va ainsi au devant des désirs du patronat, contredisant ainsi lui même dans les faits son discours de fermeté sur le sujet.

Fausse bonne idée, "l'immigration choisie", qui n'est rien d'autre qu'une politique des quotas, va donc réussir l'exploit tout à la fois de piller les cerveaux et les compétences des pays sous développés qui seraient plus utiles dans leur propre pays et d'empêcher toute amélioration des conditions de travail en France dans les secteurs d'activité les plus difficiles.

En y regardant de plus près, cet énième projet de loi ne répondra donc ni au droit légitime pour un pays de maîtriser son immigration, ni au souci d'améliorer la situation économique et sociale des travailleurs français !

15 septembre 2007

Bertrand Delanoë : le sauveur du PS ?

medium_bertranddelanoe.jpgAvec, dans une moindre mesure, Manuel Valls, Bertrand Delanoë est, sans conteste, la révélation socialiste de l'après présidentielle. Surfant sur le lancement tambour battant de Velib et sur sa prestation remarquée à l'université d'été du PS à la Rochelle, le maire de Paris, candidat à sa propre succession, ne cache plus sa volonté de peser dans l'avenir de sa formation politique. Il réunira d'ailleurs ses troupes demain pour une journée de réflexion dont il assurera la conclusion.

Consécration suprème : on apprenait cette semaine qu'il figure désormais en tête des sondages de popularité parmi tous les hommes politiques français, devant Bernard Kouchner ou Jean-Louis Borloo et loin devant Ségolène Royal.

Alors, le parti socialiste aurait-il enfin trouvé ce leader qui lui fait si cruellement défaut pour partir à la reconquête des électeurs ? Il est evidemment encore trop tôt pour le dire. D'autant que la subite montée en puissance de Bertrand Delanoë n'est pas sans susciter un certain nombre d'interrogations.

A l'évidence, l'homme a de grandes qualités. Ignoré, voire méprisé par les siens il a su arrarcher la capitale à la droite en 2001 et a toute les chances de se faire réélire en mars prochain. C'est un bourreau de travail, toujours présent sur le terrain, ne laissant jamais rien au hasard, doté d'un sens aigü de la communication, à la fois habile et tenace, doté en outre d'un solide carnet d'adresse, ce qui peut toujours servir. Son style fait de modestie affichée, d'écoute, de modernité et de volontarisme en fait un alliage d'une vraie efficacité. Toutes ces qualités développées dans l'exercice de son mandat municipal en font-il pour autant un bon leader pour le PS ?

Soyons clair : Bertrand Delanoë jouera, à l'évidence, un rôle essentiel dans la reconstruction du parti socialiste. Le PS serait d'ailleurs stupide de se priver de l'apport d'un des rares éléphants dont l'image ne soit pas ternie aux yeux de l'opinion. Toutefois, comme l'a dit récemment Arnaud Montebourg, "Paris n'est pas la France". Le potentiel que représente Bertrand Delanoë ne doit en effet pas cacher les écueils que pourrait représenter la montée en première ligne du maire de Paris.

Qu'on le veuille ou non, l'homme est associé à la "boboisation" du parti. Or le défi pour le parti socialiste est d'abord de regagner la confiance des milieux populaires, des ouvriers, des employés, de tous ceux qui vivent loin des grandes agglomérations et des centres villes. Electorat que Ségolène Royal a contribué à ramener à gauche en mai dernier, dans des proportions malheureusement insuffisantes. Bertrand Delanoë lui même est conscient du danger de se laisser enfermer dans cette image de représentant des bobos, lui qui n'a de cesse de rappeler les efforts substanciels accomplis par sa majorité municipale en matière de logement social, de lutte contre l'habitat insalubre ou d'accueil pour la petite enfance. Rien ne serait pire pour lui que de devenir un nouveau Jack Lang dont seules "Paris plage" ou la "Nuit blanche" seraient mises à son crédit.

Quant à la subite popularité dont il dispose, chacun mesure bien ce qu'elle a d'en partie artificielle, se contentant de faire écho au ramdam médiatique de ces dernières semaines et au succès de Velib. Et puis une excellente cote de popularité n'a jamais garanti le succès électoral. Simone Veil, Bernard Kouchner ou Edouard Balladur en savent quelque chose. Après l'épisode Ségolène Royal, les socialistes devraient par ailleurs savoir qu'il est périlleux de se fier aux sondages pour construire des stratégies politiques !

