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27 août 2007

Mes 10 bonnes raisons de ne pas aller à la Rochelle

medium_larochelle.jpgComme chaque année, le dernier week end d'août marquera la rentrée des socialistes avec les traditionnelles mais très contournables Universités d'été du Parti socialiste à la Rochelle.

En bon militant, je devrais me faire un devoir d'assister à ce grand moment de fraternité et de réflexion collective. Et pourtant...

Voici mes 10 bonnes (ou moins bonnes !) raisons de ne pas me rendre à la Rochelle cette année. A vous de juger !

 1. Parce que j'ai pas envie de voir François Hollande conclure, comme si de rien n'était, ces Universités d'été pour la onzième fois consécutive.

2. Parce que tout s'est déjà passé le week end dernier à Melle et à Frangy avec les rassemblements respectifs de Ségolène Royal et d'Arnaud Montebourg... ils l'ont dit à la télé ! Même François Hollande a dû écourter ses vacances pour griller la politesse de ses deux camarades.

3. Parce qu'une réunion en vase clos entre militants (et encore ceux qui arrivent à avoir une place) n'a aucun sens, à partir du moment où la direction actuelle, dans un grand élan démocratique, a refusé de remettre en jeu son mandat après la troisième défaite consécutive à la présidentielle.

4. Parce qu'on connaît déjà tous les coins et recoins de la Rochelle, ville au demeurant charmante et qu'il aurait été symboliquement plus appropriée de changer de lieu pour une fois... tiens pourquoi pas Clichy-sous-Bois (commune ô combien symbolique) ou Mulhouse (commune pas moins symbolique !).

5. Parce qu'il eut été préférable de débattre largement avec nos sympathisants, les représentants des syndicats, des associations, les intellectuels des raisons de notre échec plutôt que de nous replier une fois de plus sur nous mêmes.

6. Parce qu'il suffit de se rendre dans une librairie au rayon politique pour se rendre compte que cette édition 2007 va virer au réglement de compte vis-à-vis de notre ex candidate ; le lynchage... très peu pour moi, même si Ségolène a commis des erreurs, c'est un peu facile de tout lui coller sur le dos.

7. Parce que notre premier secrétaire va encore entonner l'air du nécessaire rassemblement : il faut jouer plus collectif, dire plus "nous" et moins "je", serrer les rangs dans l'adversité... merci on connaît la chanson ! Marre d'être un bon petit soldat, surtout pour de tels résultats, tandis que la direction reste droite dans ses bottes.

8. Parce que, faute de pensée commune et d'idée neuve, on va frapper à bras raccourci et sans nuance sur le nouveau gouvernement sans se rendre compte que les Français n'en peuvent plus de ces schémas manichéens, surtout 100 jours seulement après une élection.

9. Parce que cette année, à cause de Sarkozy qu'a proposé le FMI à DSK, on pourra même pas demander une photo dédicacée à Anne Sinclair. Toujours à cause de Sarkozy qu'a proposé à Jack Lang d'intégrer la commission sur les institutions, on pourra même plus voir notre ami Djack déambuler sur le parvis de l'Espace Encan à la recherche de tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à une caméra.

10. Enfin, la pire ou la meilleure de toutes, parce qu'une fois de plus, il revient... il a traversé le pont de l'île de ré... il paraît même qu'il a écrit un bouquin... va-t-il encore pleurer cette année ?

27 juin 2007

PS : vous avez dit rénovation ?

medium_ps.jpgDepuis le Conseil national du PS samedi dernier, j'hésite entre rage et désespoir.

Pour la troisième fois consécutive, mon parti vient de perdre l'élection présidentielle et que s'empresse-t-il de faire ? Réaffirmer sa confiance, à la quasi unanimité, à son premier secrétaire François Hollande et reconduire au poste qu'il occupe depuis 10 ans Jean-Marc Ayrault comme président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale (même si ce dernier n'a pas démérité et que son idée de "shadow cabinet" est plutôt une bonne chose).

Pourtant, au lendemain du 6 mai, tout le monde n'avait qu'un mot à la bouche : rénovation. Le soir même du second tour, Dominique Strauss Kahn n'avait pas de mot assez dur à l'encontre du premier secrétaire, accusé de porter une lourde responsabilité dans la défaite des socialistes.

Et à quoi assiste-t-on lors de ce conclave aux allures de sombre farce ? A une énième combinaison d'appareil comme le PS en est hélas coutumier où par des alliances aussi baroques que conjoncturelles tout ce petit monde se met d'accord pour ne surtout rien changer. La motion adoptée à la quasi unanimité par le Conseil national, pseudo Parlement du parti, est digne des pires temps de la SFIO. Dans un grand élan de prise de conscience collective, les dirigeants du parti ont en effet pris la courageuse décision de constituer une "commission de la rénovation" chargée de plancher sur la question d'ici le prochain Congrès maintenu à l'automne 2008. On reste coi devant une telle irresponsabilité et une telle cécité. Et dire que les partisans de DSK et de Fabius, hier ennemis intimes, n'ont pas hésité un instant à se coaliser pour maintenir à son poste un François Hollande tant honni par ceux là même !

Car en vérité tout est bon pour barrer la route à Ségolène Royal. C'est même devenu le seul objectif commun de cette coalition des éléphants et tant pis si le parti en sort une fois de plus exangue. 

On peut faire tous les reproches possibles à l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle. Elle a, à l'évidence, sa part de responsabilité dans l'échec du 6 mai et elle s'enorgueillerait de le reconnaître. Mais voir se transformer un conseil national en une séance de lynchage en règle de l'ex candidate est inacceptable. Surtout si cela permet d'évacuer du même coup la question de la responsabilité des leaders du parti dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils n'ont pas été d'une loyauté à toute épreuve pendant la campagne. Ségolène Royal a eu raison de ne pas assister à ce spectacle affligeant. Que François Hollande ait pu laisser faire en dit long sur son état d'esprit présent, passé et à venir.

Car, grâce à un de ces tours de passe passe dont il a le secret, notre "culbuto" national a encore berné son monde. C'est, à l'évidence, le champion des manoeuvres d'appareil. Il est clair que son annonce, il y a quelques semaines, selon laquelle il ne se représenterait pas à son poste de premier secrétaire avait tout du leurre. Usant et abusant des finesses du calendrier, il n'a qu'un objectif ; toujours le même depuis 10 ans : durer et s'imposer à l'usure, actionnant tant qu'il peut les ressorts de la prétendue préservation de l'unité du parti. Et dire que les strauss-kaniens ou les fabiusiens pensent encore pouvoir s'en débarrasser dès qu'il n'en auront plus besoin. Mais il faut être aveugle pour ne pas voir que c'est Hollande lui même qui les manipule et qu'il tirera, comme il l'a toujours fait, les marrons du feu !

Tout cela finalement arrange bien tous les potentats locaux qui constituent l'appareil du parti. Hollande leur convient très bien qui n'a jamais eu l'audace de venir sur leurs plate bandes. Après tout, le PS sort plutôt renforcé de ce cycle électoral dans les grandes agglomérations. Alors, gagner ou pas les élections nationales...

Voilà bien où nous en sommes après 10 ans de Hollandisme : un parti socialiste plus féodalisé que jamais, à la tête duquel surnage un chef sans charisme et sans pouvoir réel ; éternel plus petit commun dénominateur d'un parti dont la seule ambition semble la gestion pépère de son patrimoine électoral local.  

Oui, décidément, il n'y a plus guère de chose à attendre d'un appareil socialiste vieillissant et suicidaire. Une seule solution : tenter de noyer ce conglomérat inepte sous le flot de milliers de nouveaux adhérents pour prendre enfin les commandes du navire socialiste. La bataille s'annonce rude mais il n'y a pas d'alternative. A l'abordage !

14 mai 2007

Au PS tout change parce que rien ne change !

medium_conseilnational.jpgLe Conseil national du PS de ce samedi fut à la hauteur de mes attentes : il ne s'est rien passé ou si peu ! Mêmes sourires figés devant les caméras. Même poncifs sur la nécessaire unité du parti. Même brochette de "vieux croutons" (l'expression n'est pas de moi, je n'oserais pas, mais du camarade DSK) qui se regardent en chien de faïence. Mêmes discours abscons où le positionnement tactique tient lieu de prise de position. Ca en deviendrait presque drôle si ce n'était pas triste à en pleurer. Même la saison 3 de Lost va être reléguée en deuxième partie de soirée faute d'audience alors, vous pensez, si la saison 10 "d'apparatchikland" (le mot n'est toujours pas de moi mais du camarade Peillon) est ennuyeuse.

Bref, il nous faudra attendre. Mais promis, la grande clarification, la grande rénovation auront lieu sitôt les élections légisaltives passées. Enfin , plus sûrement après les vacances d'été (ben oui il faut bien se reposer quand on a tout donné à sa candidate !) ; à moins que ce soit au printemps prochain. C'est que faudrait pas se montrer irresponsable tout de même à quelques semaines des élections municipales ; échéances autrement plus importantes que l'avenir du pays ou la reconstruction d'une alternative à Sarkozy.

Pendant ce temps, le jeu de rôle continue.

François Hollande veut à nouveau nous la jouer "grand rassembleur en chef" et se fait tout d'un coup plus flou sur son engagement de quitter la tête du parti après l'élection présidentielle. Dix ans qu'il est là avec 2 défaites présidentielles à la clef mais qu'importe, fidèle à sa méthode, il éspère encore s'y maintenir, usant et abusant de ses talents manoeuvriers et de sa maitrise du calendrier. La simple dignité devrait l'inciter à remettre en jeu son mandat dès l'après législatives. Mais non, l'homme semble plus que jamais décidé à faire descendre le PS qui n'est déjà plus, à bien des égards, qu'un syndicat de notables, toujours plus bas. Si l'on n'y prend pas garde, si, aux quatre coins du PS, on ne s'élève pas contre cette désastreuse dérive, alors on pourrait assez vite dresser l'irrémédiable constat de décès d'un parti définitivement nécrosé.

Dominique Strauss-Kahn, quant à lui, se dit "disponible" pour engager la rénovation du PS. Il n'a pas de mots assez durs pour dénoncer l'attitude du premier secrétaire, accusé d'être le principal responsable de la défaite présidentielle. Si je voulais être méchant, je rappelerais à notre éminent camarade qu'il fut, il n'y a pas si longtemps, le complice, pour ne pas dire l'artisan, d'une de ces énièmes "synthèse molle" dont notre parti a le secret et qui a fait les délices de notre premier secrétaire. Au cours de ce funeste Congrès du Mans, en novembre 2005, un seul se leva contre ce bal des faux culs : Arnaud Montebourg. Et l'on sait ce qu'il dut alors endurer, y compris de la part de ses anciens camarades du Nouveau parti socialiste.

Sur le fond, DSK se veut le champion d'un parti socialiste qu'il souhaite enfin pleinement "social-démocrate". J'avoue que je ne comprends pas bien ces éternels débats sémantiques. Il y a belle lurette que le PS est un parti réformiste ou social-démocrate qui a accepté l'économie de marché. De là à faire de la social-démocratie le nouvel horizon du PS, pardonnez-moi mais j'ai comme l'impression que nous avons 50 ans de retard. Comme lorsque j'entends qu'il faudrait que nous fassions notre "Bad Godesberg" en référence au SPD allemand. Tout cela n'a, en vérité, plus guère de sens alors que partout en Europe le modèle du compromis social-démocrate, qui avait connu son heure de gloire en Allemagne et en Europe du Nord au sortir de la guerre, est en crise. Compromis que le libre-échangisme mondial et la financiarisation du capitalisme ont fait définitivement voler en éclat et qu'il nous faut essayer de rebâtir.

Quand à Laurent Fabius, enfin, il voit dans la défaite de Ségolène Royal et la victoire de Nicolas Sarkozy la confirmation des analyses qu'il défend, avec un certain talent il faut le reconnaitre, depuis le référendum sur le traité constitutionnel européen. Et d'en appeler à une "gauche décomplexée" face à une droite elle même "decomplexée". Laurent Fabius a sans doute raison lorsqu'il explique que la gauche a d'abord perdu sur le terrain des valeurs. Le succès de Nicolas Sarkozy est aussi et avant tout le triomphe de l'idéologie libérale, individualiste et néo-conservatrice qu'il est parvenu à infuser dans toute une partie de la société. Le combat de la gauche doit donc être avant tout culturel et idéologique. Le problème, c'est que face à cette analyse pertinente, Laurent Fabius et ses amis proposent des recettes issues des années 70 et donc forcément vouées à l'échec. Sans compter qu'il veut s'appuyer sur les partenaires traditionnels du PS (PC, Verts, alter-mondialistes...) dont on voit bien aujourd'hui l'obsolescence.

Et Ségolène Royal dans tout cela ? Si elle veut compter à l'avenir, elle a tout intérêt à briguer la direction du parti. Mais il lui faudra pour cela densifier autant que clarifier son discours, même si elle a posé quelques utiles jalons au cours de la campagne. Il lui faudra également savoir nouer des alliances internes sans tomber dans les errements d'un Hollande plus petit dénominateur commun du parti.

Bref, la mise en oeuvre effective d'une authentique rénovation du PS, au delà de l'extraordinaire capacité de ce parti à produire du consensus mou, pourrait s'avérer être un travail idéologique de longue haleine. Raison de plus pour l'engager sans plus tarder !

06 mai 2007

Demain, la gauche...

medium_mitterrand.jpgPour la troisième fois consécutive, la gauche a donc perdu l'élection présidentielle.  Même si le bon score réalisé par Ségolène Royal le 22 avril dernier a permis d'éviter l'humiliation d'une nouvelle élimination de la gauche au second tour, cette défaite est sans doute encore plus grave que celle survenue en 2002. Parce qu'il y a cinq ans, l'échec de Lionel Jospin pouvait être mis sur le compte de la dispersion des voix ou d'un simple "accident électoral" et parce que Jacques Chirac avait rassemblé un peu moins de 20% des suffrages. Parce que ce nouvel échec survient alors que la droite a gouverné ces 5 dernières années et que la gauche aurait dû théoriquement en tirer parti.

Depuis l'avènement de la Vème République, il y a un peu moins de cinquante ans, seul François Mitterrand sera ainsi parvenu à hisser la gauche au pouvoir à l'issue d'une élection présidentielle. Preuve, s'il en était encore besoin, que les institutions construites par le général De Gaulle, et en particulier l'élection du président au suffrage universel direct, sont profondement conçues pour favoriser la droite, du fait de leur conception bonapartiste. Une leçon que les socialistes n'ont malheureusement jamais sû réellement apréhender, comme s'ils étaient hypnotisés par la logique présidentialiste de la Vè République. A cet égard, on ne redira jamais assez la grave erreur, pour ne pas dire la faute politique majeure, que constitua la décision par Lionel Jospin d'inverser le calendrier électoral en 2002 et de renforcer ainsi, quinquennat aidant, la dérive présidentialiste de notre système politique. Certes, en faisant de la réforme des institutions un des axes fort de son projet, Ségolène Royal a cherché à sortir de cette dérive mortelle pour les idéaux de gauche qui s'accordent si mal avec la personnalisation et la simplification des discours politique qu'elle engendre. Mais cette orientation fut sans doute trop tardive et trop partielle pour prendre sa pleine mesure face à un Nicolas Sarkozy excellant dans un tel système.

Ségolène Royal justement dont les amis ne manqueront pas, dès demain matin, de faire le procès. Pas assez à gauche pour certains. Pas assez au centre ou pas assez crédible pour d'autres. La vérité c'est que même si elle a pu commettre des erreurs au cours de cette campagne, le défi qu'a tenté, avec une formidable détermination, de relever Ségolène Royal s'assimilait , à bien des égards , à une mission impossible. Comment, en effet, parvenir à prendre les rennes d'un parti dont l'appareil lui était largement résistant et mener la rénovation du PS en quelques mois seulement quand son adversaire Nicolas Sarkozy a mis à profit ces cinq dernières années pour s'emparer de l'ex parti chiraquien et rénover son corpus idéologique ?

Force est de pointer les graves insuffisances de l'actuelle direction du PS. Plutôt que d'engager, aux lendemains de la défaite de 2002, une véritable réflexion sur le positionnement idéologique et stratégique du parti, elle a préféré s'enfermer dans des manoeuvres d'appareil - manoeuvres dans lesquelles François Hollande excelle - propres à assurer son maintien à la tête du PS et quitte à empêcher l'émergence de toute idée nouvelle. Une stratégie dans laquelle la direction s'est sentie confortée après le prétendu succès des régionales de 2004 ; lequel n'avait constitué en vérité qu'une sorte de 21 avril à l'envers. Las, ce n'était que reculer pour mieux sauter. Il faudra bien, cette fois, que la rénovation tant différée ait lieue. Que tout soit mis sur la table. Et que l'on réponde enfin à quelques questions taboues comme celles là : allons nous encore longtemps maintenir en vie artificielle des "partenaires" (PC, MDC, Verts...) qui souvent ne représentent plus qu'eux mêmes ? l'heure n'est-elle pas venue de constituer une grande formation de gauche dans laquelle chacune de ces sensibilités serait dûment représentée ? J'ai en effet la conviction que les verts ou les communistes authentiquement attachés à leurs valeurs auraient bien plus intérêt à rejoindre un grand parti de gauche pour peser sur ses orientations plutôt que de maintenir, de façon purement artificielle, des appareils dont le seul but est leur propre survie et qui sont néanmoins promis à un inéluctable déclin. Enfin, l'heure n'est-elle pas venue d'engager un vrai dialogue avec toutes les forces républicaines modérées qui ne se reconnaissent pas dans Nicolas Sarkozy et sans lesquelles il n'y aura pas de reconquête ?

Oui, pour la gauche, pour les démocrates, pour toutes celles et tous ceux qui croient encore et toujours aux valeurs de justice sociale, de solidarité et d'humanité, l'heure doit être au courage et à la lucidité pour reconstruire demain l'espoir.

05 mai 2007

Vers un raz-de-marée Sarkozy ?

medium_sarko.jpgA en croire les derniers sondages, Nicolas Sarkozy pourrait l'emporter nettement devant Ségolène Royal demain soir, à l'issue du second tour de l'élection présidentielle. L'écart entre les deux candidats aurait même tendance à se creuser, toujours si l'on se fie à ces mêmes enquêtes d'opinion.

A moins de 24 heures d'un moment décisif pour l'avenir de notre pays, je crois utile de rappeler quelques éléments de bon sens.

D'abord, à l'intention des partisans de Ségolène Royal et de tous ceux qui ne veulent pas de Nicolas Sarkozy comme président, qu'une élection n'est jamais jouée d'avance et que les dernières heures peuvent toujours révéler de divines surprises. Malgré les pronostics pessimistes des sondages, l'heure doit donc être plus que jamais à la mobilisation; tant il est vrai que le niveau de participation ce dimanche peut changer considérablement la face de l'élection.

Ensuite, à l'intention de tous les électeurs de gauche mais aussi de tous ceux qui redoutent les excès d'un pouvoir laissé dans les mains d'un seul homme et d'un seul parti, que l'élection en elle même est certes essentielle mais que les conditions de cette élection le sont tout autant.  Si, comme c'est à redouter, Nicolas Sarkozy l'emportait avec plusieurs points d'avance, il aurait les coudées d'autant plus franches pour mener, en toute liberté, sa politique. Il n'hésitera pas à user et à abuser dès les premières semaines de sa toute fraîche légitimité pour imposer ses mesures les plus radicales (réforme du code du travail, lois toujours plus répressives, traitement de faveur pour les contribuables aisés...). Un fort écart avec sa concurrente socialiste rendrait également plus difficile la nécessaire remobilisation politique et sociale pour les 5 prochaines années. A contrario, plus le score de Nicolas Sarkozy sera faible, plus il devra tenir compte de la forte opposition qui sera exprimée le 6 mai à l'encontre de sa politique, moins il pourra brandir son élection comme un blanc seing délivré par le peuple français.

Enfin, à l'intention des électeurs de François Bayrou, il faut redire que l'élection de Nicolas Sarkozy mettrait un terme définitif à tout espoir de voir émerger une troisième force démocratique au centre de la vie politique française. Le candidat de l'UMP ne s'en cache pas : il présentera des candidats UMP aux législatives contre tous ceux qui ne se seront pas ralliés à lui ; il s'apprête d'ailleurs à constituer un nouveau parti centriste qui sera inféodé à l'UMP. Le rouleau compresseur du scrutin majoritaire aidant, ce sera fini de tout espoir de recomposition de la vie politique française pour sortir du bloc contre bloc.

Plus que jamais il faut donc voter et faire voter pour Ségolène Royal ce dimanche. Pour tenter d'éviter ce qu'on nous présente comme inévitable. Et pour, le cas échéant, créer les conditions du rebond et de la reconstruction dans les semaines et les mois à venir.

 
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