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17 décembre 2007

Carla et lui...

ffd004dfa2335779c5b455395048a59d.jpgEt pendant ce temps là on ne parle pas :

- de la baisse du pouvoir d'achat

- de la visite de Khadafi et des vrais-faux contrats avec la Lybie

- des franchises médicales en vigueur au 1er janvier

- du salaire du président qui cumule depuis 6 mois son traitement de ministre de l'intérieur et de chef de l'Etat

- de l'adoption en catimini du traité européen

- de la réforme au rabais des institutions

- des négociations sur la suppression du régime de retraite des cheminots qui vont coûter aussi cher que les économies prétendument réalisées

- du diktat d'Arnaud Lagardère sur la délocalisation de la production d'EADS

- de l'ouverture aux banques privées de la collecte du livret A qui va remettre en cause le financement du logement social

- des violences qui se poursuivent chaque semaine dans les quartiers malgré 5 ans de gestion du superflic Sarkozy

- des soirées people de Rachida Dati et de sa réforme de la carte judiciaire

- du déficit du commerce extérieur de la France qui se creuse

- etc...

10 avril 2007

Pourquoi Ségolène peut (encore) gagner

medium_ségo.jpgA moins de deux semaines du premier tour de l'élection présidentielle, n'en déplaise à ceux qui pensent que les jeux sont faits, je persiste et signe : la victoire de Ségolène Royal est non seulement possible ; elle est même probable.

Voici pourquoi.

1. Elle tient bon.

J'ai déjà eu l'occasion de dire ici que la stratégie de dénigrement systématique initiée par Nicolas Sarkozy et ses partisans à l'encontre de la candidate socialiste pouvait paradoxalement la renforcer dans l'image d'une femme forte et courageuse. Bravant les embuches de toute sorte et les pronostics plus sombres les uns que les autres des analystes politiques, Ségolène Royal , malgré les critiques et les fluctuations, a su, tout au long de cette longue campagne, se maintenir à flot et surtout maintenir un certain nombre de ses positions, contre l'avis même de certains ténors socialistes.

2. La peur d'un 21 avril bis va jouer en sa faveur

Nul doute qu'une grande partie des électeurs de gauche ne prendra pas à nouveau le risque d'une qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour. Or, rien aujourd'hui ne permet d'affirmer avec certitude l'absence d'un tel risque. Ségolène Royal devrait donc largement profiter de ce réflexe du "vote utile"; lequel sera martelé jusqu'aux dernières heures de la campagne par le PS et certains médias.

3. Nicolas Sarkozy est surestimé

Je suis prêt à prendre tous les paris : Nicolas Sarkozy sera, au soir du 22 avril, plus proche des 20% que des 30%. D'abord parce que s'il a su rassembler son camp, le candidat UMP suscite beaucoup de réserves y compris auprès des électeurs traditionnels de droite ; lesquels viennent alimenter le vote Bayrou. Ensuite parce que nombre de sondés qui annoncent vouloir voter pour Sarkozy s'apprêtent en réalité à voter Le Pen. En ce sens, la stratégie de virage à droite initiée ces dernières semaines par le candidat UMP après ses appels du pied à la gauche, est une erreur. Elle vient renforcer les inquiétudes qu'il suscite auprès de l'électorat modéré et conforte les électeurs frontistes dans leur choix, selon le vieil adage que les électeurs préfèrent toujours l'original à la copie. Par ailleurs, tout à l'activisme de l'ex ministre de l'interieur, on en oublierai presque les piteux résultats électoraux réalisés ces dernières années par Nicolas Sarkozy : il mena à la déroute la liste RPR aux européennes de 1999, n'empêcha nullement le "21 avril à l'envers" des régionales de 2004, tandis que sa contribution à la campagne référendaire en mai 2005 ne fit pas gagner une voix au oui. Alors, prudence...

4. Jean-Marie Le Pen est sous-estimé

Là aussi, je suis prêt à prendre tous les paris : Le Pen fera le 22 avril au moins autant de voix qu'en 2002. Tout simplement parce qu'aucune des causes de son accession au second tour il y a cinq ans n'ont disparues ; la situation a même eu tendance à s'aggraver. Les électeurs du FN sont parmi les plus sûrs de leur choix et ils revendiquent de plus en plus ouvertement leur vote. Le score en pourcentage du FN dépendra donc du niveau de mobilisation et de celui des autres candidats.

5. Il demeure 18 millions d'indécis

Autant dire que cela relativise complètement les chiffres des sondages qui nous annoncent à longueur de journée la future et inéluctable victoire de Nicolas Sarkozy. En vérité, la clef du scrutin réside principalement dans la capacité des candidats à mobiliser leur camp. Le déplacement de quelques centaines de milliers de voix peut donc changer complètement l'issue du scrutin et en particulier la physionomie du second tour, puisque la qualification se jouera entre 20 et 25 %.

6. La peur de Sarkozy

Rarement un candidat sérieux à l'élection présidentielle n'aura suscité autant de craintes, de réprobations, voire de haine de la part de toute une partie des citoyens. Une image dont Nicolas Sarkozy, malgré ces efforts, ne parvient pas à se défaire. Dès lors, dans une configuration où il accéderait au second tour, l'appel à un "tout sauf sarkozy" pourrait se révéler redoutablement efficace. Là encore, n'en déplaise aux sondages, je suis convaincu que Ségolène Royal peut battre Nicolas Sarkozy au second tour parce qu'elle incarne beaucoup plus le rassemblement et la confiance que le candidat UMP. En fonction des résultats au soir du 22 avril, c'est une tout autre campagne qui va s'engager pendant les quinze jours de l'entre deux tours. Autant dire que les sondages sur le second tour n'ont aucun sens tant qu'on ne connaît pas les résultats du premier. Ségolène Royal première au premier tour et enclanchant ainsi une nouvelle dynamique de second tour ? Rien d'invraisemblable... Lionel Jospin arriva bien en tête lors du 1er tour en 1995 alors que la gauche n'était même pas sûre d'être présente au second tour. Ségolène pourrait en tous cas bénéficier du report de voix de certains électeurs de François Bayrou, effet là encore du "tous sauf sarko".

Bref, tous ceux qui pensent que l'élection est pliée feraient mieux de se méfier... et de voter, car jamais l'expression "chaque voix comptera" n'aura été si exacte.

04 avril 2007

Oui il faut supprimer la carte scolaire

medium_cartescolaire.jpgLa question de la carte scolaire fait partie de ces débats récurrents qui reviennent régulièrement au premier plan dans la campagne. Libération, dans son édition du 3 avril, consacre ainsi une pleine page aux propositions des candidats en la matière. Où l'on apprend, pour faire court, que Nicolas Sarkozy veut la supprimer purement et simplement et laisser ainsi le libre choix aux familles ; que Ségolène Royal veut simplement la réformer avec des périmètres élargis pour que les familles puissent choisir entre 2 ou 3 établissements ; enfin que François Bayrou refuse d'y toucher, ne serait-ce que pour en respecter le symbole.  

A mon sens, aucune de ces approches n'est réellement satisfaisante. Celle de Nicolas Sarkozy ne ferait qu'accentuer la concurrence et donc les inégalités entre établissements. Celle de Ségolène Royal ne prend pas la juste mesure du problème et risque donc de ne pas répondre pleinement à l'enjeu de la préservation, voire de la restauration de la mixité sociale. Celle de François Bayrou enfin semble davantage dictée par des considérations de marketing politique : ne pas effaroucher le milieu enseignant et donc surtout ne toucher à rien, au risque de laisser la situation empirer.