S'il veut affirmer sa place au sein du PS, Bertrand Delanoë devra en outre démontrer sa capacité à élargir son camp bien au delà des fidèles jospinistes. Dans un parti balkanisé, les clefs de la direction iront à celui ou à celle qui saura reconstituer une véritable majorité apte à gouverner le PS. Malgré l'apport des partisans de Martine Aubry et d'une partie des Strauss-Kahniens, la tache est loin d'être acquise. Pour y parvenir, Bertrand Delanoë devra démontrer qu'il est capable d'offir non seulement aux militants mais surtout aux électeurs de gauche un discours structuré qui soit à la fois en prise avec le réel et capable de renouveler l'idéal socialiste. Or, pour le moment, on a guère entendu dans sa bouche d'élément réellement nouveau et mobilisateur. Le soutien affiché de Lionel Jospin à son égard aurait d'ailleurs plutôt tendance à inquiéter. Le risque existe de privilégier une fois de plus le "sociétal" sur le social ou de s'enfermer dans un discours abstrait sur les valeurs qui aurait toute les chances de faire les beaux jours du Sarkozysme. Le fait que Nicolas Sarkozy semble vouloir faire de Bertand Delanoë son principal opposant devrait d'ailleurs nous interroger.

Enfin, si Bertrand Delanoë devait prendre la tête du PS à l'issue du prochain congrès de l'automne prochain, en deviendrait-il automatiquement le candidat naturel du parti à l'élection présidentielle ? Si c'est le cas, une question ne manquera pas d'être posée, même si elle peut apparaître politiquement non correcte : les Français sont-ils prêts à élire un homo comme président de la République ? Quand on voit les propos injurieux et les coups bas dont fut l'objet Ségolène Royal au simple motif que c'était une femme, on peut hélàs sérieusement en douter !

02 septembre 2007

Hollande : j'y suis, j'y reste !

medium_hollande.jpgL'Université d'été du PS aura (au moins) servi à ça : lever le voile sur l'ambition présidentielle de l'actuel premier secrétaire. C'était un secret de polichinelle, mais l'expression a le mérite de la clarté. En indiquant qu'après avoir quitté son poste à la tête du PS, il se préparera à briguer l'investiture du parti à la présidentielle, François Hollande s'est décidé à abattre - enfin - ses cartes.

Par je ne sais quel miracle dont le PS a - hélàs - l'habitude, celui-ci aura d'ailleurs réussi à ressortir de la Rochelle plutôt conforté, alors qu'on lui prédisait de bien mauvais quart d'heures sous le feu nourri des critiques de ses camarades.

Du coup, cette ambition enfin affichée résonne étrangement cent jours à peine après le second tour de l'élection présidentielle. Elle jette une lumière crue sur la campagne passée et valide, à l'évidence, les analyses selon lesquelles François Hollande n'avait jamais accepté la candidature de sa compagne et fit tout (consciemment ou inconsciemment) pour la torpiller.

La stratégie du premier secrétaire est désormais très claire. Il quittera comme promis son mandat à l'issue du Congrès à l'automne 2008 mais ce sera pour mieux briguer l'investiture socialiste à la présidentielle en 2010. En attendant, l'homme va poursuivre sa vieille tactique : laisser ses petits camarades s'étriper, (re)vérouiller le parti en mettant fin au dispositif des adhérents à 20 euros et pousser ses pions au sein de l'appareil, au premier rang desquels figure Benoît Hamon. La petite quarantaine, le tout nouveau porte parole du PS, opposant déterminé à Ségolène Royal et soutien affiché du premier secrétaire, est un spécialiste des aracanes du parti et un manoeuvrier hors pair. Il a su se constituer, depuis son passage à la tête du Mouvement des Jeunes Socialistes, un réseau particulièrement influent et structuré (Nouvelle Gauche). François Hollande a bien compris tout l'intérêt qu'il avait à s'appuyer sur une telle force et à mettre en avant cet ancien dirigeant du Nouveau Parti Socialiste aux côtés d'Arnaud Montebourg et Vincent Peillon. "La rénovation, certains en parlent, moi je la fais" pourra ainsi entonner l'actuel premier secrétaire en passant la main à son jeune allié. 

