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25 janvier 2010

Peillon ou le crime de lèse majesté médiatique

peillon.jpg

 

 Ils passent leur journée à critiquer, à commenter, à juger, à nous dire ce qu’il faut penser de l’actualité mais ils ne souffrent eux même aucune critique, aucune remise en question. Tel est le petit monde des quelques journalistes et éditorialistes influents qui par leur force de frappe – ils couvrent à une dizaine l’ensemble du spectre médiatique – font et défont les réputations, encensent ou assassinent, disent ce qui est bien et ce qui est mal.

 

« L’affaire Peillon » aura été une nouvelle démonstration de ce qu’il faut bien qualifier de « crime de lèse majesté médiatique ». Vincent Peillon, invité à débattre sur France 2 de l’identité nationale, fait faux bond au dernier moment et dénonce un service public complaisant vis-à-vis du pouvoir ? Voilà qui lui vaut la fureur du tout Paris médiatique qui dénonce un « coup politique » sur le dos de la chaîne publique.

 

Coup médiatique ? La belle affaire ! Bien sûr que Peillon s’est essayé à un coup médiatique. Comme si France 2 elle n’avait pas cherché à faire également un coup en organisant un débat  Eric Besson/Marine Le Pen à une heure de grande écoute ! Que serait-il arrivé si Vincent Peillon avait décliné la veille ou quelques heures auparavant ? France 2 aurait à tous les coups trouvé un autre « client » pour venir cautionner sa mise en scène. Et personne n’aurait parlé de la véritable question que pose la ligne éditoriale de France 2 si prompte à relayer les stratégies de com du gouvernement. Car qui ne voit que ce débat Besson/Le Pen servait évidemment les intérêts du ministre de l’immigration soucieux de se refaire une virginité, face à la vice-présidente du Front National et d’apparaître ainsi sous un visage plus modéré ?

 

Je ne suis pas de ceux qui estiment que le Front National ne devrait pas avoir droit de cité à la télévision ; après tout c’est un parti politique légal. Mais quel besoin de lui offrir une telle tribune ? Pourquoi, plutôt qu’un duel, ne pas élargir le débat à des représentants des autres formations politiques si ce n’est justement pour faire un « coup médiatique ».

 

Enfin est-ce le rôle d’une chaîne publique de se laisser imposer les termes du débat public et de relayer, sans aucune distance, la volonté du gouvernement d’imposer le thème de l’identité nationale ? A l’heure où l’on annonce qu’un million de chômeurs vont se trouver cette année en fin de droit, on attend toujours du service public un grand débat sur la politique économique et sociale du Gouvernement !

 

Dans ce contexte,  le « coup médiatique » de Vincent Peillon, qui aura d’ailleurs sans doute un « coût médiatique » en le privant de pas mal d’invitation les prochains mois, aura eu le mérite de poser un vrai débat sur le rôle et la place des chaînes publiques de télévision. Un débat malheureusement occulté par ceux là même qui prétendent l’animer et le promouvoir ! Vraisemblablement de peur du jugement sévère des Français, lesquels – et c’est finalement une bonne nouvelle – ont d’ailleurs largement boudé la désormais fameuse émission !

19 janvier 2009

Incorrigible Alain Duhamel !

alainduhamel.jpgIncorrigible Alain Duhamel ! Voilà que dans sa dernière chronique, parue dans Libération du 15 janvier, réagissant au sondage annuel sur la confiance des Français dans les médias, il dénonce "la dépendance imaginaire des journalistes".

Si la grande majorité des Français ont une piètre opinion des médias et qu'ils jugent majoritairement les journalistes soumis aux pouvoirs politique et économique, c'est le fruit d'une vision erronée de la situation réelle. Argument massue: le foisonnement des nouveaux médias tels qu'internet qui rendrait impossible tout contrôle politique de l'information.

Et d'asséner : "la prime va donc au professionnalisme, au travail, à l'enquête ou à l'analyse, au commentaire, le contraire même de l'obédience, de la sujétion, de la dépendance." Une nouvelle version du "circulez, y'a rien à voir" ou du "tout va très bien madame la marquise" en quelque sorte !

Alain Duhamel n'a certes pas tort d'indiquer que la multiplication des supports rend aujourdhui plus difficile une présentation uniforme de l'actualité. Mais, outre que la presse écrite, radio et audiovisuelle continue de concentrer la majeure partie des audiences, la question de la dépendance des journalistes au pouvoir politique et économique se pose aujourd'hu en des termes très différents. La pression exercée par le pouvoir politique n'a plus grand chose à voir avec ce qu'elle était du temps de l'ORTF mais elle prend d'autres formes, peut-être plus sournoises et donc plus redoutables.  Par ailleurs, les faits sont là : la multiplication des supports n'empêche pas une relative uniformisation du ton et des analyses.

En effet, le problème est moins celui de la dépendance formelle des journalistes au pouvoir politique - encore que celle-ci existe en partie - que celui de la relative homogénéité du corps journalistique sur le plan socioculturel et des conditions même de production de l'information.

Plus qu'une soumission au pouvoir politique, ce que les citoyens dénoncent, et ce dont attestent régulièrement les sondages, c'est le sentiment que les journalistes - du moins ceux qui sont le plus exposés - appartiennent à une même "caste" médiatico-politique, issue des mêmes écoles, des mêmes catégories sociales privilégiées, fréquentant les mêmes lieux, les mêmes personnes et habitant les mêmes quartiers. Ainsi, ce n'est pas hasard que la défiance vis-à-vis des journalistes soit d'autant plus grande chez les jeunes issus de l'immigration ou parmi les habitants des quartiers déshérités, lesquels ont eu souvent à souffrir de l'image caricaturale donnée d'eux par beaucoup de journaux ou de télévisions. Il y a fort à parier que la confiance des Français dans leurs médias serait plus grande si ceux-ci étaient davantage à l'image de la diversité sociale, ethnique ou culturelle du pays. Il suffit d'observer les statistiques sur l'origine socioculturelle des étudiants en école de journalisme pour se rendre compte qu'on est plutôt en recul de ce point de vue par rapport à ces quarante dernières années.  Il faut dire qu'à cette époque les sources de recrutement des journalistes étaient beaucoup plus diverses ; le métier moins "professionnalisé" et en fin de compte moins "standardisé". Il suffit pour s'en convaincre de comparer les jeunes pousses de BFM TV ou de LCI aux journalistes d'antan. Y aurait-il encore de la place aujourd'hui pour un Mourousi, un Jicquel ou même un Sérillon ? J'en doute !

Le second vrai problème ce sont les conditions même dans lesquelles les journalistes sont amenés à effectuer leur travail. Or, ce n'est un secret pour personne que depuis une quizaine d'années les médias en général et la presse écrite en particulier ont été soumis à des critères de plus en plus stricts de rentabilité ayant pour conséquence de réduire le temps dont disposent les journalistes pour faire leur travail. Mener de longues investigations, faire un travail de recherche de plusieurs semaines ou simplement prendre le temps de se documenter et de vérifier ses sources deviennent de plus en plus un luxe alors que ce devrait être la base même d'un travail de qualité. La suppression progressive des journalistes spécialisés pour les remplacer par des journalistes de plus en plus polyvalents accélère un peu plus ce mouvement. Comment dans ces conditions déjouer les pièges du pouvoir politique qui impose de plus en plus son propre timing à coup d'effets d'annonce ou d'opérations de communication. A peine le temps pur les journalistes de réagir qu'on est déjà passé à un autre sujet ! Voilà une dépendance tout aussi redoutable - si ce n'est plus - que celle qui existait du temps de l'ORTF !

On le voit, la plupart du temps, ce ne sont pas les qualités humaines, la probité ou l'honneteté des journalistes en tant que personnes qui sont en cause mais bien les conditions, le cadre dans lesquels ils exercent leur profession. Il est d'ailleurs regrettable que beaucoup de journalistes - notamment les plus en vue - ne puissent envisager plus sereinement les critiques formulées à l'encontre des pratiques journalistiques sans se sentir obligés de prendre globalement la défense de leur corporation ou de dénoncer de prétendues attaques adnominem... ce qui est le plus souvent une façon de ne pas répondre aux questions de fond que posent aujourd'hui l'exercice du métier de journaliste.

Plutôt que de dénoncer une prétendue "dépendance imaginaire des journalistes" on aurait préféré qu'Alain Duhamel ait le courage d'une analyse lucide des raisons pour lesquelles, année après année, la confiance entre les Français et leurs médias se détériore !

