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06 décembre 2009

A l'origine : tout simplement magnifique !

àl'origine.jpgIl est des combats en apparence absurdes, futiles ou perdus d'avance qu'il faut pourtant mener jusqu'au bout. Combat contre la fatalité, le renoncement et l'injustice sociale, pour la dignité et la fraternité humaines.

C'est ce combat que Philippe Miller, petit escroc ordinaire, va mener presque malgré lui, véritable héros involontaire de toute une communauté. Plus de deux ans que cette petite ville du Nord, ravagée par le chômage et les délocalisations, attend sans trop y croire le redémarrage des travaux de l'A61 interrompus pour protéger une éspèce rare de sacarabée.

Alors quand le faux ingénieur des travaux publics qu'incarne François Cluzet débarque  dans la région, tel un messie, c'est toute la population qui se prend à éspérer à nouveau et qui va s'engager dans trois mois d'une extraordinaire aventure humaine.

Xavier Giannoli explore ainsi ce qui aurait tout d'une fable moderne si cette drole d'histoire n'avait pas existé. Preuve, une fois de plus, que la réalité dépasse souvent la fiction.

Le récit est tout simplement magnifique et bouleversant. Tout y est : des comédiens remarquables de vérité et d'humanité, des dialogues plein de profondeur et des images qui excellent à décrire ce moment si particulier de magie et de folie collective.

Giannoli n'hésite pas à en rajouter dans les références et les symboles (la guerre, les tranchées...) et pourtant tout sonne juste dans ce film qui reussit le tour de force de concilier réalité sociale, lyrisme et poésie.

On en sort à la fois exalté et ragaillardi, à nouveau plein de foi en l'Humanité et en sa capacité collective à faire bouger les montagnes.

Courez vite voir ce film qui n'a pas eu le succès qu'il aurait mérité alors qu'il figure sans conteste parmi les plus beaux et les meilleurs films de ces dernières années !

A l'origine, de Xavier Giannoli, avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu.

14 novembre 2009

Identité(s) nationale(s) bis

Toujours en plein débat sur l'identité nationale, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager cette chanson de Clarika : "Bien mérité".

 
 
clarika.jpg
Plutôt fort comme paroles non ? Ca me fait penser à tous ces chantres du libéralisme qui pensent que s'ils ont réussi ce n'est que grâce à leurs seuls mérites et certainement pas parce qu'ils ont eu la chance d'avoir des parents favorisés ou de vivre dans un pays qui offre à chacun la possibilité de faire des études gratuitement ou d'accéder à la culture. Alors, bien mérité ou bien hérité ? 
Sur le fond, je n'ai pas envie de revenir longuement sur les propos de Nicolas Sarkozy. Inutile de lui faire davantage de publicité. Je dirais simplement que je n'ai pas attendu ses vociférations pour être fier d'être Français, n'ayant jamais goûté l'esprit de repentance ou l'éspèce de mauvaise conscience occidentale de certains. D'ailleurs ce type de sentiment ne se commande pas et malheureusement, la façon dont la France est gouvernée depuis deux ans et demi me donnerait plutôt honte. Surtout quand notre président s'échine à tourner le dos à ce qui est précisément le coeur de l'identité française comme la laïcité, la justice sociale ou la promotion des droits de l'homme.
Un débat sur l'identité nationale ? Contrairement à ce qu'affirme Nicolas Sarkozy, la Gauche n'en a pas peur. Mais au moment où le chômage flambe comme jamais, on aimerait que le Chef de l'Etat nous explique d'abord comment il compte le juguler !

07 novembre 2009

Identité(s) nationale(s) ?

