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27 janvier 2010

Some explicit polaroids, au vingtième théâtre

someexplicit.jpgImaginez un militant d'extrême gauche anglais qui passe plusieurs années en prison pour séquestration et violence et recouvre la liberté au début des années 2000 redécouvrant un Royaume Uni profondément transformé par la révolution thatcherienne. Y a-t-il encore une place pour l'engagement collectif et la conscience politique à l'heure de la société de consommation à tout crin, du culte de l'apparence et du triomphe du cynisme ?

Tel est le thème de cette création adaptée d'une pièce du dramaturge anglais Mark Ravenhill. Dans la veine du cinéma social et engagé à la manière d'un Ken Loach, Some explicit polaraoids dépeint l'errance de 6 personnages revenus de toute certitude et qui essaient tant bien que mal - et plutôt mal que bien - de s'accommoder d'une époque où le bonheur et l'épanouissement individuels semblent devenus des impératifs d'autant plus inaccessibles qu'il se heurtent à la perte de tout projet collectif et à une société profondément anomique.

Les dialogues et les situations sont tantôt crus, tantôt violents mais toujours justes et profonds; sans complaisance inutile. La mise en scène est particulièrement inventive et il émane du jeu des acteurs - remarquable - une authentique et émouvante humanité.

A voir jusqu'au 28 février au Vingtième théâtre.

03 janvier 2009

Alex Lutz : enfin un bon one man show

alex-lutz.jpgRetenez bien son nom, par ailleurs imprononçable, car ce garçon a du talent. Beaucoup de talent.

Quand la plupart des one man show sur la place de Paris nous désolent ou nous consternent, voici une véritable et revigorante découverte. Ce jeune homme au physique impeccable sait y faire pour capter, dès les premières secondes, l'attention du public et ne jamais la relâcher tout au long de la bonne heure que dure le spectacle.

Sans jamais surjouer - détestable défaut d'un grand nombre de ses congénères - Alex Lutz fait défiler une épatante galerie de portraits avec beaucoup de drôlerie, de finesse et de fluidité. Etonnant comme à partir de son physique presque lisse de gendre idéal, il parvient à camper, d'une seconde à l'autre et avec une remarquable économie de moyens, des personnages aussi divers que le vieillard subclaquant, l'ado tête à claque ou la députée faussement humaniste.

Bref, voilà en ce début d'année, un spectacle bien agréable à courir découvrir au Point Virgule à Paris.

09 septembre 2007

Aux deux colombes

medium_auxdeuxcolombes.jpgCe qu'il y a de bien avec les pièces de Sacha Guitry, c'est qu'elles se suffisent à elle même. Nul besoin de les emballer d'un halo pseudo intellectuel sur leur sens profond ou leur message caché. On aime ou on aime pas mais difficile de ne pas reconnaître à l'auteur un talent indéniable dans le sens des formules et dans l'humour noir, même si Guitry n'atteint pas, à mon sens, le niveau d'un Feydeau ou d'un Labiche.

Et lorsque c'est le grand Jean-Laurent Cochet qui joue et met en scène ces "deux colombes", on peut dire qu'on atteint un grand moment de théâtre. Fidèle à lui même, Cochet excelle dans son rôle d'avocat égocentrique, mysogine et manipuleur, le tout avec une remarquable économie de moyen. Quelle leçon de comédie ! Cochet semble presque improviser et redécouvrir à chaque instant son texte, au lieu de le débiter en surjouant comme le font trop de comédiens. Un vrai régal qui permet de donner tout son sel aux dialogues et aux situations imaginées par Guitry. A ses côtés, les quatre comédiennes sont tout aussi épatantes.

La mise en scène est à cette image : sobre et sans effet superflu. Le décor lui même semble là pour assumer tranquillement  le côté "boulevard" de la pièce. 

Bref, un vrai moment de plaisir qui serait dommage de ne pas apprécier à sa juste mesure.

"Aux deux colombes" de Sacha Guitry, mise en scène de Jean-Laurent Cochet au théâtre de la Pépinière Opéra 7, rue Louis Legrand à Paris 2ème. réservations : 01 42 61 44 16

18 mars 2007

"Music hall 56" au cdn de montreuil

medium_musichall56.jpgA voir, jusqu'au 31 mars, au Centre dramatique national de Montreuil, une pièce indéite en France du dramaturge anglais John Osborne : "Music hall 56". Sur fond de guerre de Suez, les douleurs et les errements d'une famille d'artistes plus ou moins déjantés.

Allez y ne serait-ce que pour les comédiens qui sont absolument excellents. Vous découvrirez un univers tragi-comique tout à fait singulier aux etranges résonances avec l'actualité nationale et internationale. Le tout au rythme réjouissant du music hall.

04 février 2007

Journalistes, au théâtre Tristan Bernard

medium_7472.jpgAprès son génial Moi aussi je suis Catherine Deneuve, Pierre Notte s'essaie à la satire sociale avec une comédie qui ne traite pas des journalistes, comme son titre pourrait le laisser penser, mais du microcosme que constitue le monde des critiques de théâtre.

Le texte est particulièrement réjouissant avec de belles trouvailles inspirées, à n'en pas douter, par son expérience d'un milieu aussi futile que détestable. Tous les personnages sont là : de l'auteur pédant, égocentrique et convaincu de son génie à l'attaché de presse qui pète les plombs en passant par le journaliste avide de reconnaissance mais incapable d'écrire une ligne. Excessif et caricatural ? Pas tant que ça.

Bref, c'est plaisant, bien écrit et souvent drôle mais la pièce finit par tourner un peu en rond et on reste sur sa faim. Peut-être à cause du jeu inégal des acteurs duquel surnagent très nettement Sophie Artur et Zazie Delem.

Journalistes, de Pierre Notte, mise en scène de Jean Claude Cotillard, avec Sophie Artur, Zazie Delem, Romain Apelbaum, Marc Duret et Hervé Claude Ilin. Au théâtre Tristan Bernard.

 
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