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26 janvier 2010

Oui il faut une loi contre la burqa !

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Désolante. Voilà comment qualifier la position du Parti socialiste sur la burqa,  incapable, une fois de plus, d’émettre un avis clair et net sur une question ô combien sensible. C’était pourtant l’occasion idéale, après les dérives de Sarkozy à Latran, de s’emparer du combat pour la laïcité et la défense de nos principes républicains. Las. Le Parti socialiste aura, encore une fois, cédé à la facilité d’une position médiane donc illisible, prisonnier sans doute de cet insupportable relativisme qui lui fait tourner le dos, lui et une grande partie de la Gauche, aux valeurs des Lumières. Cette nouvelle version du « ni-ni » repose en outre sur des arguments profondément erronés, pour ne pas dire viciés.

 

Le pire argument que j’ai pu entendre pour s’opposer à une loi contre la burqa c’est qu’on prendrait le risque de stigmatiser, une nouvelle fois, les musulmans. Terrible et insupportable contre sens ! Car on ne peut pas dire à la fois que la burqa ne répond à aucun des préceptes de l’islam et renvoyer en même temps au visage des musulmans cette assimilation insupportable du voile intégral à leur religion. Prétendre qu’interdire la burqa aurait des relents de stigmatisation des musulmans a donc quelque chose de profondément insultant !

 

Redisons-le : la burqa n’a rien à voir avec la pratique de l’islam et tout à voir avec  une dérive sectaire. La burqa n’est pas seulement un signe d’avilissement et d’emprisonnement – fut-il volontaire – de la femme. C’est surtout un refus de l’Autre, une volonté de faire sécession d’avec la société en se soustrayant aux regards des autres ; toutes dimensions particulièrement caractéristiques des sectes. C’est aujourd’hui le fait d’une minorité de musulmans – français pour la plupart voire bien souvent convertis – mais qui dit que d’autres formes de ce refus du monde n’émergeront pas demain, venant d’autres religions ou d’autres mouvements sectaires ?

 

Le deuxième argument, à mes yeux tout aussi irrecevable, c’est qu’une loi serait inapplicable, voire anticonstitutionnelle. Que les libéraux-libertaires, réticents par définition à toute intervention de l’Etat dans les pratiques individuelles, usent de tels arguments, passe encore. Mais que la Gauche et les socialistes s’en fassent également les relais est proprement incroyable. Avec de tels raisonnements, on n’aurait jamais adopté la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat dans un contexte autrement plus tendu. On n’aurait pas davantage légiféré contre le travail des enfants ou pour les congés payés. Comment la Gauche, qui devrait croire dans la force émancipatrice de la loi, peut-elle relayer de tels discours de renoncement, elle dont la mission est de faire que la loi soit du côté de ceux qui n’ont qu’elle pour les protéger ?

De surcroît, il est faux de prétendre a priori que la loi serait inapplicable. N’est-ce pas ce qu’on disait déjà de la loi contre les signes religieux ostensibles à l’école ? Or, la simple adoption de la loi a permis de régler le problème, sans qu’il soit besoin de recourir à la force.

 

Comment, dès lors, procéder pour inscrire ce principe dans un texte qui ne soit pas susceptible de recours pour anti-constitutionnalité ? La solution est très simple : il suffit de prescrire que nul ne peut circuler dans l’espace public qu’à visage découvert ! On interdit bien de se promener nu comme un vert ; je ne vois pas que cette interdiction pose un tel problème de liberté publique !

 

Enfin, troisième et dernier argument : il serait inutile, voire dangereux de vouloir légiférer pour un phénomène marginal. Soulignons d’abord l’impossibilité dans laquelle nous sommes de quantifier ce phénomène. On parlait au départ de 400 femmes porteuses de la burqa puis de 2000. Personne ne connaît les chiffres exacts mais ce qui est certain c’est que cette pratique était quasi inexistante il y a vingt ans et qu’elle s’est développée de façon sensible ces dernières années. Il suffit pour s’en convaincre et éviter de nier l’évidence de se promener dans certains quartiers. Mais, à vrai dire, peu importe le nombre de femmes concernées. La défense de nos principes républicains ne souffre pas d’être réduite à une approche purement quantitative. Quand bien même il n’y aurait qu’une dizaine de cas concernés que la question de l’interdiction de la burqa mériterait d’être posée.

 

Non seulement on ne transige pas avec les principes de la République mais il est nécessaire de les défendre fermement contre toutes les formes d’intolérance, de totalitarisme et de sectarisme. Parce qu’elle fait de la liberté individuelle et du droit d’expression des principes fondamentaux, la République porte en elle sa propre faiblesse. Raison de plus pour sache, dans le même temps, fixer des limites et rappeler à chacun, de façon claire, les règles indispensables au bien vivre ensemble.

 

A cet égard, une simple résolution sans force obligatoire, comme le proposent certains, constituerait sans doute un signe de faiblesse. Souvenons nous du passé : à ne pas avoir voulu régler la question du voile à l’école dès son apparition au début des années 90 – Lionel Jospin était alors ministre de l’éducation et avait courageusement renvoyé le bébé sur le Conseil d’Etat – on a trainé ce problème pendant quinze ans, avant qu’on ne se décide enfin à légiférer !

 

Une conclusion s’impose : légiférons donc vite et passons – enfin – à un autre sujet !

 
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