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04 avril 2007

Oui il faut supprimer la carte scolaire

medium_cartescolaire.jpgLa question de la carte scolaire fait partie de ces débats récurrents qui reviennent régulièrement au premier plan dans la campagne. Libération, dans son édition du 3 avril, consacre ainsi une pleine page aux propositions des candidats en la matière. Où l'on apprend, pour faire court, que Nicolas Sarkozy veut la supprimer purement et simplement et laisser ainsi le libre choix aux familles ; que Ségolène Royal veut simplement la réformer avec des périmètres élargis pour que les familles puissent choisir entre 2 ou 3 établissements ; enfin que François Bayrou refuse d'y toucher, ne serait-ce que pour en respecter le symbole.  

A mon sens, aucune de ces approches n'est réellement satisfaisante. Celle de Nicolas Sarkozy ne ferait qu'accentuer la concurrence et donc les inégalités entre établissements. Celle de Ségolène Royal ne prend pas la juste mesure du problème et risque donc de ne pas répondre pleinement à l'enjeu de la préservation, voire de la restauration de la mixité sociale. Celle de François Bayrou enfin semble davantage dictée par des considérations de marketing politique : ne pas effaroucher le milieu enseignant et donc surtout ne toucher à rien, au risque de laisser la situation empirer.

Je reste, pour ma part, convaincu qu'il faut supprimer la carte scolaire. Née d'une belle idée, elle ne fait aujourd'hui qu'entériner les ghettos qui se sont constitués dans les différents quartiers de nos villes. Or, on sait que mettre à bas ces processus de ségrégation spatiale mettra de nombreuses années et nécessitera d'énormes efforts. Autant dire que pendant ce temps, la carte scolaire ne fait que renforcer ce phénomène d'apartheid et de reproduction sociale. D'où l'absolue nécessité d'en sortir rapidement.

Bien sûr, il ne suffit pas de réclamer la suppression de la carte scolaire. Il faut dire par quoi la remplacer (sinon c'est la loi de la libre concurrence appliquée au marché scolaire) pour promouvoir une véritable mixité sociale.

Le seul système qui me semble à la fois juste, efficace, pragmatique et aisément applicable, c'est le tirage au sort. Les périmètres d'affectation des collèges et surtout des lycées seraient considérablement élargis, y compris en mêlant établissements de centre ville et établissements situés en périphérie. A charge pour les collectivités locales de mettre en place les systèmes de transport scolaire idoines. Mais soulignons que là où le problème se pose avec le plus d'acuité, c'est-à-dire en région parisienne, il existe déjà un réseau de transports en commun très dense et donc largement accessible. Il va de soi que la mise en place de ce système (déjà expérimenté dans d'autres pays comme en Grande-Bretagne) irait de pair avec l'interdiction claire et nette de procéder à toute sélection d'entrée dans les lycées publics. La façon dont des établissements comme Henry IV ou Louis Le Grand choisissent littérralement leurs élèves est tout simplement inacceptable et par ailleurs contraire à la loi.

Une autre solution pour réinstaurer de la mixité sociale consisterait à doter les établissements aujourd'hui dévalorisés de filières d'excellence (options valorisées, classes prépa...). Cette solution, préconisée par plusieurs candidats, n'est évidemment pas à négliger. Sous réserve qu'elle corresponde à de vraies filières, répondant à des besoins spécifiques. En clair, qu'il ne s'agisse pas d'ouvrir, par exemple, des prépas de second rang tout en maintenant le même type de classe dans l'établissement voisin de centre-ville !

Bref, ici comme ailleurs, il faudra plus que de simples bonnes intentions et aussi beaucoup de courage politique pour engager les réformes efficaces dont nous avons besoin.

 
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