Cette opération a-t-elle une chance de réussir ? A l'évidence oui car, même s'il semble être ces dernières semaines la cible privilégiée de ses adversaires internes, François Hollande détient toujours de nombreux atouts en main. Outre celui de Benoît Hamon, il peut aussi compter sur le soutien de Razzye Hammadi, président ô combien charismatique du MJS, passé maître dans l'art de "faire des salles"... pas inutile lorsqu'on cherche à se faire ovationner par de jeunes socialistes à la Rochelle ! Mais surtout, François Hollande peut compter sur la "balkanisation" du parti. Un parti plus que jamais éclaté en courants et sous courants sur fond de haines recuites entre vieux leaders à bout de souffle et dont Hollande a toujours su habilement tirer profit !

Dès lors, pour les adversaires de l'actuel premier secrétaire, la problématique est assez simple : comment construire une majorité alternative qui permette enfin de tourner réellement la page Hollande. Or, force est de constater que cette majorité alternative peine aujourd'hui à émerger, entre les tentatives encore désordonnées d'un Bertrand Delanoë, d'un Manuel Valls, d'un Arnaud Montebourg ou de ce qu'il reste des courants fabiusiens et strauss-khaniens. Sans oublier Ségolène Royal, enterrée bien vite mais qui comptera à l'évidence dans la structuration de la future majorité du parti. Comme le disait Arnaud Montebourg il y a quelques jours à Frangy-en-Bresse "parlons-nous, tendons nous la main".

Si tous ceux là ne sont pas capables de s'entendre, c'est bien François Hollande qui en sortira une nouvelle fois victorieux !

Dernière minute : voici un extrait de la dépêche AFP à l'issue du discours de clotûre de François Hollande à la Rochelle : François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste, a reconnu dimanche 2 septembre à la Rochelle que son parti n'était "pas entendu par le plus grand nombre", parce qu'il ne dit "rien de net, de clair, de lisible". On croit entendre Chirac qui 10 ans après son élection commentait gravement la situation sociale du pays comme s'il n'en était pas responsable. Bref, plus que jamais, tout change parce que rien ne change au PS. Et il paraît que le discours fut chaudement applaudi... à pleurer !

29 août 2007

L'hyperprésidentialisme, horizon indépassable de la vie politique en France ?

medium_joli_c6r-s.jpgTel était le thème de la 4ème Université d'été de la Convention pour la sixième République (C6R) qui s'est tenue hier à Jarnac (Charente) en présence de Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l'Université de Montpellier, Paul Allies, professeur de droit constitutionnel et membre fondateur de la C6R, Séverine Tessier, présidente d'Anticor, François Colcombet, président de la C6R et Arnaud Montebourg. Les travaux étaient animés par Vladimir Vasak, journaliste à Arte.

Un débat ô combien d'actualité alors que Nicolas Sarkozy vient d'installer une commission chargée de réfléchir à la réforme des institutions. Commission qui devrait rendre ses conclusions cet automne.

Introduisant le débat, Séverine Tessier a tout d'abord souligné que l'hyperprésidentialisation n'est rien d'autre qu'une personnalisation à outrance du pouvoir et qu'elle est à ce titre dangereuse. Les conditions même de désignation des membres de la "commission Balladur" et le fait que celles-ci ne doivent qu'au fait du prince révèlent bien ce trait caractéristique du nouveau pouvoir. Cette personnalisation du pouvoir, alliée à la stratégie d'ouverture de Nicolas Sarkozy, est une forme de dépolitisation du débat public qui vise à faire disparaître le clivage droite/gauche et à réduire la politique à de simples choix techniques pour lesquels il serait nécessaire de rassembler les compétences de tous bords. La volonté du nouveau président d'institutionnaliser le lobbying au Parlement traduit bien cette stratégie. Le risque c'est que le législateur se trouve durablement sous influence des intérêts particuliers, ce qui constitue purement et simplement une corruption de la démocratie.

Dominique Rousseau a, de son côté, rappelé que la primauté présidentielle n'est pas un fait nouveau et que la gauche, par sa pratique du pouvoir (notamment sous Mitterrand) comme par ses décisions récentes, y a puissamment contribué. Le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral décidés sous Lionel Jospin ont à l'évidence fortement contribué à éloigner durablement toute vélléité de passage à un régime primo-ministeriel, alors même que la cohabitation rendait possible cette évolution. Face à cet état de fait, et après la victoire nette de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, une inversion de ce mouvement hyperprésidentialiste est-elle envisageable ? Sans doute pas à court et moyen terme. Dès lors, plutôt que de camper sur une position stricte de défense d'un régime primo-ministeriel, ne faut-il pas prendre acte de cette primauté présidentielle et rechercher les moyens d' en infléchir la toute puissance par l'émergence de nouveaux contre-pouvoirs ?

