Avertir le modérateur

18 novembre 2007

Le PS : un Désert d'avenir ?

1aca1c6e318890d9890dbb3fbf0a5243.jpgDans l'abondante production éditoriale de ces dernières semaines consacrée à la défaite des socialistes à l'élection présidentielle, un ouvrage surnage : celui de Guillaume Bachelay, normalien de 33 ans qui vient de faire son entrée au bureau national du PS.

Son titre - Désert d'avenir ? Le Parti socialiste, 1983-2007 - pourrait laisser penser à un énième pamphlet destiné à démolir l'ancienne candidate socialiste. Rien de tout cela en vérité dans ce petit livre de 120 pages fort bien écrit et qui dresse un constat sans concession de l'évolution collective du PS depuis ces vingt-cinq dernières années.

Certes, l'auteur ne cache pas ses préférences. Il a été un proche collaborateur de Laurent Fabius à qui il n'a rien retiré de l'admiration et de la loyauté que lui inspire l'ancien premier ministre. Mais là où l'on pouvait s'attendre à un vulgaire réglement de compte, comme on en a vu tant d'autres ces dernières semaines, Guillaume Bachelay adopte le profil d'un historien engagé qui retisse les fils d'une défaite annoncée. Une défaite qui, selon lui, vient de loin. Paradoxalement, la démonstration de Bachelay, qui fut pourtant un des plus forts opposants à la candidature Royal au moment de l'investiture présidentielle, a le mérite de ne pas faire de la candidate socialiste le commode bouc émissaire d'une défaite avant tout collective. Les amateurs de bons mots en seront d'ailleurs pour leur frais : le "cas Royal" est presque évacué en deux pages sous la forme d'une série de questions qui si elles laissent planer peu de doute sur les sentiments de l'auteur à son égard évitent le brutal acte d'accusation.

Car le plus intéressant est ailleurs : dans la description méthodique d'un PS qui s'est de plus en plus éloigné de la défense des catégories populaires et qui, au nom du réalisme et de la culture de gouvernement, a peu à peu renoncé totalement à l'ambition de transformer la société en profondeur. Guillaume Bachelay décrit ainsi par le détail comment la "parenthèse" jamais refermée parce que jamais assumée et expliquée de la rigueur en 1983 a pesé durablement sur l'évolution du PS. Comment l'incapacité du PS à reformuler un projet de transformation sociale à l'aune de ces réalités économiques l'a transformé progressivement en parti gestionnaire plus intéressé par le "sociétal" que par le social.

Surtout, Bachelay démontre comment l'Europe a joué peu à peu le rôle de nouvel idéal ou d'utopie de substitution pour les socialistes. La construction européenne est ainsi devenue un objectif en soi, interdisant une vision socialiste du projet européen au risque de se couper un peu plus des catégories populaires pour lesquelles -de fait - la construction européenne était devenue de plus en plus un cheval de troie de la mondialisation libérale et non le moyen de la maîtriser.

Un éclairage qui prend tout son sens au moment où le PS prétend, avec son oui au traité de Lisbonne, refermer une autre "parenthèse" celle du non au référendum de 2005 !

21 octobre 2007

Ségolène : le sondage dont personne ne parle !

medium_ségolène.jpgC'est bien connu, les sondages ne veulent rien dire et se trompent tout le temps... sauf lorsqu'ils vont dans le sens voulu par ses commanditaires.

On se souvient ainsi que pendant la campagne présidentielle, le journal La Tribune avait fort opportunément fait disparaître de sa une un sondage qui indiquait que la candidate socialiste était jugée plus crédible que Nicolas Sarkozy sur les questions économiques.

Depuis sa défaite le 6 mai dernier, il est de bon ton d'enterrer Ségolène Royal, décidément pas à la hauteur et (un peu) vite renvoyée aux oubliettes de l'histoire. La candidature Royal ayant prospéré sur le désarroi des militants en mal de leader, elle ne serait qu'un épiphénomène dans la vie du parti et il serait grand temps de revenir enfin aux choses sérieuses.

Dans ce concert d'évidences de tous nos beaux esprits, un sondage paru samedi dernier dans Marianne vient dérégler quelque peu cette tranquille petite musique. Qu'y apprend-on ? Et bien que 71% des électeurs de gauche souhaitent que Ségolène Royal soit candidate à la présidentielle en 2012. Ils sont 68% à penser qu'elle aurait de grandes chances de l'emporter. 69 % des français estiment par ailleurs que c'est d'abord le parti socialiste qui est responsable de sa défaite à la présidentielle, contre 20% seulement la candidate elle même. Sur toute une série de critères (modernité, volontarisme, ouverture, capacité à rassembler, compétence, efficacité...), Ségolène Royal est sytsématiquement - et de loin - préférée à ses anciens rivaux socialistes, qu'il s'agisse de Dominique Strauss Kahn ou de Laurent Fabius, comme aux nouveaux prétendants (Bertrand Delanoë ou François Hollande). Seul DSK sort du lot, préféré par les électeurs de droite.

Mais de tout cela, bien sûr, nul écho dans la presse ou à la télévision. Prétendre que Ségolène Royal a peut-être encore un avenir ? Vous n'y pensez pas, ce n'est pas sérieux !

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu