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27 janvier 2010

Some explicit polaroids, au vingtième théâtre

someexplicit.jpgImaginez un militant d'extrême gauche anglais qui passe plusieurs années en prison pour séquestration et violence et recouvre la liberté au début des années 2000 redécouvrant un Royaume Uni profondément transformé par la révolution thatcherienne. Y a-t-il encore une place pour l'engagement collectif et la conscience politique à l'heure de la société de consommation à tout crin, du culte de l'apparence et du triomphe du cynisme ?

Tel est le thème de cette création adaptée d'une pièce du dramaturge anglais Mark Ravenhill. Dans la veine du cinéma social et engagé à la manière d'un Ken Loach, Some explicit polaraoids dépeint l'errance de 6 personnages revenus de toute certitude et qui essaient tant bien que mal - et plutôt mal que bien - de s'accommoder d'une époque où le bonheur et l'épanouissement individuels semblent devenus des impératifs d'autant plus inaccessibles qu'il se heurtent à la perte de tout projet collectif et à une société profondément anomique.

Les dialogues et les situations sont tantôt crus, tantôt violents mais toujours justes et profonds; sans complaisance inutile. La mise en scène est particulièrement inventive et il émane du jeu des acteurs - remarquable - une authentique et émouvante humanité.

A voir jusqu'au 28 février au Vingtième théâtre.

06 décembre 2009

A l'origine : tout simplement magnifique !

àl'origine.jpgIl est des combats en apparence absurdes, futiles ou perdus d'avance qu'il faut pourtant mener jusqu'au bout. Combat contre la fatalité, le renoncement et l'injustice sociale, pour la dignité et la fraternité humaines.

C'est ce combat que Philippe Miller, petit escroc ordinaire, va mener presque malgré lui, véritable héros involontaire de toute une communauté. Plus de deux ans que cette petite ville du Nord, ravagée par le chômage et les délocalisations, attend sans trop y croire le redémarrage des travaux de l'A61 interrompus pour protéger une éspèce rare de sacarabée.

Alors quand le faux ingénieur des travaux publics qu'incarne François Cluzet débarque  dans la région, tel un messie, c'est toute la population qui se prend à éspérer à nouveau et qui va s'engager dans trois mois d'une extraordinaire aventure humaine.

Xavier Giannoli explore ainsi ce qui aurait tout d'une fable moderne si cette drole d'histoire n'avait pas existé. Preuve, une fois de plus, que la réalité dépasse souvent la fiction.

Le récit est tout simplement magnifique et bouleversant. Tout y est : des comédiens remarquables de vérité et d'humanité, des dialogues plein de profondeur et des images qui excellent à décrire ce moment si particulier de magie et de folie collective.

Giannoli n'hésite pas à en rajouter dans les références et les symboles (la guerre, les tranchées...) et pourtant tout sonne juste dans ce film qui reussit le tour de force de concilier réalité sociale, lyrisme et poésie.

On en sort à la fois exalté et ragaillardi, à nouveau plein de foi en l'Humanité et en sa capacité collective à faire bouger les montagnes.

Courez vite voir ce film qui n'a pas eu le succès qu'il aurait mérité alors qu'il figure sans conteste parmi les plus beaux et les meilleurs films de ces dernières années !

A l'origine, de Xavier Giannoli, avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu.

14 novembre 2009

Identité(s) nationale(s) bis

Toujours en plein débat sur l'identité nationale, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette chanson de Clarika : "Bien mérité".

 
 
clarika.jpg
Plutôt fort comme paroles non ? Ca me fait penser à tous ces chantres du libéralisme qui pensent que s'ils ont réussi ce n'est que grâce à leurs seuls mérites et certainement pas parce qu'ils ont eu la chance d'avoir des parents favorisés ou de vivre dans un pays qui offre à chacun la possibilité de faire des études gratuitement ou d'accéder à la culture. Alors, bien mérité ou bien hérité ? 
Sur le fond, je n'ai pas envie de revenir longuement sur les propos de Nicolas Sarkozy. Inutile de lui faire davantage de publicité. Je dirais simplement que je n'ai pas attendu ses vociférations pour être fier d'être Français, n'ayant jamais goûté l'esprit de repentance ou l'éspèce de mauvaise conscience occidentale de certains. D'ailleurs ce type de sentiment ne se commande pas et malheureusement, la façon dont la France est gouvernée depuis deux ans et demi me donnerait plutôt honte. Surtout quand notre président s'échine à tourner le dos à ce qui est précisément le coeur de l'identité française comme la laïcité, la justice sociale ou la promotion des droits de l'homme.
Un débat sur l'identité nationale ? Contrairement à ce qu'affirme Nicolas Sarkozy, la Gauche n'en a pas peur. Mais au moment où le chômage flambe comme jamais, on aimerait que le Chef de l'Etat nous explique d'abord comment il compte le juguler !

07 novembre 2009

Identité(s) nationale(s) ?

En plein débat sur l'identité nationale, voici une oeuvre aussi originale que provocatrice de l'artiste malaisien Wong Hoy Cheong exposée  au musée d'art contemporain, dans le cadre de l'édition 2009 de la Biennale de Lyon.
Une réinterprétation de peintures traditionnelles françaises des 18ème et 19ème siècle comme ici celle de Henri Fantin Latour.
Non seulement les oeuvres d Wong Hoy Cheong, mi photographies, mi peintures, sont d'une extraordinaire puissance évocatrice mais en plus elles sont belles ! Et cette rencontre entre des figures de la diversité contemporaine et un style hérité du passé démontre combien "l'esprit français" peut superbement traverser les siècles et donner à voir ce que pourrait être une conception plurielle de l'identité nationale.
A découvrir jusqu'au 3 janvier prochain à la Xème Biennale de Lyon.
Biennale Lyon 2009.JPG
Et voici l'oeuvre "originale" de Fantin Latour...
fantin latour.jpg

25 octobre 2009

Le retour... de Marc Lavoine

marclavoine_volume10.jpgBien sûr, ce n'est plus vraiment la grande époque des duos avec Catherine Ringer.

Bien sûr, dans ce dixième album, Marc Lavoine se laisse parfois un peu trop aller à la facilité des sonorités douceureuses et aux airs déjà mille fois entendus.

Et pourtant, ce nouvel album se laisse écouter sans déplaisir; la voix chaude et un peu mélancolique de Marc Lavoine se révélant finalement une assez belle introduction à l'automne.

On relèvera particulièrement le joli duo avec Valérie Lemercier "La grande amour" mais aussi quelques belles mélodies plutôt tristes comme "Reviens mon amour" ou "Quand je suis seul". Les fans des années 80, quant à eux, en retrouveront l'esprit dans "Les rêves américians" et ses choeurs délicieusement has been.

Bref, malgré ses insuffisances et ses défauts, difficile de ne pas faire preuve d'indulgence pour ce nouvel album d'un auteur décidément attachant !

A découvrir sur deezer.com : http://www.deezer.com/music/marc-lavoine/volume-10-382001...

 
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