17 décembre 2007

Carla et lui...

ffd004dfa2335779c5b455395048a59d.jpgEt pendant ce temps là on ne parle pas :

- de la baisse du pouvoir d'achat

- de la visite de Khadafi et des vrais-faux contrats avec la Lybie

- des franchises médicales en vigueur au 1er janvier

- du salaire du président qui cumule depuis 6 mois son traitement de ministre de l'intérieur et de chef de l'Etat

- de l'adoption en catimini du traité européen

- de la réforme au rabais des institutions

- des négociations sur la suppression du régime de retraite des cheminots qui vont coûter aussi cher que les économies prétendument réalisées

- du diktat d'Arnaud Lagardère sur la délocalisation de la production d'EADS

- de l'ouverture aux banques privées de la collecte du livret A qui va remettre en cause le financement du logement social

- des violences qui se poursuivent chaque semaine dans les quartiers malgré 5 ans de gestion du superflic Sarkozy

- des soirées people de Rachida Dati et de sa réforme de la carte judiciaire

- du déficit du commerce extérieur de la France qui se creuse

- etc...

20 juin 2007

Il faut sauver Arrêt sur images !

medium_asi.2.jpgChaque année ou presque, des rumeurs évoquaient une possible suppression d'Arrêt sur images, l'émission produite et présentée par Daniel Schneidermann sur France 5. Chaque année, depuis douze ans, l'émission était finalement reconduite.

Cette fois ci c'est officiel : ces cinquantes minutes hebdomadaires d'analyse critique de la télévision et des médias ne reprendront pas à la rentrée. Bien qu'il vante un devoir de transparence vis-à-vis des téléspectateurs, le communiqué de France 5 est plutôt laconique, se contentant d'informer que 6 émissions sur 26 ne seront pas reconduites en septembre dans un souci de "renouvellement" de la grille des programmes et de concurrence exacerbée avec l'essor des nouvelles chaînes de la TNT. Une information que l'animateur-producteur avait annoncé il y a plusieurs jours sur son blog et qui se voit donc aujourd'hui confirmée.

Nul doute que cette annonce devrait susciter pas mal de polémique dans les jours à venir, tant la question d'une éventuelle mainmise des pouvoirs politique et économique sur la liberté d'informer est devenue criante dans notre pays.

Alors, sommes nous en face d'une décision légitime d'une chaîne de télévision dans le cadre de sa responsabilité éditoriale ou faut-il voir dans cette suppression les premiers signes d'une forme de censure ou d'autocensure ?

Soyons clairs : qu'une émission soit appelée, après 12 ans, à évoluer plus ou moins profondément n'a rien de choquant. Surtout si, comme l'indique la chaîne, son audience s'effrite régulièrement. Sauf qu'à ma connaissance aucune proposition d'évolution n'a été faite à Daniel Schneidermann. Un changment de format ou d'horaire de l'emission aurait pû être envisagé et discuté. Or, c'est une décision brutale de suppression pure et simple qui a été préférée par la direction de la chaîne.

Concrètement, si cette décision devait être confirmée - ce qu'il y a malheureusement tout lieu de craindre - il n'y aurait plus sur la télévision française une seule émission d'analyse et de critique des médias. Au moment où chacun s'accorde à reconnaître le poids de plus en plus important des images dans la construction et le fonctionnement de notre société ; où la maîtrise de ces images constitue un élément de plus en plus déterminant pour la conquête et l'exercice du pouvoir et où les citoyens croulent de plus en plus sous le flot d'images et d'informations aux sources les plus diverses et souvent confuses, l'existence d'une émission de décryptage des médias comme l'est Arrêt sur images est absolument indispensable. C'est même une question de salubrité publique et démocratique.

On peut ne pas être toujours en accord avec le contenu ou le traitement de l'émission, on peut contester certains choix ou certaines lectures, on peut même goûter avec modération la personnalité - controversée - et le côté un peu Saint Just de Daniel Schneidermann. Mais on ne peut nier que cette emission est un formidable espace de liberté, comme il en existe peu dans notre paysage médiatique. Comment ne pas constater, en effet, que l'augmentation quantitative de l'offre télévisuelle à laquelle on assiste depuis ces dernières années, notamment avec la TNT, s'accompagne malheureusement trop souvent d'une diminution de la qualité et de la diversité réelle des programmes, au nom de prétendus impératifs d'audience. N'est-ce pas précisément la mission première d'une chaîne de service public comme France 5, financée en grande partie sur des deniers publics c'est-à-dire par nous tous, de ne pas tout sacrifier à l'audience et de jouer ce rôle à la fois civique et pédagogique ? Et comment ne pas constater le divorce qui s'installe chaque jour un peu plus entre les citoyens et les journalistes faute de la part de ces derniers d'accepter une quelconque autocritique ou tout le moins un quelconque ragard introspectif sur leur travail et les conditions de production de l'information dont ils sont eux-même bien souvent prisonnier ?

Autant par sa brutalité que sur le fond, la décision de France 5 est donc inacceptable. Qu'on le veuille ou non, Arrêt sur images est devenu aujourd'hui le symbole des trop rares espaces de liberté, d'intelligence, de débat, de confrontation et d'anlayse critiques qui subsistent dans notre société médiatique. Sa suppression, quelques semaines seulement après l'entrée en fonction d'un nouveau président de la République sur lequel pèse - à tort ou à raison - de lourds soupçons de contrôle ou de connivence avec les médias, ne pourra qu'alimenter la défiance de plus en plus forte qui existe entre les citoyens français et leur appareil médiatique.

A la direction de France 5, je le dis simplement : il serait sage de renoncer. Mais si celle-ci devait perceverer, il faudrait tout mettre en oeuvre pour qu'Arrêt sur images renaisse rapidement de ses cendres. Et pourquoi pas en appeler à notre nouveau président de la République qui semble tout puissant et si enclin à l'ouverture ces derniers jours ?

20 avril 2007

Internet c'est fou !

medium_google.jpgVoilà ce qui arrive quand, sans avoir rien demandé, on se trouve propulsé en tête de liste (ou dois-je dire de gondole ?) sur Google news : plus d'une centaine de commentaires, et sans doûte beaucoup plus de visiteurs, en moins de deux heures pour un modeste blog qui peine généralement à réunir ses 50 visiteurs journaliers !

Je devrais sans doûte être content : comme le prophétisait Andy Warhol, voici enfin arrivé mon quart d'heure de gloire et de célebrité grâce au net. Pourtant, tout cela m'inspire une grande perplexité.

Perplexité sur les critères de référencement de Google. Plusieurs d'entre vous se posent la question : qu'est-ce que le billet d'un simple blog comme le mien fait en tête de liste sur Google news, aux côtés d'informations censées être "sérieuses" produites par de "vrais" médias ou en tous cas de "vrais" journalistes ? Et bien franchement, j'en sais absolument rien et j'en suis aussi surpris que vous ! Je peux simplement vous affirmer que je n'ai aucune taupe chez Google ou chez 20minutes. Merveille de la technologie internet qui laisse ainsi sa chance à n'importe quel blogueur ou dangereuse dérive ouvrant la voie aux pires des confusions ainsi qu'à toutes les démagogies ? Le débat est ouvert. En tous cas il incite les lecteurs à la prudence et au regard critique (pour ça je vous fais confiance, vu la teneur de vos commentaires...) pour distinguer le vrai travail journalistique du simple mot d'humeur d'un citoyen engagé. A lire certains commentaires, y'a encore du boulot et ça aussi me laisse très perplexe.

Alors pour clore (provisoirement) le débat, quelques précisions à l'attention de ceux qui n'auraient pas bien compris :

- oui ceci est le blog d'un citoyen engagé et non l'article d'un journaliste professionnel

- oui je revendique une totale subjectivité et n'ai jamais prétendu à une quelconque objectivité ou neutralité (d'ailleurs ça n'existe pas, même de la part des "vrais" journalistes)

- oui je revendique l'humour, le second degré et même une certaine dose de caricature (encore que certains n'ont pas besoin de moi pour se caricaturer eux même !)

- oui j'accepte la contradiction, les avis contraires ou qu'on apprécie pas mon humour mais je déplore que les arguments de certains se réduisent à l'injure

- enfin... on garde son calme et VIVEMENT DIMANCHE !

 
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