C'est bien la voie que conseille Dominique Rousseau, même si dans l'idéal il demeure attaché au régime primo-ministeriel. Et de mettre en garde contre deux écueils fréquents à gauche : la nostalgie d'un âge d'or de la démocratie représentative tendance 3ème République, comme l'adhésion naïve à la démocratie d'opinion ou à la démocratie participative qui font l'impasse sur la nécessaire formation civique du citoyen ("on ne nait pas citoyen, on le devient"). Pointant du doigt l'insuffisance de réflexion stratégique de la gauche sur les questions institutionnelles, considérées trop longtemps comme secondaires sous l'influence de l'idéologie marxiste, Dominique Rousseau en appelle ainsi à une actualisation du principe de séparation des pouvoirs tel que le décrivait Montesquieu dans l'Esprit des lois. Certes, le renforcement des pouvoirs du Parlement est nécessaire, notamment pour jouer véritablement son rôle de contrôle du gouvernement. Mais la fusion des pouvoirs législatifs et exécutifs est aujourd'hui une donnée fondamentale de tous les régimes politiques européens (cf les travaux de M.Duverger) qui impose de penser autrement la notion de séparation des pouvoirs. Ainsi, le pouvoir réel des juges dans l'intreprétation et l'application des lois ne nécessiterait-il pas d'être officiellement reconnu et mieux organisé ? Le pouvoir d'inluence des médias ne nécessiterait-il pas lui aussi d'être encadré, notamment afin d'assurer son indépendance vis-à-vis de la sphère économique ? C'est bien à un travail d'identification de ces nouveaux pouvoirs afin de les constituer en sphères autonomes et interdépendantes que nous invite Dominique Rousseau.

Paul Alliès, quant à lui, ne considère pas que l'hyperprésidentisation du régime constitue un horizon indépassable de la vie politique française et rappelle que notre pays fait figure d'exception en Europe dans la mesure où tous les autres pays de l'Union fonctionnent sur la base d'un régime primo-ministeriel. Il est encore trop tôt, 3 mois seulement après l'élection de Nicolas Sarkozy, pour mesurer les effets durables de sa pratique institutionnelle. Dans l'histoire de France tous les régimes d'inspiration bonapartiste ont débouché sur un conflit d'ampleur menant à une crise de régime. Or, loin de vouloir réformer la Vème République dans un sens qui irait vers davantage de contre-pouvoirs sur le modèle d'un authentique régime présidentiel comme c'est par exemple le cas aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy veut au contraire amplifier le système d'irresponsabilité qui a cours sous la Vème ce qui en aggravera incontestablement les excès et les insuffisances démocratiques. Même si la fusion des pouvoirs exécutif et législatif est en effet une constante des régimes politiques européens, nulle part elle n'atteint une telle dimension qu'en France, du fait de la spécificité de l'élection du président au suffrage universel direct et de la structuration du fonctionnement des partis politiques vers cette échéance unique. Et de citer un certain nombre de mesures qui pourraient constituer les exigences minimales portées par la C6R devant la commission Balladur en vue de rééquilibrer notre régime : obligation de soumettre la nomination du premier ministre au vote de l'Assemblée, suppression de l'article 16, référendum d'initiative populaire, suppression du droit de dissolution, mise à disposition du Parlement de la Cour des comptes, désignation des membres du Conseil constitutionnel, du CSA, du CSM et des autorités administratives indépendantes par une majorité qualifiée du Parlement etc... 

Concluant ces travaux, Arnaud Montebourg a rappelé que depuis sa création en 2001 la C6R avait eu le grand mérite d'imposer la question institutionnelle dans le débat politique, comme jamais elle ne l'avait été depuis 1958. Les travaux de la "commission Balladur" lui donnent l'occasion de réaffirmer ses positions et de faire entendre son expertise aujourd'hui largement reconnue. A cet égard, les principes pour lesquels la C6R milite depuis 6 ans sont plus que jamais d'actualité : restauration de la responsabilité politique et de la confiance des citoyens dans leur démocratie; représentation de la société dans sa diversité sociale et politique ; reconstitution d'une véritable fonction d'arbitrage des débats politiques ; contôle démocratique réel des finances publiques, de la constitutionnalité des lois et du fonctionnement des autorités administratives indépendantes etc...  Sur toutes ces questions, la C6R a de nombreuses propositions à faire valoir et qu'elle portera devant les citoyens à l'occasion du débat qui va s'engager dans les prochaines semaines et les prochains mois. En tout état de cause, il faut refuser tout ce qui reviendrait à une accélération de la confusion et de la concentration de tous les pouvoirs sur une seule tête. Loin d'oeuvrer à l'émergence d'un authentique régime présidentiel, ce que cherche Nicolas Sarkozy c'est à cumuler les avantages du  système présidentiel tout en échappant à ses contraintes. C'est ainsi une "machine à trahir géante" qu'il est en train de fabriquer et qui, tôt ou tard, aura les mêmes conséquences déplorables pour le pays.

27 août 2007

Mes 10 bonnes raisons de ne pas aller à la Rochelle

medium_larochelle.jpgComme chaque année, le dernier week end d'août marquera la rentrée des socialistes avec les traditionnelles mais très contournables Universités d'été du Parti socialiste à la Rochelle.

En bon militant, je devrais me faire un devoir d'assister à ce grand moment de fraternité et de réflexion collective. Et pourtant...

Voici mes 10 bonnes (ou moins bonnes !) raisons de ne pas me rendre à la Rochelle cette année. A vous de juger !

 1. Parce que j'ai pas envie de voir François Hollande conclure, comme si de rien n'était, ces Universités d'été pour la onzième fois consécutive.

2. Parce que tout s'est déjà passé le week end dernier à Melle et à Frangy avec les rassemblements respectifs de Ségolène Royal et d'Arnaud Montebourg... ils l'ont dit à la télé ! Même François Hollande a dû écourter ses vacances pour griller la politesse de ses deux camarades.

3. Parce qu'une réunion en vase clos entre militants (et encore ceux qui arrivent à avoir une place) n'a aucun sens, à partir du moment où la direction actuelle, dans un grand élan démocratique, a refusé de remettre en jeu son mandat après la troisième défaite consécutive à la présidentielle.

4. Parce qu'on connaît déjà tous les coins et recoins de la Rochelle, ville au demeurant charmante et qu'il aurait été symboliquement plus appropriée de changer de lieu pour une fois... tiens pourquoi pas Clichy-sous-Bois (commune ô combien symbolique) ou Mulhouse (commune pas moins symbolique !).

5. Parce qu'il eut été préférable de débattre largement avec nos sympathisants, les représentants des syndicats, des associations, les intellectuels des raisons de notre échec plutôt que de nous replier une fois de plus sur nous mêmes.

6. Parce qu'il suffit de se rendre dans une librairie au rayon politique pour se rendre compte que cette édition 2007 va virer au réglement de compte vis-à-vis de notre ex candidate ; le lynchage... très peu pour moi, même si Ségolène a commis des erreurs, c'est un peu facile de tout lui coller sur le dos.

7. Parce que notre premier secrétaire va encore entonner l'air du nécessaire rassemblement : il faut jouer plus collectif, dire plus "nous" et moins "je", serrer les rangs dans l'adversité... merci on connaît la chanson ! Marre d'être un bon petit soldat, surtout pour de tels résultats, tandis que la direction reste droite dans ses bottes.

8. Parce que, faute de pensée commune et d'idée neuve, on va frapper à bras raccourci et sans nuance sur le nouveau gouvernement sans se rendre compte que les Français n'en peuvent plus de ces schémas manichéens, surtout 100 jours seulement après une élection.

9. Parce que cette année, à cause de Sarkozy qu'a proposé le FMI à DSK, on pourra même pas demander une photo dédicacée à Anne Sinclair. Toujours à cause de Sarkozy qu'a proposé à Jack Lang d'intégrer la commission sur les institutions, on pourra même plus voir notre ami Djack déambuler sur le parvis de l'Espace Encan à la recherche de tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à une caméra.

10. Enfin, la pire ou la meilleure de toutes, parce qu'une fois de plus, il revient... il a traversé le pont de l'île de ré... il paraît même qu'il a écrit un bouquin... va-t-il encore pleurer cette année ?

 
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