En plein débat sur l'identité nationale, voici une oeuvre aussi originale que provocatrice de l'artiste malaisien Wong Hoy Cheong exposée  au musée d'art contemporain, dans le cadre de l'édition 2009 de la Biennale de Lyon.
Une réinterprétation de peintures traditionnelles françaises des 18ème et 19ème siècle comme ici celle de Henri Fantin Latour.
Non seulement les oeuvres d Wong Hoy Cheong, mi photographies, mi peintures, sont d'une extraordinaire puissance évocatrice mais en plus elles sont belles ! Et cette rencontre entre des figures de la diversité contemporaine et un style hérité du passé démontre combien "l'esprit français" peut superbement traverser les siècles et donner à voir ce que pourrait être une conception plurielle de l'identité nationale.
A découvrir jusqu'au 3 janvier prochain à la Xème Biennale de Lyon.
Biennale Lyon 2009.JPG
Et voici l'oeuvre "originale" de Fantin Latour...
fantin latour.jpg

27 octobre 2009

Retour sur "l'affaire Mitterrand"

fredericmitterrand.jpgComment ne pas revenir, au moins un instant, sur ce qui faut bien appeler "l'affaire Mitterrand" ? 

Beaucoup a déjà été écrit et, comme souvent en pareil cas, on eut droit à beaucoup d'excès de part et d'autre. Je ne reviendrai pas sur le fond de l'affaire. Comme Olivier Besancenot, je ne tiens à être ni l'avocat, ni le juge de l'actuel Ministre de la Culture et de la Communication auquel il faut reconnaître un courage certain dans la façon dont il a affronté ce douloureux épisode de sa toute jeune carrière politique.

Mais il faudra un jour que l'on m'explique comment, par un tour de passe passe dont seuls les médias ont le secret, on en est venu à transformer "l'affaire Mitterrand" en une "affaire Hamon"; comment une grande partie de l'intelligenstia philsophico-médiatique en est venue finalement à réclamer, dans une extraordinaire pirouette, la démission du porte-parole du parti socialiste.

On peut bien sûr questionner ou contester l'attitude de Benoit Hamon et de plusieurs de ses camarades socialistes dans ce débat. Mais la violence et l'hystérie qu'elles ont déclenchées - au premier rang desquelles figure l'hallucinante tribune de Bernard Henri Levy dans le Monde - auraient finalement plutôt tendance à leur donner raison.

Qui ne voit pas, en effet, que cette unanime levée de bouclier de tout ce que Paris compte de penseurs médiatiques et d'éditorialistes pour soutenir Frédéric Mitterrand vient accréditer un peu plus l'idée, de plus en plus insupportable au commun des mortels, d'un soutien inconditionnel de l'élite politico-médiatqiue à l'un des leurs ? Qu'il suffirait de s'appeler Frédéric Mitterrand, de passer à la télé ou d'habiter le 6ème arrondissement pour être, non seulement au dessus des lois mais surtout inacessible à toute critique ?

A contrario, quels crimes Benoît Hamon a-t-il bien pu commettre pour mériter un tel lynchage ?

Relayer les propos de Marine Le Pen ? Est-ce à dire qu'il faut s'abstenir de traiter d'un sujet dès lors que le Front National l'a abordé ? Ce serait evidemment absurde et dangereux car abandonner à l'extrême droite des pans entiers du débat public; on a vu avec quel succès dans les années 80 et 90.

S'inquiéter qu'un Ministre de la République puisse faire l'apologie du tourisme sexuel ? Frédéric Mitterrand s'en est depuis expliqué et a indiqué qu'il condamnait fermement toute forme de tourisme sexuel. Dont acte. Mais il n'était donc pas illégitime de poser la question. 

Benoît Hamon serait-il alors suspect de jouer les pères la morale, comme s'en sont inquiétés plusieurs commentateurs ? Etonnante conception en vérité car, que je sache, le tourisme sexuel n'est pas affaire de morale; il s'agit ni plus ni moins qu'une infraction pénale !