Je reste, pour ma part, convaincu qu'il faut supprimer la carte scolaire. Née d'une belle idée, elle ne fait aujourd'hui qu'entériner les ghettos qui se sont constitués dans les différents quartiers de nos villes. Or, on sait que mettre à bas ces processus de ségrégation spatiale mettra de nombreuses années et nécessitera d'énormes efforts. Autant dire que pendant ce temps, la carte scolaire ne fait que renforcer ce phénomène d'apartheid et de reproduction sociale. D'où l'absolue nécessité d'en sortir rapidement.

Bien sûr, il ne suffit pas de réclamer la suppression de la carte scolaire. Il faut dire par quoi la remplacer (sinon c'est la loi de la libre concurrence appliquée au marché scolaire) pour promouvoir une véritable mixité sociale.

Le seul système qui me semble à la fois juste, efficace, pragmatique et aisément applicable, c'est le tirage au sort. Les périmètres d'affectation des collèges et surtout des lycées seraient considérablement élargis, y compris en mêlant établissements de centre ville et établissements situés en périphérie. A charge pour les collectivités locales de mettre en place les systèmes de transport scolaire idoines. Mais soulignons que là où le problème se pose avec le plus d'acuité, c'est-à-dire en région parisienne, il existe déjà un réseau de transports en commun très dense et donc largement accessible. Il va de soi que la mise en place de ce système (déjà expérimenté dans d'autres pays comme en Grande-Bretagne) irait de pair avec l'interdiction claire et nette de procéder à toute sélection d'entrée dans les lycées publics. La façon dont des établissements comme Henry IV ou Louis Le Grand choisissent littérralement leurs élèves est tout simplement inacceptable et par ailleurs contraire à la loi.

Une autre solution pour réinstaurer de la mixité sociale consisterait à doter les établissements aujourd'hui dévalorisés de filières d'excellence (options valorisées, classes prépa...). Cette solution, préconisée par plusieurs candidats, n'est évidemment pas à négliger. Sous réserve qu'elle corresponde à de vraies filières, répondant à des besoins spécifiques. En clair, qu'il ne s'agisse pas d'ouvrir, par exemple, des prépas de second rang tout en maintenant le même type de classe dans l'établissement voisin de centre-ville !

Bref, ici comme ailleurs, il faudra plus que de simples bonnes intentions et aussi beaucoup de courage politique pour engager les réformes efficaces dont nous avons besoin.

12 mars 2007

Bayrou dans les pas de Chirac

medium_bayrou.2.jpgLa bienveillance appuyée avec laquelle François Bayrou a parlé de Jacques Chirac hier soir au Grand Jury RTL traduit parfaitement la stratégie du candidat UDF.

Qu'il semble loin le temps où Bayrou dénonçait les turpitudes et les dérives d'un système monarchique finissant si bien incarné par un Jacques Chirac refusant systématiquement d'endosser toute responsabilité politique. Qu'il semble loin le temps où Bayrou vociférait contre le choix du président de la République de créer un grand parti de droite aux lendemains du 21 avril 2002 plutôt que d'ouvrir largement sa majorité, au regard des conditions si particulière de son élection au second tour.

C'est que derrière les postures sur la rénovation de la vie politique, François Bayrou est passé maître dans l'usage des vieilles ficelles de la stratégie politique. L'hommage a peine voilé au président sortant a tout de l'appel du pied aux derniers chiraquiens qui répugnent, malgré les discours officiels, à soutenir Nicolas Sarkozy, surtout à un moment où ce dernier donne un coup de barre à droite, avec les signaux à peine subliminaux en direction de l'électorat FN que constitue le rapprochement entre immigration et identité nationale.

Voilà qui jette un regard cru sur la réalité de l'engagement politique de François Bayrou. L'homme prétend s'être extrait de tout camp mais il apparaît de plus en plus comme ce qu'il n'a jamais cessé vraiment d'être : un homme fidèle à la droite et prêt, y compris, à endosser le piteux bilan de douze ans de chiraquisme.

Voilà qui devrait en faire réfléchir plus d'un. Surtout parmi les sympathisants de gauche séduits par le positionnement au dessus des partis du candidat UDF.

23 février 2007

Et si on supprimait les journalistes politiques ?

medium_sarkoetlesjournalistes.jpgJe vous rassure tout de suite, je ne veux rien faire de répréhensible pénalement.

Seulement l'idée m'est venue comme une évidence en regardant il y a quinze jours l'emission "Arrêt sur images" consacrée aux liens entre Nicolas Sarkozy et les journalistes. Et franchement il y avait de quoi frémir.

Non pas tellement de l'attitude de Nicolas Sarkozy qui sait si bien s'y prendre pour jouer de la connivence avec les journalistes, dans un subtil mélange de sympathie et de tension melées. Après tout c'est son job. Non, ce qu'il y avait d'atterrant c'est l'attitude pour le moins désinvolte et détachée des journalistes "accrédités" qui suivent à longueur de temps le ministre-candidat.

Celui-ci monte de toute pièce des voyages de presse pour mettre en scène sa réconciliation avec Cécilia. Ben oui mais bon on y va quand même et donc faut bien en parler. Il refuse de répondre à des questions génantes sur son patrimoine ? Ben on peut pas y faire grand chose, on va quand même pas le harceler. Il tutoie chacun ? Que voulez vous y faire ? Le must du cynisme assumé, c'est encore cette parole lachée par le journaliste du Monde Philippe Ridet : "le fond, je m'en fous" ! C'est vrai qu'on est trop occupé à relater les "états d'âme" plus ou moins spontanés du président de l'UMP ou à quémander aux conseillers en commuication un entretien en "off", histoire de pouvoir distiller dns ses papiers quelques confidences.

Est-ce parce qu'il a compris l'effet délétère de son attitude sur ses lecteurs que le même Philippe Ridet a tenté de se rattraper dans un long papier paru le 20 février et intitulé "Ma vie avec Sarko" ? Article qui s'apparente à un laborieux et peu convaincant plaidoyer sur le difficile métier de journaliste accrédité ou "embarqué" comme on dit pour les journalistes couvrant la guerre en Irak.

Oui, je me doute que ça doit pas être facile tous les jours le métier de journaliste accrédité auprès de Nicolas Sarkozy ou auprès de n'importe quel homme politique d'envergure d'ailleurs (encore que notre Sarkozy national soit un maître en la matière). Pas facile de résister à la machine bien huilée du marketing électoral et de la communication politique. Pas facile de s'extraire de ce microcosme si près du pouvoir et pourtant si loin du réel. Pas facile, si ce n'est impossible, de prendre du recul pour analyser, disséquer, "décrypyter" comme on dit dans le milieu médiatique, les déclarations de celui qu'on suit au jour le jour et dont on partage finalement un peu de la vie (à cet égard, le titre du papier de Philippe Ridet n'est pas innocent).

Alors, comme à l'impossible nul n'est tenu et que pour être journaliste on n'en est pas moins homme, je propose tout simplement que l'on supprime ces fameux "journalistes accrédités" dont on se demande parfois s'ils ne sont pas devenus de simples faire-valoir de nos hommes et femmes politiques. Il ne manque pas de journalistes talentueux, chacun dans leur domaine de compétence respective, pour couvrir l'actualité et les déplacements de tel ou tel candidat. Sarkozy fait un voyage dans le Nord pour parler emploi ? Qu'on y envoie le ou la journaliste chargé de ces questions. Au moins, il ou elle connaîtra (un peu) le sujet et sera davantage capable de relever telle ou telle incohérence dans le discours du candidat. En changeant ainsi régulièrement les journalistes au contact de nos hauts responsables politiques, on réduira du même coup les risques de connivence. Et puis, il sera plus difficile pour Jean-Pierre Elkabach de demander l'avis de Nicolas Sarkozy sur le journaliste appelé à le suivre !

 
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