Avertir le modérateur

08 juillet 2008

Qui a peur... d'Olivier Besancenot ?

2001948351.jpgC'est la dernière trouvaille des médias : la prétendue irrésistible ascension d'Olivier Besancenot dans le coeur et l'intérêt des Français, et singulièrement du peuple de gauche.

Fort d'une popularité record, le leader du nouveau parti anticapitaliste serait en passe de devenir le pire cauchemar d'un parti socialiste en proie à la guerre des chefs et au social-libéralisme.

Déjà, la droite se lécherait les babines à l'idée que la gauche connaisse l'impasse d'une équation impossible à résoudre entre socialisme gestionnaire et aspirations révolutionnaires, comme le RPR et l'UDF eurent à souffrir des années de la montée en puissance du FN.

Mais si tout cela n'était pas un peu simpliste et relevait davantage de l'artefact médiatique que de la véritable analyse politique ?

Qu'Olivier Besancenot, avec sa bouille attendrissante, sa fraîcheur et son vocable compréhensible par tous, puisse susciter la sympathie et l'attention de citoyens en manque de renouvellement, rien de plus évident.

Que cette subite montée au zénith des sondages de popularité constitue une menace imminente et durable pour le PS ou que le NPA (nouveau parti anticapitaliste) prenne la place occupée hier par le FN dans le débat politique et empêche durablement la Gauche d'accéder aux responsabilités, rien n'est moins sûr.

D'abord parce qu'Olivier Besancenot et son parti (hier la LCR, aujourd'hui le NPA) sont très loin de peser autant que le Front National naguère. Le célèbre postier n'a obtenu qu'un peu moins de 5% à la dernière élection présidentielle, tandis que les candidats LCR aux législatives ont eu toutes les peines du monde à dépasser les 1%. Quant aux dernières municipales, la LCR n'a été en mesure de présenter des listes autonomes que dans une toute petite minorité de communes, quand le FN était capable d'être présent dans la quasi totalité des communes moyennes ou grandes.

Ensuite parce que la sociologie de l'électorat d'Olivier Besancenot n'a rien à voir avec celle du Front National. Plus jeune, plus urbaine et en moyenne plus diplômés, les électeurs d'Olivier Besancenot sont aussi plus enclins à se reporter sur des candidats du PS au second tour dans les élections locales ou nationales, faisant fi d'éventuelles consignes de parti auxquels ils ne se sent pas forcément tenus.

Enfin parce que la popularité d'Olivier Besancenot résulte sans doute pour une grande part d'un phénomène bien connu des sondeurs : déconnectée d'enjeux réels et immédiats (en clair, elle ne préjuge en rien d'un éventuel soutien dans les urnes), elle permet à de nombreux sympathisants de gauche d'adresser un message de mécontentement ou d'insatisfaction aux leaders traditionnels de la gauche.

Plus qu'une menace, la "percée" d'Olivier Besancenot, par ailleurs largement construite par les médias eux mêmes, constitue davantage le symptôme du désarroi et des attentes de toute une partie des électeurs de gauche, las de voir la principale force d'alternance qu'est le PS incapable de se rénover et de générer un discours aussi clair que mobilisateur.

Plus que par un illusoire "coup de barre" à gauche, c'est en prenant davantage en compte les questions sociales plus que sociétales et en renouant avec un discours intelligible par tous que le PS parviendra à "dégonfler" la bulle Besancenot.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu