Avertir le modérateur

02 septembre 2007

Hollande : j'y suis, j'y reste !

medium_hollande.jpgL'Université d'été du PS aura (au moins) servi à ça : lever le voile sur l'ambition présidentielle de l'actuel premier secrétaire. C'était un secret de polichinelle, mais l'expression a le mérite de la clarté. En indiquant qu'après avoir quitté son poste à la tête du PS, il se préparera à briguer l'investiture du parti à la présidentielle, François Hollande s'est décidé à abattre - enfin - ses cartes.

Par je ne sais quel miracle dont le PS a - hélàs - l'habitude, celui-ci aura d'ailleurs réussi à ressortir de la Rochelle plutôt conforté, alors qu'on lui prédisait de bien mauvais quart d'heures sous le feu nourri des critiques de ses camarades.

Du coup, cette ambition enfin affichée résonne étrangement cent jours à peine après le second tour de l'élection présidentielle. Elle jette une lumière crue sur la campagne passée et valide, à l'évidence, les analyses selon lesquelles François Hollande n'avait jamais accepté la candidature de sa compagne et fit tout (consciemment ou inconsciemment) pour la torpiller.

La stratégie du premier secrétaire est désormais très claire. Il quittera comme promis son mandat à l'issue du Congrès à l'automne 2008 mais ce sera pour mieux briguer l'investiture socialiste à la présidentielle en 2010. En attendant, l'homme va poursuivre sa vieille tactique : laisser ses petits camarades s'étriper, (re)vérouiller le parti en mettant fin au dispositif des adhérents à 20 euros et pousser ses pions au sein de l'appareil, au premier rang desquels figure Benoît Hamon. La petite quarantaine, le tout nouveau porte parole du PS, opposant déterminé à Ségolène Royal et soutien affiché du premier secrétaire, est un spécialiste des aracanes du parti et un manoeuvrier hors pair. Il a su se constituer, depuis son passage à la tête du Mouvement des Jeunes Socialistes, un réseau particulièrement influent et structuré (Nouvelle Gauche). François Hollande a bien compris tout l'intérêt qu'il avait à s'appuyer sur une telle force et à mettre en avant cet ancien dirigeant du Nouveau Parti Socialiste aux côtés d'Arnaud Montebourg et Vincent Peillon. "La rénovation, certains en parlent, moi je la fais" pourra ainsi entonner l'actuel premier secrétaire en passant la main à son jeune allié. 

Cette opération a-t-elle une chance de réussir ? A l'évidence oui car, même s'il semble être ces dernières semaines la cible privilégiée de ses adversaires internes, François Hollande détient toujours de nombreux atouts en main. Outre celui de Benoît Hamon, il peut aussi compter sur le soutien de Razzye Hammadi, président ô combien charismatique du MJS, passé maître dans l'art de "faire des salles"... pas inutile lorsqu'on cherche à se faire ovationner par de jeunes socialistes à la Rochelle ! Mais surtout, François Hollande peut compter sur la "balkanisation" du parti. Un parti plus que jamais éclaté en courants et sous courants sur fond de haines recuites entre vieux leaders à bout de souffle et dont Hollande a toujours su habilement tirer profit !

Dès lors, pour les adversaires de l'actuel premier secrétaire, la problématique est assez simple : comment construire une majorité alternative qui permette enfin de tourner réellement la page Hollande. Or, force est de constater que cette majorité alternative peine aujourd'hui à émerger, entre les tentatives encore désordonnées d'un Bertrand Delanoë, d'un Manuel Valls, d'un Arnaud Montebourg ou de ce qu'il reste des courants fabiusiens et strauss-khaniens. Sans oublier Ségolène Royal, enterrée bien vite mais qui comptera à l'évidence dans la structuration de la future majorité du parti. Comme le disait Arnaud Montebourg il y a quelques jours à Frangy-en-Bresse "parlons-nous, tendons nous la main".

Si tous ceux là ne sont pas capables de s'entendre, c'est bien François Hollande qui en sortira une nouvelle fois victorieux !

Dernière minute : voici un extrait de la dépêche AFP à l'issue du discours de clotûre de François Hollande à la Rochelle : François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste, a reconnu dimanche 2 septembre à la Rochelle que son parti n'était "pas entendu par le plus grand nombre", parce qu'il ne dit "rien de net, de clair, de lisible". On croit entendre Chirac qui 10 ans après son élection commentait gravement la situation sociale du pays comme s'il n'en était pas responsable. Bref, plus que jamais, tout change parce que rien ne change au PS. Et il paraît que le discours fut chaudement applaudi... à pleurer !

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu