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10 mars 2007

Polnareff ou la nostalgie des seventies

medium_polnareff.jpgDonc, il est revenu. 10 concerts complets à Bercy et puis dans toute la France. 10 Bercy ça fait du monde :  environ 100 000 personnes pour écouter celui qui avait déserté la scène depuis plus de 30 ans. C'est en soi un événement. On avait tellement déblatéré sur son compte, ce pauvre Polnareff ; tellement dit qu'il ne reviendrait jamais, qu'il avait perdu toute inspiration, toute énergie. Et bien non, il est là et affiche complet... qui peut en dire autant ?

Alors, comme tant d'autres, je me suis pressé ce vendredi soir pour découvrir sur scène celui que je n'ai jamais connu que comme un exilé. Dans la salle comble, un public populaire et familial, des parents, des grands parents, des trentenaires mais pratiquement pas un black ou un arabe. Sentiment étrange et diffus d'une grande homogénéité sociale, à travers les âges.

Et puis voilà qu'apparaît l'icone - comment le qualifier autrement ? - dans un décor où trone la célèbre paire de lunettes blanches. Une certaine fébrilité s'est emparée de la sallle : va-t-on le retrouver tel qu'on l'aime depuis tant d'années notre Polnareff ou le poids des ans aura-t-il fait son oeuvre ? Au premier titre, on s'inquiète un peu et puis très vite notre Michel national retrouve sa voix inimitable et ses envolées dans les aigües. Ouf, on est soulagé ! Les titres s'enchainent et le charme opère grâce à une scénographie suffisamment économe en effets pour ne pas tirer la couverture à elle mais mettre en valeur l'univers de chaque chanson.  Polnareff n'est jamais aussi bon que lorqu'il se retrouve au piano pour ses titres phares comme Good bye Marylou. La salle communie, sans excès, comme s'il elle retrouvait une vieille connaissance avec une émotion contenue.

Alors, on songe que c'est peut-être cela le succès du come-back de Michel Polnareff : un public de "français moyens" venus retrouver une petite parcelle d'un paradis perdu, celui de la France des années d'avant la crise, où la légereté et la provocation avaient encore un sens, où le chômage, la précarité et le sida n'avaient pas encore complètement obscurci l'horizon. Un public venu renouer, l'espace d'un concert, avec ses souvenirs et tenter de se convaincre que malgré les années qui passent, il n'a pas tant vieilli. La preuve, Polnareff, lui, est toujours là ! Après tout, à la veille de tourner définitivement la page des seventies avec la retraite de Chirac et alors que dehors la mondialisation menace, voilà quelque chose de rassurant.

 
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