Aurait-il alors fait assaut d'homophobie en assimilant homosexualité et pédophilie ? Rien dans les propos du porte-parole du PS ne permet de porter de telles accusations. Et cette façon de tenter ainsi de disqualifier quelqu'un avec lequel on est en désaccord a quelque chose de détestable. En outre, ce sont bien les écrits de Frédéric Mitterrand lui même qui sèment le doute et la confusion lorqu'il parle à plusieurs reprises de "gosse", de "garçon" ou "d'éphèbes"... toutes figures bien loin du masseur de 40 ans qu'il s'est plû à décrire lors de son interview au journal de 20h de TF1. Même si - répétons-le - rien dans ces même écrits ne permet d'accuser d'une quelconque façon Frédéric Mitterrand de pédophilie.

Quelques observations, pour finir. On a beaucoup dit que le clivage qui s'était fait jour à l'interieur même du PS sur cette question était d'ordre générationnel. Je ne le crois absolument pas. J'y vois en revanche une nouvelle illustration de la ligne de fracture qui partage au sein de la gauche en général les libéraux libertaires des tenants d'une conception plus "républicaine" au sens où Jean-Pierre Chevènement a pu longtemps la représenter.

Ce débat est également le révélateur du rapport délicat de la Gauche et du Parti socialiste en particulier à la morale. Comme si porter un discours moral et être de gauche était forcément, pour certains, antinomique ou comme si "morale" ne pouvait forcément rimer qu'avec "moralisme". Or, je suis convaincu que c'est précisément parce que la Gauche a abandonné depuis trop longtemps ces questions à la Droite et à l'extrême droite qu'elle perd les élections nationales.

Enfin, mais la chose est liée, ce débat est révélateur là aussi du rapport complexe de la Gauche mais aussi des élites politico-médiatiques avec le peuple. Il n'est qu'à voir les accusations de "populisme" qui ont immédiatement fusées à l'encontre de Benoît Hamon ou de Manuel Valls. Argument d'autorité qui clot tout débat avant même de l'ouvrir en "criminalisant" en quelque sorte la parole de celui avec qui on est en désaccord. Que les habituels tenants de la pensée unique aient recours à ce procédé malsain est devenu hélàs une habitude. Ce qui est plus gênant c'est que certains socialistes ou hommes de Gauche aient cru nécessaire de s'y associer. Il y aurait d'ailleurs beaucoup à dire sur ce recours abusif à la notion de populisme dans notre débat public en ce qu'il illustre la cécité et le mépris d'une large part de ceux qui s'autorisent à dire ce qui est bien et bon dans l'actualité à longeur d'ondes et de colonnes. Mais cela mériterait de trop longs développements.

Concluons avec quelque ironie sur l'étrangeté qu'il y a à voir toute la sarkozye triomphante se sentir obligée de prendre la défense de Frédéric Mitterrand. N'est-ce pas notre actuel Président de la République qui voulait, il y a à peine plus de deux ans, "liquider" l'héritage de mai 68 et s'extraire de la pensée dominante des élites ? A la vue de ces derniers épisodes, on comprend mieux le malaise d'une grande partie de l'électorat UMP ! 

 

25 octobre 2009

Le retour... de Marc Lavoine

marclavoine_volume10.jpgBien sûr, ce n'est plus vraiment la grande époque des duos avec Catherine Ringer.

Bien sûr, dans ce dixième album, Marc Lavoine se laisse parfois un peu trop aller à la facilité des sonorités douceureuses et aux airs déjà mille fois entendus.

Et pourtant, ce nouvel album se laisse écouter sans déplaisir; la voix chaude et un peu mélancolique de Marc Lavoine se révélant finalement une assez belle introduction à l'automne.

On relèvera particulièrement le joli duo avec Valérie Lemercier "La grande amour" mais aussi quelques belles mélodies plutôt tristes comme "Reviens mon amour" ou "Quand je suis seul". Les fans des années 80, quant à eux, en retrouveront l'esprit dans "Les rêves américians" et ses choeurs délicieusement has been.

Bref, malgré ses insuffisances et ses défauts, difficile de ne pas faire preuve d'indulgence pour ce nouvel album d'un auteur décidément attachant !

A découvrir sur deezer.com : http://www.deezer.com/music/marc-lavoine/volume-10-382001...

 
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